02 octobre 2009
A l'aveugle (2)
« Mais ne suis-je pas complètement folle de me laisser embarquer dans cette aventure ? », songes-tu alors qu’on t’avertit discrètement de « faire attention à la marche ». « Après tout, je ne connais pas cet homme, je ne l’ai vu que cinq ou six fois… » Le mot « Amour » monte jusqu’à tes lèvres, mais tu le retiens, parce que la curiosité est plus forte que toi, et que la main qui te tient est caressante et rassurante. « On va monter quelques marches ». Tu entends vaguement une sorte de brouhaha, puis commence une nouvelle ascension. Lente et inquiétante à la fois. Ton cœur bat de plus en plus fort. Tu te rassures en te disant que, quoi qu’il arrive, cette expérience à l’aveugle sera à elle seule un moment inoubliable, une expérience inouïe. Tu te demandais parfois, quand tu les croisais dans le métro, ce que pouvaient ressentir les hommes privés de la vue, eh bien maintenant tu le sais ! L’absence de vision te donne une attention plus aiguë, presque douloureuse, aux choses du dehors : pour la première fois tu t’intéresses au bruit de tes pas, à la texture du sol sur lequel tu poses tes semelles, à l’odeur étrange qui se dégage de ce couloir (de ce que tu crois être un couloir). Cliquetis de porte. Tu sais, tu sens que tu entres dans un nouvel espace. La porte se referme. Capitonnée. Tu ressens alors ce que ressent la Belle quand elle entre dans le château de la Bête. Tu te rappelles avec un plaisir enfantin les chandeliers magiques, la table qui se dresse toute seule, le feu espiègle dans la cheminée. Tu crois rêver. Soudain, une musique emplit l’espace. « Mais je connais cette musique ! » te dis-tu. « Oui tu la connais ! » Elle est là pour te dire que tu vas vivre un moment sacré, religieux, mystique. Tu n’es toujours pas très assurée sur tes jambes (elles flageolent un peu). Il fait bon ici. La musique s’infiltre dans ton corps, soulève en toi une émotion formidable. Des souvenirs te reviennent…. Mais, soudain tu reviens à la réalité. Et te demande ce qui va t’arriver. Une odeur caresse tes narines… De l’encens ? Une bougie parfumée ? Un fruit exotique ? Quelque chose de doux et d’enivrant en tout cas ! On te fait asseoir sur un lit, dont le moelleux te ravit. Qu’il est doux de s’asseoir ! Des idées sensuelles commencent à courir tout le long de ton corps. Tu frissonnes d’aise. Tu n’as plus peur maintenant. Au reste, il t’a promis qu’il ne t’arriverait rien de mal, qu’au contraire ce serait une fête des sens… alors, te dis-tu à toi-même, abandonne-toi, abandonne-toi, ABANDONNE-TOI !
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24 septembre 2009
A l'aveugle (1)
Ce sera entre chien ou loup. Ou peut-être plus tard. Tu devineras la lune derrière les nuages roses, si tu regardes le ciel. Mais non, tu regarderas plutôt le cadran de ta montre. Anxieusement. Bientôt neuf heures. Il m’a demandé de me trouver à l’angle de la rue des Martyrs (pourvu que cela n’en soit pas un !) et de la rue de Clauzel. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais le voici !... Je crois qu’il vient. Habillé tout de noir, est-ce bien lui ? Oui, je le reconnais à ses cheveux bouclés, qui m’ont tellement plu le premier jour… Il me regarde d’un œil amusé. Il me dit à l’oreille, en m’enlaçant : - « Tu as pensé aux lunettes noires ? » - « Elles sont dans mon sac. » Je les sors, et lui montre comme une élève montre son cahier au professeur. – « Bien. Maintenant, retourne-toi, je vais te mettre quelque chose sur les yeux. C’est bien que tu aies mis ton chapeau, comme cela personne ne te remarquera… » Il ajuste un masque, un loup je suppose, mais sans les ouvertures (!). Délicatement. Puis place les lunettes noires par-dessus. Désormais je n’y vois plus rien, et je tremble. Heureusement il me prend par le bras. Je vacille un peu. – « Fais attention, suis-moi doucement, et surtout ne dis plus rien. Si tu parles le Charme disparaîtra d’un coup. Si la panique s’empare de toi, et que tu veux arrêter le jeu alors, prononce le nom de code qui signifiera que tu veux tout interrompre, et je me plierai à tes ordres. Ce nom de code est AMOUR. En attendant c’est moi qui donne les ordres ! Nous allons marcher un peu et entrer quelque part. Accroche-toi bien à mon bras, et concentre-toi sur tout ce qui se passe autour de toi, en toi aussi. Et bien sûr, ne tente pas de tricher en regardant par-dessous, ou sur le côté. Il faut jouer le jeu. C’est la règle. C’est notre contrat. Nous faisons quelques pas. La rumeur des voitures et des gens pénètre tes oreilles. Ton cœur bat très fort. Nous sommes silencieux. Mais soudain il reprend la parole. – « Je n’ai pas vérifié mais, je n’en doute pas, tu es bien nue sous ta robe, n’est-ce pas ». – Oui, dis-je timidement. » - « Alors continuons, ce n’est plus très loin. Nous sommes presque arrivés. Mais surtout. Concentre-toi, CONCENTRE-TOI !... »
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06 septembre 2009
Pas mort... du tout!
Chers lecteurs,
Non, nous ne sommes pas morts, et pour ceux qui s'inquiéteraient de notre santé ou de notre couple, je leur dis TOUT VA BIEN. Il ne vous a pas échappé que NOLDA était aphasique depuis plusieurs mois. Les raisons de ce silence sont assez banales: lassitude, routine, impression d'avoir fait le tour de la question, etc. Je voudrais cependant bien appuyer sur le fait que nous n'avons pas interrompu pour autant nos "aventures libertines", et que nous n'avons en rien - bien au contraire - renoncé à notre style de vie, et encore moins renié nos principes. J'ai quelquefois été tenté de "reprendre", tant ce qui nous arrivait était incroyable, mais à chaque fois je me suis dit, à quoi bon? Est-ce que les 400 notes de ce blog n'ont pas déjà prouvé suffisamment combien ce genre de vie était amusant, excitant, vertigineux? Pour ma part je n'ai pas abandonné l'écriture, je raconte toujours ce qui m'arrive (et je crois que Madeleine en fait autant) mais ces récits sont contenus dans l'espace clos d'un journal intime (j'en suis à mon huitième tome manuscrit!). Comme dit, Madeleine, "dans 30 ans, il y a aura prescription, et nous nous réservons, à coup sûr, des moments fort piquants au coin du feu, quand nous serons vieux!" Ceux qui souhaitent nous écrire, pour avoir des conseils, ou pour nous rencontrer peuvent toujours le faire sur laclos75. Nous leur répondrons avec plaisir. Il n'est pas impossible, enfin, si j'en retrouve l'envie (et le temps) que je réactive un jour NOLDA...
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22 décembre 2008
Une énigme
Il y a deux semaines, reçu, le même jour, trois SMS de trois femmes différentes:
- Ces trois femmes ont un point commun, dis-je à Madeleine sur un ton énigmatique.
- Lequel?
- d'avoir fait tous les trois, un jour, l'amour avec nous...
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05 décembre 2008
Icongnito
Ils marchent sur le boulevard le nez en l’air, descendent distraitement les escaliers du métro, ou mangent des petits gâteaux sur les bancs publics. Personne ne les remarque – et eux sont persuadés (comme c’est touchant !) qu’ils passent inaperçus… Mais moi, je SAIS d’où ils viennent (suis-je le seul ?). Je les ai identifiés au premier coup d’oeil à ce petit sac en plastique doré qu’ils portent à la main – quelquefois tenu plaqué contre leur poitrine, de peur qu’il ne s’ouvre, ou s’éventre... La scène a lieu, à toutes les heures du jour, sur le boulevard de Clichy. Dans ce sac : des magazine porno, des DVD cochons, des accessoires érotiques en tous genres. Nos innocents messieurs sortent d’un sex-shop …

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03 décembre 2008
Grazielle again!
Croisé tout à l’heure, par hasard, à la station Clichy, Grazielle, avec ses bottes de cuir et son manteau de fourrure. Elle me saute dessus, pousse des cris aigus (On se retourne). Soudain, elle prend un ton de reproche, fronce les sourcils : « Tu me négliges ces temps-ci, Georges, tu ne m’appelles plus comme avant… (un temps) C’est à croire que tu es occupé avec une « Petite »… (elle jette un regard assassin sur les femmes qui nous frôlent). Je secoue la tête fermement et souris intérieurement (« Pas seulement une, Grazielle, pas seulement une… »).
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28 novembre 2008
Amour du travail
J'apprends dans un journal sérieux que les japonais "travaillent de plus en plus et font de moins en moins l'amour"... Comprenons que, conformément à la loi des vases communicants, toute l'énergie mise au travail est perdue pour l'amour.
Depuis quelques années, nous avons fait le choix contraire...

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23 novembre 2008
Agenda libertin
Il nous arrive encore, assez souvent, qu’on – je veux dire des lecteurs de NOLDA – nous pose des questions sur la manière dont notre couple "fonctionne". Nous y répondons du mieux possible, sans jamais nous poser en exemple, encore moins en modèle à suivre. Dernièrement, une certaine Nadja nous a demandé comment nous nous organisions pour sortir. J’ai proposé une réponse générale, puis, dans un souci de clarté, j’ai ouvert mon agenda, et lui ai donné le détail, jour par jour, de la semaine que l’on venait de vivre, et c’est à ce moment que j’ai pris conscience que ce que nous vivions n’était pas tout à fait banal… Qu’on on juge :
Dimanche soir. Suis sorti vers 21h00 et rentré à l’aube (une baguette sous le bras), juste avant le réveil de la progéniture.
Mardi : Madeleine est allée à une soirée et revenue vers minuit et demi.
Mercredi : rien
Jeudi : rien
Vendredi : Madeleine est allée directement du boulot à une soirée (retour vers une heure du matin).
Samedi : nous sommes allés ensemble à un spectacle, puis j’ai prolongé ma soirée « ailleurs », pour ne rentrer que vers 4 heures du matin.
Dimanche soir : Madeleine m’a demandé si cela ne me dérangeait pas qu’elle « prenne un peu l’air ». Vers minuit et demi, j’ai reçu d’elle un SMS me disant que « finalement, elle préférait rester là où elle était »…
Encore une fois toutes nos semaines ne sont pas comme celle-ci mais ce petit récapitulatif permet de voir que nous avons, pour un couple présentant tous les signes extérieurs de la normalité, un mode de vie un peu spécial…
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21 novembre 2008
Amour libre
En revoyant pour la énième fois The Kid, constaté avec stupéfaction que Charly Chaplin y défend l’amour libre !
La scène, rêvée par le héros, a lieu au Paradis (on porte des ailes d'ange). Deux hommes aiment la même femme. Le premier (une brute épaisse) tend le menton du second (le fragile Charlot) vers les lèvres de sa bien aimée. Un diable vient à passer, qui inspire la jalousie. S’en suit un pugilat où l’on se dispute la femme, naguère partagée...
Les amours plurielles, doit-on croire, sont un idéal d’avant la chute…

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16 novembre 2008
Prosélytisme
Rencontré par hasard, la semaine dernière, dans un restaurant "normal", un couple qui nous a fait, deux heures durant, l’apologie des clubs libertins... (ils allaient aux Chandelles le soir même). Nous avons écouté sagement leur discours, feignant d’ignorer tout sur la question. Piquante soirée !

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12 novembre 2008
Des inconvénients de notre mode de vie
Notre mode de vie, il faut le dire quand même de temps en temps, présente quelques inconvénients.
Par exemple, il n'est pas très agréable de rester une heure sur le palier devant la porte blindée, en pleine nuit, parce qu'on a oublié ses clés et que l'autre dort comme une souche. Surtout quand les voisins passent (non, pas les mêmes hélas) et s'étonnent de nous voir en tenue... suggestive.
M.
PS du lendemain : Je retrouve en effet, ici, dans les archives un scénario un peu similaire, quoique plus romanesque... (quelle mémoire CUI!)
21:26 Publié dans 1. JOURNAL | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11 novembre 2008
Veni, vidi, Vicky
Si l’on me demandait ce que je pense du dernier film de Woody Allen, je répondrais ceci : très efficace ! Grâce à lui, j’ai convaincu la jeune femme rétive au libertinage, qui m’y accompagnait, qu’elle n’avait rien à craindre de moi…

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10 novembre 2008
Déménagement
Aujourd’hui nos voisins du quatrième déménagent. L’information ne présente guère d'intérêt, j'en conviens... A un détail près : un soir d'octobre 2006, nous avons été à deux doigts de les avoir dans notre lit.
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08 novembre 2008
Le retour des liaisons dangereuses
Plus d’un mois et demi d’interruption, j’admets que c’est exagéré… D’aucuns se seront peut-être étonnés, voire inquiétés, de notre silence ; cela n’était jamais arrivé depuis la création de Nolda (il y a deux ans et demie). Je tiens d’abord à rassurer nos lecteurs, Georges et Madeleine vont bien ! Et même très bien ! Leurs aventures ne se sont pas interrompues avec le blog, loin s’en faut. Leur rythme s’est même intensifié, raison pour laquelle d’ailleurs, il a cessé progressivement d’être alimenté, pour se tarir enfin complètement. Entre écrire et vivre, il faut quelquefois choisir…
Encore que nous n’ayons jamais cessé d’écrire. Depuis un an et demie, comme j’ai eu l’occasion de le dire quelque part, Madeleine et moi tenons un journal intime. Or ce journal, en ce qui me concerne du moins, a pris une place tellement considérable que j’y consacre tout le temps que je réservais naguère au blog… C’est ainsi.
Depuis deux semaines, j’éprouve cependant de nouveau l’envie (perdue, par lassitude, depuis des mois) de reprendre la conduite de Nolda. Mais – et j’en avertis d’emblée le lecteur – je souhaiterais le faire autrement : proposer des notes plus courtes, moins travaillées, plus "réactives", plus en phase avec, non pas l’Actualité (qu’on se rassure), mais avec notre actualité, celle de nos impressions, profondes et fugitives; celle de nos aventures d’un soir ou d’une année; celles de nos découvertes décisives et illusoires. Ce qui va demeurer, c’est le thème. Il sera question, toujours et encore, de nos amours plurielles.
On continuera ici de faire la chronique d’une vie de couple peu ordinaire, multipliant les liaisons dérangeantes quoique heureuses, en un mot:dangereuses…
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15 septembre 2008
Cordes sensibles
Jusqu’à présent, la corde et moi, cela faisait deux. Le bondage, c’était pour eux, pas pour moi. Eux, c’est-à-dire les gens qui ont ce fantasme. Comme tout le monde (ou presque), j’avais vu, dans des revues spécialisées, ou des films (l’admirable Fleur secrète), des femmes japonaises ficelées comme des saucissons, et comme tout le monde, cela m’avait paru bizarre – prononcer à l’américaine avec une petite grimace de dégoût et un sourire gêné – un truc de japonais quoi… Et puis, et puis…j’ai commencé à m’y intéresser. Aujourd’hui que je ne peux plus entrer dans une mercerie sans acheter un lot de cordelettes (véridique !), je m’étonne du chemin parcouru, et me fais cette réflexion qu’en matière de goûts, il ne faut jurer de rien...
De même que je n’aurais jamais imaginé avoir un jour plusieurs maîtresses ou faire l’amour à plusieurs, de même je n’aurais jamais cru que je prendrais un jour du plaisir à saisir le poignet d’une personne et à l’enserrer de plusieurs tours d’une corde de chanvre. Lorsque je considère aujourd’hui cette « passion » nouvelle, je me rends compte que la corde ne m’a pas attrapé sans prévenir : il y a eu des antécédents...
Ainsi, il y a une quinzaine d’années environ, j’ai croisé une femme sur le quai d’une gare. Echange de numéros, puis, le lendemain, rendez-vous nocturne dans un hôtel de périphérie. Au cours de la soirée, après lui avoir fait l’amour, elle a sorti un foulard de son sac, et elle m’a dit : « Attache-moi ! ». Stupéfaction d’abord, puis devant sa détermination affichée : soumission. J’ai fait, tant que bien mal, un nœud autour de ses poignets, et j’ai relié le tout aux barreaux du lit. Jusqu’alors j’avais toujours trouvé ces choses-là ridicules, mais ce soir-là, j’étais sérieux. Cette femme d’à peine 23 ans avait décidé de s’en remettre totalement à un inconnu, et maintenant elle me disait, sûre d’elle : « Tu peux faire de moi ce que tu veux. ». Je l’avoue, ma jouissance en avait été décuplée…
On peut vivre des choses inoubliables sans en tirer forcément les conséquences : à la suite de cette fameuse nuit, je n’ai pas cherché à refaire ce que j’avais fait avec cette jeune femme. La corde avait, en quelque sorte, disparu de mon esprit. Jusqu’au jour où elle est réapparue. Le destin nous remet toujours sur le chemin de nous-même. Un matin que je me trouvais sur une plage, je ramassai spontanément, comme le personnage de La Ficelle de Maupassant, un bout de corde en nylon vert pomme, que je mis, je ne sais trop pourquoi, dans ma poche. Quelques semaines plus tard, cet objet trouvé devait resservir, contre toute attente, à une Cause érotique. Cela se passait dans le cadre d’un défi que je m’étais lancé, et que je raconterai peut-être un jour quand il y aura prescription… Il me suffit de dire aujourd'hui le rôle qu’y joua la petite corde verte. Un soir de décembre, Madeleine et moi étions à la maison en compagnie d’un couple. Nous touchions à cette minute sublime où tout va basculer : j’avais déposé un baiser dans le cou de la jeune femme, cependant que son compagnon avait glissé sa main entre les jupes de Madeleine. Nous en étions là quand cette dernière manifesta le désir qu’on l’attache (ce jour-là je compris qu’elle était plus avancée que moi sur la question…). On éclata de rire, mais soudain je me souvins que j’avais ce petit bout de corde au fond d’une poche : j’allai le chercher dans la chambre et revint en brandissant l’accessoire. L’homme s’en empara, fit asseoir Madeleine sur une chaise, et lui attacha les mains derrière le dos.
Les choses auraient pu en rester là, mais là où je me surpris moi-même, c’est que, après que Madeleine eut entraîné son compagnon dans la chambre, je ramassai la cordelette tombée à terre et en usai moi-même pour attacher les pieds de la jeune femme. Aujourd’hui encore je me souviens très bien du contraste de la corde verte avec sa peau blanche, et du plaisir que me procura cette vision … Mais derechef, cette expérience ne fut suivie, au moins dans l’immédiat, d’aucune autre expérience analogue, et chose plus curieuse encore, n’engendra aucun débat sur le sujet avec Madeleine. Tout retomba.
(A suivre)
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