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10 avril 2006

Notre 4ème soirée au No Comment (II)

   Les réponses aux questions que je me posais ne se firent guère attendre. Nos danseurs quittèrent bientôt la piste pour une "autre", sans chercher à nous dissuader de les suivre... Leur emboîtant le pas, je poussai derrière eux la petite porte conduisant aux salles obscures. Madeleine, indécise ou distraite, demeurait un peu en arrière. Je lui fis signe de nous rejoindre hâtivement. À ce moment, je recouvrai un peu ma hardiesse: je remarquai immédiatement en bifurquant à gauche, que la salle des Miroirs située dans l’angle du couloir, était libre, chose rare à cette heure... Fondant sur nos compagnons qui stationnaient depuis un instant devant le hublot d’une cabine, je les enroulai affectueusement de mes bras, et leur glissai à l’oreille: "Et la salle des miroirs, vous la connaissez?". Et d’un signe de la main, je les invitai à me suivre. Ils obtempèrent sans hésitation. Madeleine nous rejoignit à ce moment. Bouclant la marche, je descendis avec eux le petit escalier conduisant jusqu’au "puits" de cette salle, non sans avoir préalablement verrouillé la porte. Cette fois nous les tenions! Les deux femmes s’allongèrent l’une à côté de l’autre sur le lit, et commencèrent à s’embrasser. Je demeurai débout plus d’une minute à les contempler toutes deux, bouche contre bouche, cheveux mêlés, bras enlacés. La scène, réfléchie de toutes parts dans les miroirs qui nous environnaient, était d’une stupéfiante beauté. Mon colibertin, moins contemplatif, s’était mis à fureter entre les jambes de sa bien aimée tout en caressant les jambes de Madeleine. Sortant de ma torpeur, je décidai d’agir. Ayant baissé d’un coup mon pantalon, je m’avançai vers Madeleine, dont les fesses saillaient avec orgueil, et la pénétrai sans autre forme de procès. Elle poussa un petit cri de plaisir. Notre déesse, quoique assaillie de tous côtés, demeurait impassible. Son silence ne laissait pas de m’intriguer. M’étant dévêtu brusquement, je me glissai tel une couleuvre auprès d’elle, et posai mes lèvres sur les siennes. Elle me les refusa d’abord, en détournant la tête, puis cédant peu à peu à mes effusions, me les abandonna. Mes lèvres s’aventurèrent ensuite sur ses épaules puis s’égarèrent sur ses seins, que je dégageai de leur gangue et suçai avec application. Cependant, la belle demeurait toujours coite, et comme sur la réserve. Madeleine, quant à elle, se livrait complètement. Pendant que je lui pelotais les seins, elle offrait sa belle croupe à mon comparse, qui semblait fort la goûter. Désireux de forcer sa résistance, je m’emparai des jambes de la Divine, qu’elle tenait serrées comme une bête inquiète, et les écartai délicatement. Sa toison était claire, accueillante. Elle jeta un œil interrogateur à son compagnon, et celui-ci l’ayant rassurée d’un signe de la main, elle s'offrit à moi. Je m’introduisais franchement en elle, cependant qu’au-dessus d’elle, Madeleine subissait les assauts du garçon. N’y tenant plus, celui-ci se libéra en poussant un cri prolongé. De mon côté, j’attendais l’occasion – ce moment sublime qui surgit toujours dans ces moments-là – pour me laisser aller. Ce moment survint plus vite que prévu, à la faveur d’une nouvelle combinaison. M’étant mis sur le dos, la déesse aux yeux pers me chevauchait maintenant avec force. Or tandis que toute cambrée elle allait et venait avec régularité sur mon sexe en se déhanchant avec grâce, je sentis la pointe des seins de Madeleine m’effleurer le torse. Je n’y tins plus et, les prenant à pleine main et embrassant ses lèvres avec fougue, je levai d’un coup les écluses de mon désir, et jouis haut et fort. Nous nous effondrâmes tous ensemble sur le lit, repus. Ce n’est qu’alors que nous fîmes vraiment connaissance, et que tout s’éclaira. Lui s’appelait Raphaël, et sa compagne Yonna. Elle était brésilienne… Ils nous avouèrent que c’était la première qu’ils faisaient l’amour avec un autre couple, que jusqu’à présent ils s’étaient contentés de faire cela séparément, sans se mêler aux autres. Ainsi, tout le mystère de cette femme (la souplesse sauvage de ses cheveux, la couleur irréelle de ses yeux, le sublime de son déhanchement, l’étrangeté de son accent, son inquiétant mutisme pendant nos ébats) se trouva dissipé. Elle serait désormais pour nous, et pour longtemps dans notre souvenir, Yonna, Yonna la brésilienne…

(A suivre)

Commentaires

Très belle soirée assurément. Une suggestion personnelle si vous cherchez un endroit nouveau : renseignez-vous sur "le provence", sauna hammam, 66 rue de provence (9ème).
Votre dévoué,
Did

Ecrit par : Electronic-lover | 11 avril 2006

Connaissant ces deux endroits, je doute que nos hôtes apprécient le Provence !
C'est un peu comme si on leur proposait d'aller à l'Hippopotamus aprés avoir goûté au Grand Véfour.
En tout cas, aprés nous avoir ouvert l'appétit avec votre mise en bouche de l'épisode I, vous confirmez l'évidence qu'il faudra désormais compter sur vous comme une des meilleures tables de la blogosphère libertine...
Si je devais ouvrir un guide Lucien, je vous mettrais trois étoiles sans hésiter.
(Tiens, ca me donne une idée supplémentaire dans ma série des faux guides...)

Ecrit par : Lucien | 11 avril 2006

"Une des meilleures tables de la blogosphère parisienne", j'adore! quel bonheur cette formule!
Je ne peux évidemment pas me prononcer sur l'équivalence (ou non) entre ces deux lieux, ne connaissant pas le Provence... (Je remercie toutefois e-lover de sa suggestion: cela nous arrrive d'avoir envie de manger un steack-frites à l'hippopotamus...). Mais qu'importe cela! Ce que je retiens de votre message, Lucien, c'est l'idée d'un "guide", qui me tient à coeur depuis longtemps. Un guide CRITIQUE (et pas seulement une liste d'adresses, avec commentaires creux en dessous), un "vrai Michelin du sexe libertin". Je cherche ce guide depuis longtemps, et ne le trouvant pas, je me dis qu'il faudrait que je l'écrive moi-même. Mais si vous avez la même idée que moi, associons-nous! (je vous invite une nouvelle fois à correspondre avec nous à propos de cette question sur notre boite email personelle)
À bientôt,
G.

Ecrit par : Georges | 12 avril 2006

Cela fait bien longtemps que j'ai abandonné l'espoir de découvrir un tel guide dans les rayonnages de mes libraires préférés.
Les seuls pseudo-guides existant proposent un étalage de poncifs et de chroniquettes écritent avec les pieds par des soi-disants amateurs libertins jouant aux journaleux à la petite semaine et possédant un QI à peu prés au niveau de leur entrejambe !
Sans paraître prétentieux, si j'ai ouvert mon blog il y a quelques mois, c'est bien pour essayer de pallier ce vide sidéral que connaît le milieu libertin au niveau d'un référencement non exhaustif des us et coutumes en vigueur.
J'ai ainsi revêtu ma panoplie de cartographe et je suis parti sur le terrain pour essayer de dresser un état des lieux instantané des habitudes et des lieux de rencontres prisés par cette "communauté".
Essayant d'éviter de tomber dans les phrases toutes faites, j'ai choisi la dérision et l'ironie pour dépeindre ce microcosme en prenant du coup un contre-pied "suicidaire" sachant que la plupart des éléments que je décris sont malheureusement dépourvus de sens critique et de second degré.
Tout cela pour te dire mon cher Georges, que je viens de rajouter à mon "Guide du Queutard" et à mon "Libertinage pour les Nuls", un "Guide Rouge" qui m'a été inspiré par mon dernier commentaire.
Je compte bien essayer de concrétiser ce que j'ébauchais hier soir, c'est à dire un classement subjectif de divers lieux et sites, et pour cela, je ne crache évidemment pas sur quelques suggestions de bon aloi qui pourraient émaner de volontaires réceptifs à l'équation "sensualité + intelligence = libertinage".
Maintenant, je n'étais pas au courant que tu partageais les mêmes velléités, ce qui pourrait déboucher peut être un jour sur un équivalent Gault & Millau, pourquoi pas ?...

Ecrit par : Lucien | 13 avril 2006

Pourquoi pas un guide écrit à plusieurs mains (l'expression est choisie...) pour offrir des points de vue multiples : féminin, masculin, ironique, intellectuel, sensuel...
Ainsi chaque lecteur pourrait d'identifier à tel ou tel "gouteur"...

F

Ecrit par : Flore | 13 avril 2006

L'idée du guide semble faire l'unanimité! Cela dit, ce n'est pas une mince affaire. Un tel projet, s'il devait être mis en place, poserait en effet de multiples "problèmes" méthodologiques: un exemple, le fait qu'un lieu évolue très vite, et que le jugement que l'on produit à un temps donné, en cas de publication sous forme de livre, est vite périmé; le fait aussi qu'il faut faire plusieurs visites avant de pouvoir établir un jugement sûr, le fait encore (je continue, et rejoins FLore) que le point de vue doit être multiple, pluriel, pour ne pas être trop partial, et permettre l'identification de chacun... (bien vu Flore). Lucien, vous avez pris une longeur d'avance avec vos excellentes typologies. Mais l'idée du Red Guid (ou raide Guide) reste bonne, anyway. Je vais poser la question à nos blogueurs dans la rubrique ad hoc, pour tester l'avis de chacun. Merci en tout cas de ces réactions...
G.

Ecrit par : Georges | 13 avril 2006

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