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10 mai 2006
Blasons électroniques du corps féminin
Simple jeu de société à l’origine, le blason devient un genre poétique qui prend son essor dans la première moitié du XVIe siècle. Ce jeu consistait à choisir une partie du corps féminin et à en proposer une description, sur le mode de l’éloge (ou du blâme…). Le premier blason, intitulé Le Beau Tétin, est l’œuvre de Marot; il était consacré, comme son titre l’indique, au sein:
Tétin refaict, plus blanc qu’un œuf,
Tétin de satin blanc tout neuf,
[…] petite boule d’ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une freze, ou une cerise
Que nul ne veoit, ne touche aussi…
À la suite de Marot, d’autres poètes se sont livrés au jeu du blason en découpant à leur tour le corps féminin en petits morceaux de poésie suggestive: Maurice Scève s’est ainsi penché sur le front. Jean de Vauzelles a planché sur les cheveux. Eustorg de Beaulieu a travaillé le nez, la joue et la langue. Albert le Grand s’est insinué dans l’oreille. Chappuy a saisi la main. Héroët a scruté l’œil. Sagon a attrapé le pied. Le Lieur a caressé la cuisse. Bonaventure des Périers s’est concentré sur le nombril. D’autres, qui n’ont pas laissé leur nom, ont préféré le cul et le con. Tous ces poèmes ont été recueillis en 1543 dans un ouvrage collectif intitulé : Blasons anatomiques du corps féminin.
Cette belle tradition du blason nous la ressuscitons aujourd’hui en vous proposant de nous envoyer sous forme de photos ou de textes les parties du corps que vous jugez les plus dignes d’attention au plan érotique (contrainte supplémentaire). Madeleine a lancé la semaine dernière le motif de la nuque. Nous en attendons d’autres...
21:55 Publié dans Nos Livres | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Commentaires
Excellente idée en effet... Et le hasard a voulu que mon album "Morceaux de moi" soit justement réédité... En bonus vous avez droit à une devinette sur la n°2 !
Tendresse et luxure
Did
Ecrit par : Electronic-lover | 10 mai 2006
Très bonne idée!
Je planche en diletante... j'ai planché... j'envois!
Le pied
Fuyant ou docile,
Vif ou endormi.
Le pied est émouvant,
Il est comme une biche.
Le pied mêle la force de ses lignes
A d'envoutantes courbes.
Au dessus ferme et dur,
Ailleurs le révèle tendre.
Et lorsqu'il s'émeut
Du passage de mes doigts,
Que mes lèvres le font vivre
- entité autonome dépassant de sous l'drap,
Quand ses orteils s'agitent
A mes espiègleries
Et qu'il danse, frénétique,
Je sens venir une transe
Qui m'éloigne de lui
Pour me porter plus haut
Vers les orages des sens.
Ecrit par : fascinus | 11 mai 2006
En fait, e-lover c'est vous qui nous avez donné l'idée du blason avec vos photos en puzzle sur votre site (superbe!). Il faut rendre à César Lover....
G.
PS: nous allons mettre votre blog dans nos Très Chairs Liens sous peu.
Ecrit par : Georges | 11 mai 2006
le pied! Je ne vous savais pas ces talents de poètes cher Fascinus! Magnifique!
G.
Ecrit par : Georges | 11 mai 2006
Ravi que cela vous plaise, Georges!
Ecrit par : fascinus | 11 mai 2006
flûte la nuque est déjà prise.
bon il me reste à lire l'oeuvre de madeleine quand vous la publierez.
au plaisir de vous lire.
LgL
Ecrit par : La grande Loulou | 15 mai 2006
Ne vous découragez pas pour si peu (si j'ose dire!): envoyez-nous votre nuque quand même, photo ou texte, nous la mettrons sur le site. En tout cas, bienvenue à vous chère Grande Loulou,
Georges.
Ecrit par : Georges | 15 mai 2006
Merci pour l'hommage à César, cher Georges...
La partie suggère le tout, comme le voile découvre plus qu’il ne couvre… comme l’ombre illumine la lumière. J’ai un joli souvenir à propos d’une partie dont on parle peu :
Les chevilles.
Celles-là étaient juchées sur des talons et habillées de soie noire.
Assise, elle buvait son cocktail, croisant ses jambes comme-ci, croisant mon regard par-là. Elle m’avait confié que ses chevilles étaient si sensibles qu’une caresse, qu’un simple effleurement pouvait l’amener au paradis. Je demandais à vérifier. Elle me tendit ses pieds. Nous n’étions pas seuls et le jeu n’en fut que plus délicieux. Je me mis à ses genoux et saisis une de ses délicates chevilles pour la cajoler doucement. Mes doigts trouvaient les zones les plus réceptives du coté du tendon d’Achile. Elle posa son verre en me regardant, comme tétanisée par les ondes qui remontaient le long de ses jambes.
Ecrit par : Electronic-lover | 17 mai 2006
… et ????… la suite !
Ecrit par : Madeleine | 17 mai 2006
Madeleine !
Voyons, tenons-nous en au sujet principal... : "les chevilles" !
Ecrit par : Electronic-lover | 17 mai 2006
Allez, je m'essaie au poignet!
(Inspiré d'un poignet féminin rencontré...)
Je t’aperçois secrètement, Poignet,
Petit animal frêle, courbe lumineuse,
Enroulée dans les volutes de l’accoudoir...
Gracieuse tige, délie-toi,
Toise moi, l’audacieux,
Etire-toi et coule,
Que je tressaille...
Fais danser tes petites menottes de nacre,
Que miroite l’impudente tentation!
Tu te dresses alors dans ta danse
Soudain te renverse
Ta gorge blanche offerte
M’invitant à te rattraper.
Je tends à te recueillir mais tu m’en empêches!
Insolent,
En te figeant au bord de l’accoudoir,
Tel un petit noeud en précaire équilibre...
Las! tu t’amuses,
Feignant de faire chuter ta main dans le vide...
Ignore moi donc dans ta superbe fierté,
Alangui sur ton écrin pourpre,
Mais...
Si je t’emprisonne de la main, ta fragilité abandonnée dans ma ferme emprise,
Je pourrai, indomptable couleuvre, briser ton long cou blanc,
Car à cette menotte suspend ton corps,
Ne me résiste pas...
Je te respire déjà, petit corps tiède,
En ton creux,
Je m’y étourdis à l’odeur de ta nudité
Et sous ta peau translucide
Je sens bien sourdre ton sang
Qui fuit vers d’autres contrées...
Tu glisses, souple,
Entre mon corps
Je te suis,
Et tu me fuis
En silence,
Insaisissable.
Ecrit par : lucile | 21 mai 2006