30 mai 2006
Je me souviens d'une femme... (I)
Je me souviens d’une femme, séduite dans un café, qui m’avait emmené dans son appartement, dont le sol était jonché de verres brisés.
Je me souviens d’une femme, dans une caravane, qui m’avait soudain en pleine nuit littéralement étouffé de baisers.
Je me souviens d’une femme que j’avais embrassée dans un cinéma, et dont le baiser m’avait semblé d’une telle volupté, que je ne l’ai jamais retrouvée depuis.
Je me souviens d’une femme, dans la chambre d’un hôtel, qui m’avait supplié de lui attacher les mains aux barreaux du lit.
Je me souviens d’une femme dont la peau était si rugueuse que mon désir était tombé d’un coup.
Je me souviens d’une femme dont le sexe était si étroit que j'eus l’impression la première fois de la déchirer.
Je me souviens d’une femme dont les jambes étaient si courtes, que dans la douche, je devais presque m’accroupir pour la pénétrer.
Je me souviens d’une femme qui, un matin, m’a offert ses seins, et qui s'est toujours refusée ensuite de me donner le reste.
Je me souviens d’une femme à qui j’ai fait l’amour avec passion, et dont je n’ai jamais entendu le son de la voix.
Je me souviens d’une femme qui ne portait jamais de culotte et qui s’étonnait sérieusement qu’on en portât.
18:55 Publié dans Nos Poèmes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
J'aime bien cette entrée...
Ecrit par : fascinus | 31 mai 2006
Pour anticiper une question éventuelle, je précise que tous ces souvenirs sont empruntés à des faits vécus. Manière de dire que la poésie est dans la vie: qu'elle n'attend que sa mise en mot... Cette "entrée" sera suivi d'un mets plus résistant, que j'espère, vous apprécierez autant cher Fascinus.
G.
Ecrit par : Georges | 31 mai 2006
La femme à la peau rugueuse...des images affreuses me sont venues à la tête et je n’ai pu réfréner un frisson de dégoût! Et si cette femme n'avait eu qu’une gentille chair de poule, provoquée par le plaisir?
Et pourtant, en relisant, je me plais à accentuer tout le côté dérangeant et authentique de ces notes...après tout, avec une caravane et des verres brisés, on se suprend à dérouler un imaginaire intéressant et fort peu conventionnel...
J’aime votre texte pour tout cela.
Ecrit par : lucile | 31 mai 2006
Oui, les lieux (caravane, hôtel, appartement) ont leur importance dans ces clichés dont j'assume le caractère un peu dérangeant... Je suis heureux totuefois qu'ils stimulent votre imaginaire; pour moi, il déroulent le fils des souvenirs (lointains). Ainsi de cette femme à la peau "rugueuse" (j'ai buté sur le mot en l'écrivant, et n'en suis toujours pas satisfait: la surprise (mauvaise) venait du fait, alors, que je n'imaginais pas qu'une femme puisse avoir une peau qui ne soit pas douce...), dont j'ai perdu le visage, mais dont le grain d'épiderme brut reste inscrit dans ma mémoire. Madeleine m'a dit tout à l'heure qu'elle allait aussi se livrer au jeu des "Je me souviens..."; pourquoi n'en feriez-vous pas de même, chère Lucile?
G.
Ecrit par : Georges | 31 mai 2006
Ce qui me fait drôle en lisant cette série c'est qu'elle donne l'impression que Georges a connu des dizaines de femmes, un vrai Don Juan en somme ! Alors je voudrais lui demander : peut-être que certains "je me souviens" correspondent à la même femme ?
Ecrit par : Madeleine | 02 juin 2006
Non! il s'agit à chaque fois d'une femme différente, mais ce que je voudrais dire c'est que ces souvenirs sont anciens. Le souvenir, par exemple, de la femme à la caravane, remonte à mes quinze ans! La plupart de ces clichés du passé remontent à l'époque où j'étais étudiant ou voyageais seul. La femme du "Nur fünf minuten" par exemple vient d'un voyage en Hongrie fait en 1990! Etc.
G.
Ecrit par : Georges | 02 juin 2006
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