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12 août 2006
Temptation (I)
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Faut-il choisir le chemin escarpé du Désir ou l’avenue toute tracée du Plaisir ? Telle est la question cruciale que nous nous sommes souvent posée Madeleine et moi, et à laquelle nous avons été confrontés très concrètement pas plus tard qu’hier soir. Je précise d’emblée que nous n’avions pas décidé de faire quoi ce soit d’extraordinaire ce vendredi ; en fait nous étions si loin de penser à une sortie nocturne, que nous avions convenu de la réserver pour le jour suivant, c’est-à-dire aujourd’hui même, samedi, où une virée en « club » était programmée. A l’origine il n’était question hier que de se « faire un ciné » en fin d’après-midi, et de rentrer ensuite bien sagement à la maison. Madeleine m’avait donné rendez-vous au cinéma Le Saint-Germain à six heures, pour voir Estate violente (1959). En y réfléchissant, il me semble que ce film n’est pas tout à fait étranger à ce qui nous est arrivé ensuite, en ce sens que le chef d’œuvre méconnu de Valerio Zurlini est une ode magnifique au Désir, et qu’il pose lui aussi, à sa manière le problème du télescopage du désir et du plaisir. Le héros, joué magnifiquement par un Trintignant très juvénile, appartient à la jeunesse dorée italienne, qui se divertit avec une totale insouciance sur les plages de Rimini, en pleine guerre mondiale (1943). Un jour cependant, Carlo rencontre une veuve de trente ans, Roberta, (dont le mari est mort au combat) qui va le faire dévier de la voie du plaisir (qu’il trouve alors avec sa petite amie Rossana) en suscitant chez le jeune homme un désir fou. Dans une scène d’anthologie, on voit le héros, au cours d’une soirée dansante improvisée, dévorer littéralement la veuve des yeux tandis qu’il tient dans ses bras l’adolescente. Finalement, après un échange de regards lourds de sous-entendus, et bercé par la musique d’un tube américain dont le refrain obsédant est « temptation », Carlo et Roberta, comme aimantés l’un par l’autre, se rejoignent dans le jardin, et s’embrassent sous l’œil affolé de la jeune fille qui les surprend.
En sortant du cinéma, nous avons pris un apéro sur une terrasse pour parler du film qui nous avait tous deux bouleversés. Nos réflexions étaient entrecoupées cependant de remarques amusées sur des couples de touristes qui passaient devant nous, et dont nous trouvions certains très beaux. Une sorte d’excitation montait malgré nous. Madeleine la renforça encore en me racontant, qu’avant de gagner le cinéma, elle avait été fascinée par une jeune femme « aux yeux verts magnifiques » qui chantait des airs d’opéra devant l’église, et qu’elle avait été au bord d’échanger ses coordonnées avec elle... Il était presque huit heures, et je m’apprêtais à quitter à regret cet endroit, quand Madeleine m’annonça, que juste avant de me rejoindre au cinéma, elle avait réservé une table dans un cabaret de jazz "très cosy", devant lequel elle était passée par hasard. J’ai accueilli avec joie cette invitation improvisée et nous nous sommes dirigés aussitôt en direction du "Bilboquet"...
15:20 Publié dans 1. JOURNAL | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Non, vous n'allez pas me dire que vous avez eu une aventure avec Catia Werneck ?
Même si elle a effectivement beaucoup de charme..
Ecrit par : Frantz | 12 août 2006
Vous le saurez dans le prochain épisode...
Ecrit par : Georges | 13 août 2006
Frantz est donc vivant...
Ecrit par : Flore | 28 août 2006
Ceux qui veulent vivre ce post en images peuvent se rendre sur YouTube où ils trouveront le célèbre extrait d'Estate violenta de Zurlini avec le sublime "Temptation" : http://www.youtube.com/watch?v=ddXe38FInDY
Amicizia
Angèle
Ecrit par : Angèle Paoli | 02 mars 2007
Chère Angèle, je ne sais pas qui vous êtes, mais, vraiment, je dois vous remercier du fond du coeur de ce magnifique cadeau: nous venons, Madeleine et moi, à l'instant, de regarder ces cinq minutes de cinéma sublime, le coeur battant, l'un contre l'autre, ému, tout simplement. Merci, merci encore.
Ecrit par : Georges pour Angèle | 03 mars 2007