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18 août 2006
La femme qui m'excite le plus...
La femme qui, physiquement, m’excite le plus en ce moment s’appelle Naomi Tani. J’ai sa photo sous les yeux : elle a un petit visage mutin tout lisse, de petites lèvres orangées, et surtout, surtout des seins extraordinaires, que je renonce à décrire tant ils atteignent la perfection (Il aurait fallu pas moins que Ramon Gomez de La Serna pour les peindre, et encore !). Nous avons découvert cette actrice japonaise la semaine dernière dans un film de Masaru Konuma, dont le titre à lui seul est tout un programme : La Vie secrète de Madame Yoshino. Quand Naomi a tourné ce film elle avait exactement vingt-huit ans, et elle était au sommet de sa beauté. Elle incarne justement dans cette histoire une femme de trente ans, inconsolable depuis la mort de son grand amour, un acteur célèbre de Kabuki. Madame Yoshino vit avec sa fille, une ado capricieuse et idiote qu’elle élève tant bien que mal. Elle passe ses journées à faire des petites poupées de papier traditionnelles représentant des personnages célèbres du Kabuki. Mais un jour, tout bascule. Sa fille ramène à la maison son fiancé, Hideo, qui se révèle être le fils en personne de l’homme qu’elle a aimé. La mère en tombe folle amoureuse croyant voir en lui son amant d’antan. Une rivalité sourde naît alors entre les deux femmes, qui éclatent dans deux scènes d’une délicieuse perversité, qui semblent se répondre l’une l’autre. La première montre la jeune fille faisant l’amour au jeune garçon dans sa chambre, à l’étage, tandis que la mère en dessous, qui les entend geindre, continue impavide de fabriquer ses poupées.
La seconde a lieu dans la maison paternelle de Hideo, où ce dernier a conduit Madame Yoshino pour lui montrer la malle aux costumes de son père. Il la prie de revêtir l’un d’eux. La mère s’exécute, se dénude, se revêt de l’habit et commence à danser. Soudain, elle perd l’équilibre : victime d’une hallucination, elle embrasse Hideo, qui se jette sur elle. La caméra s’attarde longuement, très longuement, sur leurs corps en sueur emmêlés (certains spectateurs dans la salle, visiblement agacés par cette scène, qui ressortit clairement au genre pornographique, quittent la salle ; ils seront nombreux ensuite à les imiter au moment de la fameuse et éprouvante scène du tatouage, que je vous laisse découvrir, et qui constitue le point d’orgue de ce film). Mais soudain, on entend un bruit. C’est la fiancée de Hideo. La mère a tout le juste le temps de se cacher à l’étage, derrière un énorme vase. On s’attend logiquement à une scène de rupture. Au lieu de cela, Hideo se précipite sur la fille et la baise furieusement. Derrière son vase, Madame Yoshino se décompose, des larmes coulent sur son visage. Mais là survient un événement inattendu, qui va donner lieu à l’un des plans les plus excitants qu’il m’ait jamais été donné de voir au cinéma. Progressivement on voit la main de Madame Yoshino glisser vers son sexe, et ses jambes s’écarter. Et alors, grâce à un cadrage d’une magnifique profondeur, on voit ceci : la mère au premier plan se masturbant tandis qu’en contrebas sa fille se livre sans réserve aux assauts de son amant. Image à la fois sublime et brutale, explosante fixe, comme disaient les surréalistes, qui prouve une fois de plus que le cinéma pornographique n’est pas une chimère, et qu’il peut accéder, grâce au génie d’un réalisateur, aux formes les plus hautes de l’art.
22:30 Publié dans Nos Films | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
Commentaires
j'aimerais bien en savoir plus sur vous… j'aime votre langue.
Ecrit par : orson | 26 octobre 2006
Sur vous? Sur Moi (Georges)? ou sur notre couple (Madeleine et moi)?; sur nous, physiquement (il y a l'album); sur nous, moralement et intellectuellement, etc., il y les textes du blog (240 en tout). Et puis Les Chandelles Samedi soir... pour la totale. A moins que le "sur vous" ne porte sur Madame Yoshino!!! (moi aussi j'aime sa langue... de serpent) - vous avez vu le film (privat joke). Bienvenu en tout cas ici.
Ecrit par : Georges | 26 octobre 2006
La question est brumeuse, ou plutôt, son effet évasif vient de l’ellipse qui la sous-tend. « J’aimerais en savoir plus » est une question que je me posais à moi-même, ancrée dans la surprise réjouissante de voir parler le plaisir du sexe, et en butte avec l’énigme d’une passion de la langue, du verbe qui sait qu’il peut seul faire à vif surgir la chair, de la jouissance qui se sait rivée au dire, et qui oscille entre le souci de la description et son élision, une langue qui en même qu’il se fait l’écho du désir d’une femme le tient à distance, perlé derrière un voile, comme un murmure poudré.
Ecrit par : orson | 26 octobre 2006
Ouf! j'étais complètement à côté. Vous dites (un peu à la manière de Blanchot, non?) très bien ce qui est tenté ici, au plan de l'écriture. Il m'arrive de penser, quand le ciel n'est ni trop bas ni trop lourd, que certains textes de Nolda atteignent leur objectif... parviennent à "dire le plaisir du sexe"... sans effroi.
Ecrit par : Georges | 27 octobre 2006
Absent encore quelques jours… j’ai lu votre déception… très touché par le récit du retour… taxi aux abonnés absents… marcher dans une avenue grise, froide et déserte… la rumination noire… l’analyse acérée du matin… l’obscénité du commerce, sa trivialité insupportable… j’aime beaucoup cette chute… en creux de reins…
c'est un peu laconique, mais je ne perds pas le fil… à bientôt…
Ecrit par : orson | 01 novembre 2006
C'est une déception qui m'apprend beaucoup, en tout cas me fait beaucoup réfléchir. Je crois avoir compris deux ou trois petites choses, que, si l'on m'accorde vie encore quelques jours, j'essayerai de coucher sur le papier. Merci de nous suivre...
Ecrit par : Georges | 01 novembre 2006
Je regrette de ne pas avoir l'occasion ces temps ci d'être plus présent à cette lointaine correspondance... Juste un signe… Au chapitre des lectures, avez-vous songé au Roi des fées de Marc Cholodenko ?… Bonnes soirées… à bientôt…
Ecrit par : orson | 11 novembre 2006
Le Roi des fées, tiens... Je vais aller y jeter un coup d'oeil. Merci cher Orson. (c'est noté)
Ecrit par : Georges | 15 novembre 2006
Lisant votre roman en mouvement – enfin, parcourant, traversant, évoluant à travers, car ce n’est le moindre de ses plaisirs que de vous lire comme en feuilleton, au fil de l’aventure au long cours, et pas forcément sous l’ordre de la chronologie, plutôt en suivant le jeu des sens – je me demandais, je cherchais à comprendre, enfin, disons faire un pas…
pourquoi l’écriture de la crudité – pas le récit de soi, pas la confession ni les grises heures angotiennes –, pourquoi le désir d’une puissance, celle d’écrire, obsessionnellement, le sexe, à l’état brut – ce que l’on masque derrière la pornographie, la difficulté (divine cullotée, dirait Sade, d’y fit cul taie aurait dit Lacan) – à dire, exprimer, presser la langue, la rareté organisée du dire, dans la salive des mots, l’abîme du foutre, la jouissance sans fin, sans finalité, des corps,
quelle est donc cette configuration occidentale, que j’aimerais mieux comprendre donc, en terme disons philosophique, peut-être en effet sous le ciel de Blanchot (surtout pas de cuisine psychanalytique ou socio-historique ou anthropologique)
à quoi tient cette configuration qui veut que ce soit plutôt l’homme qui maîtrise la langue du sexe, le désir de parler,
qui fait que nous sommes face à une origine du monde femme et que l’on n’arrive pas à l’imaginer autrement : une queue, brossée avec la même folle passion, un phallus par Courbet peint, nous amuserait, on rirait de la gaudriole ;
alors que cette chatte touffue, charnue, ouverte, pleine, ce triomphe du réalisme, au bord du foutre, elle vient ou elle va, être mise, avaler d’un coup de rein (l’aval d’un coup de rein en amont),
cette chute du symbolisme, la mise à bas du symbolique, la fin de la métaphore, l’entrée, d’une même béance, dans le libéralisme et le libertaire, nous fait en effet bander, mouiller, comme jamais un sexe d’homme, si doux et vibrant soit-il, le ferait.
C’est cette structure du désir qui demeure, à mes yeux, allumés, mystérieuse. Il y a un étrange silence dans la jouissance de la femme, la discrétion de Madeleine (ce n’est pas une critique, n’est-ce pas, rien d’autre qu’un effort pour tenter d’élucider le mouvement de notre jouissance et de son dire – Madeleine dont j’aime la myopie opportune, idéale et le duvet de cygne en seing, sans parler de ce prénom vertigineux, mais c’est une autre histoire sur laquelle je reviendrai peut-être un jour), qui nous, homme (non, ici, je ne marque pas le pluriel), émeut et fait apparaître bruyant notre désir.
Peut-être faudrait-il penser une politique du sonore sexuel…
J’arrête un peu, là, je crains d’être bavard et de recouvrir ce que j’essaie d’éclaircir… En tout état, ébouriffé, de cause, le plaisir est manifeste de lire ces pages de votre – vous, vous deux, vous trois en comptant l’imaginaire des langues –, de notre arrachement au même, du mouvement hors de soi du,
nuit et jour, jouir.
Amicalement.
Ecrit par : orson | 21 novembre 2006
Il semble que j'aie autant de plaisir à vous lire que vous à goûter le silence de Madeleine. C'est vrai, j'écris plus, beaucoup plus qu'elle, mais ce que vous ignorez c'est que, en "sous plume", elle est très présente, me suggérant des choses, me corrigeant, me censurant parfois, glissant un commentaire pour corriger un détail, une trajectoire, etc.
Ce qui me frappe également dans votre commentaire c'est l'emploi du mot "roman": je n'y aurais pas pensé! Ce que nous faisons c'est plutôt une sorte d'enquête éclatée sur notre sexualité plurielle; nous accumulons du "matériau" comme disent les plasticiens, pour une oeuvre qui ne verra jamais le jour. Working progress en soi. Une dernière chose: pourquoi mettez-vous toujours vos commentaire sous ce post "La femme..."? Est-ce délibéré?
G.
Ecrit par : Georges | 21 novembre 2006
Pour répondre, enfin, quoique ce n'est pas faute d'y penser souvent, mais le temps file comme le sable :
au début, ce fut par facilité, avant de devenir délibéré…
Je venais de feuilleter quelques pages de vos aventures, croiser l’épaule de Madeleine suspendue à l’angle de sa pose, puis au terme de la lecture de cette projection en chambre noire je n’ai pas résisté au plaisir de vous laisser un message laconique, un peu comme un signe de la main.
Ensuite, je me suis tenu à ce lien, en quelque sorte par fidélité, je voulais préserver une cohérence à ces échanges épistolaires, ne pas les noyer dans le grand flux, leur prêter un semblant d’armature. Et au fil des passages, vous l’avez deviné, c’est devenu une signature à laquelle je me suis attaché, et je peux vous l’avouer aussi, sinon une clé me concernant, en tout cas un clin d’œil.
De ma position de lecteur lointain, oui, j’ai désormais l’impression de vous lire au fil du temps comme un roman, à livre ouvert. Cela ne m’est pas venu à l’esprit tout de suite. J’étais d’abord été pris par la curiosité de découvrir votre histoire, d’appréhender une figure, de vous entrevoir comme on regarde une silhouette, d’entendre l’écho de vos plaisirs, de deviner la respiration de Madeleine. De comprendre comment cela se logeait en moi, voire quelle place j’avais dans ce récit en devenir.
Un feuilleton reste lié à son intrigue, à ses rebondissements. À suivre, épisodiquement, vos aventures, qui aussi bien peuvent être des non-aventures, l’attention aux épisodes se structure ; nous sommes, vous et moi, emportés dans le mouvement d’un récit d’apprentissage. Et je suis très étonné de l’effet de modernité, d’œuvre ouverte, en effet, que produisent et la libre circulation entre les pages écrites et l’inachèvement, au quotidien reconduit, de l’écriture. Ni exposition, ni résolution ; pleinement s’impose le travail de l’écriture aux prises avec la vie du corps et ses humeurs.
Derrière l’effort de précision et d’élucidation qui vous anime, ou à travers cet effort de rigueur, se profile non pas la fiction, mais bien le roman. La tenue de votre écriture, sa constance, le soin avec lequel le suivi du récit est assuré n’est pas exempt de ruses, d’ellipses, de réserves narratives, de promesses suspendues, de discussions entamées qui s’estompent en murmures, d’approches minutieuses qui laissent le sexe au bord de l’évanouissement, la jouissance souvent tue devant l’aimant du corps nu. Peut-être est-ce inévitable, il n’y a pas d’autre science que celle d’un dévoilement progressif.
Comme tous les livres ouverts, le mystère des pages entrebaillées reste entier. Les doigts se glissent dans l’éventail pour découvrir plus avant le territoire inconnu, labourer le sillon d’encre.
Et le souffle d’air de la page tournée soulève d’un soupir le duvet de cygne de Madeleine.
O !
Ecrit par : orson | 05 décembre 2006
Votre commentaire, cher Orson, me laisse sans voix, ou plutôt sans plume. J'ai vibré intérieurement en le lisant. Je me suis posé des questions aussi , car vous êtes indiscutablement de tous les noldistes, le plus énigmatique. Une signature, dites-vous, oui, je l'avais compris. Mais qui est le signe (la "clé")de quoi? En saurons-nous plus un jour? En fait, ce qui m'a impressionné dans votre commentaire, c'est que vous êtes le premier à porter un regard critique, surplombant, global et esthétique, sur ce que nous faisons... De sorte que je mets à douter, et à me demander, si oui, peut-être, par delà le projet documentaire il n'y aurait pas quelque projet artistique sous-jacent (je ne peux pas le nier totalement, sinon je mettrais moins de soin à écrire, me contenterais de poster des notes comme un "sociologue de terrain"...). Bref je suis un peu troublé... mais je vais me reprendre et continuer "comme si de rien n'était". Continuons néanmoins cette belle correspondance, secrète, comme la vie de Madame Yoshino.
Ecrit par : Georges | 07 décembre 2006
Je vous écris de l’abbaye de F., sous le ciel ouaté de la Loire, à la veille de revenir aux lumières de la capitale. La pierre est blanche, les salles aussi froides que l’hiver qui figent les bâtiments dans l’humidité glaçante d’une brume chaque jour plus dense. Ce matin, on pouvait voir la pellicule blanche de la nuit s’évaporer des buis aux premiers rayons du soleil.
J’ai vous ai lu hier soir avec plaisir, en regrettant décidément que ces lieux a priori si chargés de fantômes soient si dépourvus de consistance, j’allais dire de corps. Où donc sont passées les ombres noires se glissant entre les colonnes du cloître, les robes et les bures ? Les pas pressés, le froissement des passages dans les couloirs et le claquement des draps, les soupirs et les intrigues des novices et des sœurs affairées, les visages à l’ovale détaché, les sourires encadrés de voiles, les mains pâles et les corps étiolés. Au fond, le souvenir des nonnes s’est effacé, englouti par leur propre application à noyer la femme en elles. Il me faut bien avouer que je suis insensible à l’érotique épiscopale, la transgression religieuse me laisse de marbre, je n’y crois simplement pas, sinon par plaisir de la fantaisie, mais sans autre ancrage que celui du jeu de mot. Mon seul souvenir érotique en la matière remonte à une quinzaine d’années, un matin où, assis à la terrasse du café de la place du théâtre de l’Atelier à mi-pente de la butte Montmartre, je vis sortir de l’immeuble d’en face aux volutes art déco deux jeunes femmes, belles et vives, dont l’une, brune, en jean’s noirs et blouson de cuir bordeaux, portait un voile de religieuse qui mettait en évidence la finesse de son visage, peut-être un peu trop satisfait de sa propre audace, mais si élégant, si évident même au point que je me demandais pourquoi il n’y avait pas plus de femmes pour adopter une telle coiffe, et si troublant que je regrette encore de ne m’être pas levé pour les suivre, les rejoindre, les aborder, trembler déjà de ne pas être à la nuit prochaine, mais la convention (anti-rousseauiste !) des rendez-vous est si forte que l’on n’abandonne jamais le sens des convenances, la table ronde où reposent les tasses ou les verres s’entassent. Sans doute est-ce ce mélange, non tant des genres, que la proposition de reconfiguration qu’il suggère, qui nous manque tant, nous fait défaut jusque dans ses implications politiques.
C’est bien parce que l’art se réinvente sans cesse dans l’expérience du réel que votre pratique documentaire prend le tour d’une aventure esthétique. La littérature érotique est le plus souvent ennuyeuse, téléguidée, principalement une affaire de posture. Elle conforte largement la position de Sollers déclarant qu’il n’y a rien de plus excitant que d’ouvrir un roman pour aller directement pêcher les scènes de cul. Elles sont bien plus qu’un sel ou une épice, elles instaurent à l’intérieur du récit un échange entre le sexe et l’histoire, et cet échange, cette circulation, ce renvoi de l’un à l’autre est peut-être ce que l’on peut appeler l’imaginaire. J’aime, j’admire les dernières pages d’Ulysse de Joyce, la précipitation, l’accélération du récit de cette femme qui culmine dans le souvenir d’un baiser étreint à la pointe de Gibraltar et s’achève dans le consentement affirmé, répété, oui, dit-elle, oui, oui.
Alors, oui, de toutes mes lectures, ô combien non exhaustives, au gré du surf magnétique, seules vos pages – cela ressemble trop à une fleur et ne cherche qu’une vérité de l’expression – racontent quelque chose qui ne relève ni de la récrimination, ni de l’exhibition, mais tente de frayer un chemin entre langue et sexe, socialisation et plaisir, couple et sujet, s’efforce de le questionner en décidant d’en passer par un dehors, un hors de soi, nous les lecteurs anonymes et, le questionnant en s’offrant à l’interrogation permanente (une forme de création continuée) d’autrui, se développent en tant que frayage, quête de sens, inquiétude à l’égard de la vérité de nos relations amoureuses. Ce n’est plus tout à fait un blog, mais un dispositif d’exploration d’une pensée du sexe dont le premier effet est d’accorder « live » l’écriture du désir à la réalité des corps – et dont l’écriture tenue ne m’est pas sans évoquer cette entreprise qu’aimait Foucault, ce récit anonyme que fit un gentleman de la gentry anglaise de sa vie sexuelle, particulièrement foisonnante et rebondissante. Nous sommes bien les enfants de Sterne et Diderot, nous n’avons pas fini d’en prendre la mesure. La vertu de la création de ce site – ce lieu actuel – est de nous mettre aux prises avec la vérité non fictive d’une fiction épistolaire telle que Laclos l’a rêvée.
Je suis très curieux du devenir de cette réflexion en mouvement, ouverte à toutes les voix, de ces « libres échanges », sans parler du plaisir d’appartenir à ce mouvement, entraîné par le poudroiement d’un sillage du nom d’un des plus vertigineux fantasmes de l’histoire du cinéma. Au regard du plaisir du monde, je n’ai aucunement à cacher, vous l’aurez entrevu, un territoire du cinéma. Mais c’est un autre chapitre, que je laisse aujourd’hui ouvert, l’heure tourne avec les ombres, sous les yeux des glyphes et des hybrides qui ici peuplent discrètement les chapiteaux, veillent patiemment sur nos lenteurs, nos si lentes mutations.
O.
Ecrit par : orson | 16 décembre 2006
Je vous réponds avec un retard que j'estime excessif, et que j'espère vous me pardonnerez (les fêtes, oui... sont les responsables, les coupables même). Moi non plus, et contrairement à notre ami MBS, je ne suis guère sensible à "l'érotique épiscopale" encore que la scène que vous peignez soit plutôt alléchante... En vous lisant, je me dis qu'il aurait été heureux que vous postassiez le 1000e commentaire, les lecteurs auraient alors pu se délecter de ce magnifique commentaire (qui est bien plus qu'un "commentaire"). Je retiens cette phrase de vous à propos de notre entreprise: "C’est bien parce que l’art se réinvente sans cesse dans l’expérience du réel que votre pratique documentaire prend le tour d’une aventure esthétique", phrase qui résonne beaucoup ce matin après l'écoute d'Anaïs Nin, hier soir dans un document d'archive, où elle disait à peu près cela, qu'il faut se nourrir quotidiennement de ce réel pour nourrir l'oeuvre. La nôtre n'est pas d'art, mais puise dans la réalité des jours qui se suivent. En quoi elle accède à une forme d'authenticité... Je vais relire les dernières page d'Ulysse, que j'ai oubliées. (je ne me souviens que des "Oui, oui"!...) "Frayer entre la langue et le sexe": décidément j'ai trouvé en vous "mon critique" (je dis "mon critique" en sachant fort bien que je cite Hugo qui employait cette expression pour désigner celui qui le premier l'avait "compris", disons, lu avec attention: Sainte-Beuve (ils avaient alors tous deux 25 ans). Les dernières lignes de votre texte me font rougir (peut-être est-ce inconsciemment la raison de mon retard à vous répondre: que "répondre" en effet à cela? Il m'est arrivé parfois de me dire que l'on aurait dû ouvrir un Livre d'Or, mais j'y ai renoncé, par dégoût de l'obscénité bien sûr, mais aussi maintenant parce que je sais que tout ce que les "autres" pourraient dire pâlirait devant ce que vous avez écrit. Je résiste difficilement à l'envie de mettre vos propos en exergue, dans une note spéciale. Je suis fier de vous avoir comme lecteur. Vous attisez par ailleurs ma curiosité à propos du cinéma... Whos's Orson? Très amicalement, G.
Ecrit par : Georges | 30 décembre 2006
C'est toujours aux Chandelles le samedi soir que l'on peut vous voir ????
Ecrit par : Madame B | 05 mai 2007
Chère Madame B,
est-ce à moi que vous posez cette question ? Si tel est le cas, malheureusement, non, mais il existe d'autres endroits où le samedi soir nous pouvons nous voir.
Orson
Avec, chers Madeleine et Georges,mes cordiales salutations…
Ecrit par : orson | 20 mai 2007