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10 décembre 2006

Une soirée déconcertante, par le camarade Pierre

Très motivés par ce que nous en avions lu sur NOLDA et par la visite du site officiel du film, nous avons commencé notre soirée en allant voir Shortbus dans un cinéma d’une grande ville de province, la plus proche de là où nous résidons, mais un peu éloignée tout de même. Profitant de l’occasion, nous nous étions décidés à nous rendre dans un club échangiste de cette même ville. Nous y avions un rendez vous incertain avec un couple rencontré il y a quelques mois dans un autre club. Il n’était pas sûr que ce couple viendrait mais nous étions tout de même résolus à pousser la porte de ce club où, ce soir-là exceptionnellement, selon son site internet, les hommes « célibataires » n’étaient acceptés qu’accompagnant un couple, en « trio » donc.
Nous y sommes arrivés vers minuit et demie et nous avons constaté avec plaisir la présence de quelques couples assez charmants. Malheureusement, nous vîmes aussi rapidement que le club n’avait pas tenu sa promesse et que six ou huit hommes seuls avaient également été acceptés, visiblement dénués de toute attache avec aucun des couples présents. Le plus saugrenu, au vu de l’heure encore peu tardive, c’est qu’ils étaient déjà en tenue de combat, si l’on ose dire, c'est-à-dire seulement vêtus de serviettes de bain nouées en pagne, signes d’un passage par le coin balnéo, alors que tous les couples étaient encore en tenue de ville. Nous prîmes notre parti de cette présence masculine excessive en ne laissant entrevoir à aucun de ces curieux curistes, par un geste ou un regard involontaire, un espoir de se mêler à nous à un quelconque moment de la soirée. C’était sans compter avec la trop habituelle insistance de ces hommes, leur maladresse imbécile et leurs stratégies impudentes… Les coins câlins du club (une ancienne maison de ville décorée avec beaucoup de goût dont les chambres et les salons ont été transformés pour accueillir les ébats amoureux) étaient encore vides de couples mais, parce qu’il faut bien que quelques-uns commencent et que cela ne nous déplaît pas d’être ceux-là, nous nous posâmes dans une pièce en espérant attirer à nous un couple qui aurait eu la bonne idée de nous suivre… mais, bien entendu, ce fut un homme seul qui s’approcha et que nous dûmes convaincre d’aller chercher son plaisir ailleurs, puis deux hommes qui se plantèrent dans l’embrasure de la porte pour nous regarder nous caresser en se caressant ostensiblement le bas ventre. Nous ne leur prêtions aucune attention de manière à leur faire comprendre par notre indifférence qu’il n’y avait aucune probabilité qu’ils nous accompagnent à un moment ou un autre, mais ils demeuraient dans le passage et nous dûmes donc leur demander de ne pas y rester. Est-ce volontaire ou inconscient, cette façon qu’ont les hommes seuls de bloquer le passage ? Il semble que l’esprit d’un homme ne soit pas équipé, tout au moins dans ces circonstances, pour comprendre qu’il peut aussi être un obstacle, par son attitude ou par sa seule présence, aux rencontres entre couples. Le passage s’étant finalement dégagé, après quelques minutes un peu longues, un couple s’approcha enfin et, après quelques hésitations, vint s’installer sur le lit près duquel nous nous tenions debout en nous caressant… Nous les avions remarqués dès notre arrivée dans le club alors qu’ils dansaient amoureusement. Ils étaient un peu plus âgés que nous, aux environs de la cinquantaine, plus ou moins, habillés de façon discrète, assez charmants bien qu’assez « standard » dans le genre bourgeois, elle jolie femme blonde en robe noire sans manche et escarpins sobres, lui bel homme avec très bonne situation sociale, chevelure grisonnante permanentée, chemise bleu ciel et pantalon de flanelle... Rien dans leur attitude près de nous, dans la pièce un peu sombre, ne nous laissa entrevoir qu’ils venaient là pour nous plus que pour s’unir dans la proximité d’un autre couple, mais pour répondre à ce qui était peut-être une timide invitation, nous nous approchâmes délicatement d’eux et tendîmes nos mains vers leurs corps pour d’aimables caresses qu’il ne repoussèrent pas… tout espoir était donc permis d’aller un peu plus loin dans l’étreinte et, par une habille translation de nos corps, nous nous retrouvâmes bientôt unis dans des caresses très sensuelles, nos mains et nos bouches offrant à leurs poitrines et à leurs sexes un plaisir sans pudeur… il convient de préciser ici que Pierre prenait un plaisir intense car il avait découvert entre les jambes de sa nouvelle compagne un sexe comme il les vénère, merveilleusement formé, tendre et croquant à la fois, un peu large, volumineux, ruisselant de plaisir, légèrement musqué et goûtu à souhait. Le plaisir sans feinte de la dame achevait de le satisfaire. Mais il convient aussi de dire qu’au bout de quelques longues minutes cet aimable échange de plaisir demeurait à sens unique, de notre couple vers l’autre, sans évitement mais sans retour de politesse… l’homme ne manifestait aucun intérêt pour Laure et la femme n’exprimait aucune intention sensuelle à l’égard de Pierre sinon prendre tout le plaisir qu’il lui offrait à la dégustation gourmande de son sexe. Pierre s’en serait encore satisfait si l’homme ne l’avait délogé de l’endroit de son désir pour s’y mettre lui-même, se dégageant presque brutalement des caresses de Laure. Celle-ci se détourna donc vers la femme et caressa longuement les seins qu’elle lui offrait dans le débraillement de son soutient-gorge. Pierre, quant à lui, s’aventura à s’installer près de la femme de telle façon qu’elle puisse, si le désir lui en venait, avancer la main vers le sexe chargé de désir qu’il tenait encore à l’abri de son pantalon en formant l’espoir qu’elle tenterait sans tarder de l’en dégager. Et, en effet, la femme caressa bientôt le sexe bandé à travers le tissu, manifestant par l’impatience de ses doigts sur la ceinture et la braguette le désir de le mettre au jour. Pierre se dévêtit donc sans hésiter afin que la jolie main agitée puisse enfin tenir dans le creux de sa paume la preuve de son excitation. La situation était sympathique, bien agréable, et laissait augurer d’un excellent moment à venir… sauf que Monsieur s’était mis en tête de prendre Madame malgré une érection incertaine. S’en suivit une conversation très pragmatique entre les deux amants qui nous excluaient totalement de leur présente préoccupation, bien que, curieusement, Madame fasse toujours aller et venir sa main, un peu mécaniquement, sur le sexe bandé de Pierre, et se laisse complaisamment sucer les seins par Laure tout en échangeant avec son mari des considérations très pratiques sur l’état déficient de sa verge et sur ses causes. La situation était pour nous un peu surréaliste, ce couple ne nous prêtant aucunement l’attention à laquelle deux êtres humains peuvent prétendre, en quelque situation que ce soit, mais profitant tout de même du plaisir que nous lui offrions… il nous est toujours douloureux de constater combien les couples « échangistes » méprisent l’honneur qu’on leur fait de les désirer et négligent la considération qu’on leur porte en leur offrant notre corps… nous en étions là et, parce que nous sommes d’un naturel patient et optimiste, parce que nous en avons vu bien d'autres, nous nous maintenions dans l’espoir que nos compagnons manifesteraient bientôt un désir plus ardent puisque, jusque-là, bien qu’assez indifférents, ils semblaient ne pas se froisser de notre compagnie. Mais le pire était à venir. Outre que Monsieur n’arrivait toujours pas à atteindre la rigidité nécessaire pour honorer son épouse d’une pénétration qu’ils semblaient désirer autant l’un que l’autre, outre que le va-et-vient manuel dont madame gratifiait le sexe de Pierre était devenu aussi monotone qu’une pluie de novembre sur un village breton, notre quadrille « amoureux » fut bientôt rejoint par l’un des hommes seuls qui s’allongea sur le lit et s’avança aussitôt pour caresser les seins et le ventre offerts de la femme. Pierre repoussa vivement la main de l’intrus mais rien n’y fit et l’individu persista dans son invasion. Surtout, ni l’homme ni la femme n’esquissèrent le moindre geste pour décourager le nouveau venu et cela finit de nous impatienter. L’ultime maladresse vint quand la femme tendit un bras vers l’inconnu comme pour l’encourager à poursuivre. Pierre, assez dépité, dégagea donc son sexe des doigts qui se serraient encore sur sa verge et, d’un seul mouvement, se libéra de cette situation désagréable non sans maugréer pour l’assistance contre l’inconvenance des hommes seuls et de ceux qui s’offrent complaisamment à leur compagnie. Nous nous éloignâmes sans nous retourner… Un peu plus tard, repassant devant la porte de la pièce, nous les vîmes plongés tous les trois dans une étreinte qui ne laissait aucun doute sur le plaisir qu’ils en retiraient.
Nous n’irons pas plus loin dans la description de notre soirée sinon pour dire que le couple avec lequel nous avions rendez vous ne vint point, ce dont nous ne leur tenons pas rigueur puisqu’ils ne nous avaient rien promis, et qu’après avoir porté un regard attentionné sur les autres couples présents nous convînmes qu’il serait aussi bien d’écourter notre escapade. Le hasard fit que nous sortîmes en même temps que le couple avec lequel nous avions connu la piteuse étreinte que nous venons de narrer… l’homme comme la femme avaient l’air parfaitement heureux et nous accordèrent un sourire satisfait que nous fûmes bien en mal de leur rendre malgré notre bonne éducation. Il y a des limites que nous pouvons pas dépasser...
La longue réflexion que nous nous fîmes sur la route du retour a débuté par l’interrogation qui nous saisit inévitablement quand il s’agit de comprendre ce qui peut bien motiver un couple pour rechercher la compagnie d’un homme seul ou de plusieurs hommes… les sites d’annonces que nous fréquentons, la multiplication des clubs qui proposent ce genre d’opportunité et les confidences de certains de nos amis partouzeurs montrent que cette recherche est de plus en plus fréquente. Pour nous qui sommes échangistes pur sucre et éprouvons une répulsion sincère devant cette possibilité de situation, il fallait trouver une explication à cette répulsion en même temps qu’une explication à cette forme de « libertinage ». Et il nous semble bien les avoir trouvées…

Commentaires

Moi qui suis de plus en plus tentée par les clubs libertins, j'avoue que cet épisode me refroidit un peu...

Ecrit par : C&M | 11 décembre 2006

Bonjour,

En premier lieu, nous souhaitons remercier Madeleine et Georges de nous avoir accueillis sur NOLDA... un jour nous leur confierons la narration d'une de nos rencontres heureuses. Il y en a tout de même quelques unes, et même beaucoup, par bonheur. Il serait injuste (et quelque peu pervers) de nous en tenir seulement aux épisodes malheureux de nos pérégrinations sensuelles... Ce sera surtout une manière de rendre hommage à celles et ceux qui ont fait nos belles rencontres en disant ce qui, à notre avis, fait la richesse de leur personne. Nous voulons tout de suite rassurer C&M : ces personnes existent dans la vie réelle et il n’est pas si difficile de les rencontrer. A chacun de trouver sa manière d’y parvenir.

Une question demeure pour laquelle vous aurez peut-être une réponse : quel désir anime ceux qui se meuvent dans ces formes de « libertinage » appelées « triolisme » et « pluralité masculine » ?

Au plaisir de vous lire

LetP

Ecrit par : LetP | 11 décembre 2006

L'occasion pour moi de faire remonter un vieux texte de l'an dernier sur une soirée-type en sauna "libertin":
http://openspaces.over-blog.com/article-1102231.html

Ecrit par : Lucien | 11 décembre 2006

Bonjour,

et merci à Lucien car nous trouvons dans son texte quelques éléments qui confirment la conclusion à laquelle nous somme arrivés...

à suivre

Laure et Pierre

Ecrit par : LetP | 12 décembre 2006

"Une question demeure pour laquelle vous aurez peut-être une réponse : quel désir anime ceux qui se meuvent dans ces formes de « libertinage » appelées « triolisme » et « pluralité masculine » ?"

Bonsoir,

Peut être le même que celui de n'importe quel autre libertin mais dans une modalité différente, m'enfin!

V.

Ecrit par : Flibette | 25 février 2007

oui... c'est à peu près la conclusion à laquelle nous sommes arrivés à l'issue d'une réflexion que nous avons exprimée ici :

http://debatdebats.bbactif.com/D-EBATS-SEXUELS-f4/Echangisme-et-virilite-t109.htm

au risque de déplaire...

Ecrit par : LetP | 25 février 2007

Au risque de déplaire, en effet!

Je me suis limitée à la lecture de votre dévoloppement sur l'insuffisance de l'homme...

Bien que la sphère intellectuelle soit importante pour moi, je pense qu'il ne faut pas non plus chercher midi à 14 heures.

Il y a sans doute autant de définition du libertinage que de libertins, l'essentiel n'est-il pas que tout se petit monde y trouve son compte?

V.

Ecrit par : Flibette | 25 février 2007

no comment.

si la "blogorrhée" était faite pour se confronter à des pensées contraires ou contrariantes, ça se saurait, et on prendrait le risque, en effet, de ne pas "y trouver son compte"...

Ecrit par : LetP | 26 février 2007

Un élément de réponse : pour la femme, je suppose que l'intérêt en est évident ou presque, je ne vous ferai pas un dessin, faute du talent de Georges dans ce domaine. Je comprends aisément (ce que me confirme mon épouse) qu'une femme qui apprécie la fellation et la pénétration puisse particulièrement aimer la combinaison des deux, par exemple : quelle femme n'a jamais eu ce fantasme ? Le plaisir, ou l'excitation, de la femme serait d'ailleurs en soi un argument bien suffisant pour pratiquer cela. Et pour l'homme ? Entre autres raisons (il y en a mille), celui qui aime regarder sa femme avec un autre homme et qui est bien plus attiré par sa femme que par celle de l'autre homme aura vite compris (c'est assez souvent mon cas). Pour avoir expérimenté une relation un peu durable avec un couple, nous nous sommes parfois retrouvés dans une situation où l'un des quatre était absent... il ne fallait pas que cela nous empêche de prendre beaucoup de plaisir ensemble ! Enfin, un dernier argument : un trio constitué de deux hommes plus une femme est un ensemble cohérent (chacun peut être en situation d'activité, cf. supra). Deux couples en situation d'échange sont juxtaposés, mais sont essentiellement deux ensembles distincts. Pour conclure, et pour avoir pratiqué avec un plaisir égal les différentes configurations, je ne saurais donner d'autre exemple que de dire que j'aime infiniment l'Aloxe-Corton, j'aime infiniment le thé vert japonais, mais j'aurais du mal à limiter mon expérience gustative à un seul des deux. Même si je comprends parfaitement ceux qui n'aiment que l'un des deux, ou alors aucun !

Ecrit par : François | 13 mars 2007

Bien sur, tout cela est fort bien argumenté et pour avoir expérimenté toutes sortes de combinaisons sensuelles nous ne pouvons que vous donner raison dans "l'esthétique". Mais pour ce qui est du "Désir", du "moteur" de tout cela, n'est ce pas un peu superficiel ? Tout de même, il y a des questions qui titillent un peu :

Pourquoi un homme peut il aimer regarder sa femme avec un autre homme en restant passif ?

Pourquoi n'est il pas attiré par l'autre femme ? (d'autant plus que les femmes du "milieu", pardonnez l'expression, sont bien souvent beaucoup plus désirables que les hommes)

Pourquoi un trio formé par un homme et deux femmes ne serait il pas un ensemble cohérent ? seriez vous de ceux et celles qui réduisent l'homme à son membre et le croient incapable de donner du plaisir autrement ? (ce qui pourrait aussi laisser croire que la femme ne peut prendre du plaisir qu'à être "possédée")

Et pourquoi donc un homme ne pourrait-il pas prendre du plaisir sous les caresses combinées de plusieurs femmes...

Désolé François, mais cela ne nous convainct pas que la pluralité masculine soit une pratique très équilibrée et réellement "libérée". Cela aurait même tendance à nous confirmer dans notre analyse...

Surtout, ceci n'étant pas une remarque vers vous en particulier que nous ne connaissons pas, plus nous nous retournons sur notre aventures passées et plus nous avançons dans les parrages du "libertinage moderne", plus nous constatons chez nos complices potentiels, avec une certaine tristesse, leur manque d'imagination, de fantaisie et d'esprit d'aventure, et pour tout dire leur conformisme aux codes de la pornographie la plus convenue.

Aux plaisirs

LetP

Ecrit par : LetP | 13 mars 2007

Excellente échange! Bravo à tous les deux... Cet "échange" me donne beaucoup à réfléchir. Je me réserve de revenir sur le sujet un de ces jours... où l'on me laissera un peu au calme!!!
G.

Ecrit par : Georges à François et Pierre | 13 mars 2007

Georges, je me rends compte avec une agréable surprise que votre dernière intervention sur le libertinage vertical contribue à préciser mes idées sur le sujet en cours. Pierre, ne soyez pas désolé : mon objectif n'est pas de vous convaincre, moins encore de faire du prosélytisme, mais juste d'échanger quelques impressions dont l'intérêt, finalement, est moins dans l'impact direct qu'elles ont sur les lecteurs éventuels (puisqu'elles se limitent à donner, dans le meilleur des cas, une appréhension intellectuelle, dans un domaine où l'émotion prime), que dans l'effet de "feedback" qu'a sur moi la réponse de ces mêmes lecteurs. Je partage votre constat sur le manque d'imagination et d'esprit d'aventure que l'on trouve dans les clubs, c'est même la raison principale qui fait que je ne les fréquente plus depuis... quelques années déjà. Pourquoi peut-il m'arriver de regarder ma femme avec un autre homme en restant passif ? Parce que sa beauté ondoyante, son magnétisme dans le désir, sa grâce dans le plaisir, forment un spectacle qui depuis des années a toujours eu une fâcheuse tendance à me distraire (au sens le plus fort et étymologique du terme) de tout le reste, mais cela c'est une caractéristique personnelle... l'amour me rend contemplatif souvent. Pourquoi ne suis-je que rarement attiré par une autre femme ? Comme vous le définissez avec justesse, c'est dû au "conformisme aux normes de la pornographie la plus convenue". Aussi belle et corsetée de dentelle soit-elle, une femme qui n'a pas l'oeil qui pétille, la répartie vive, l'humour piquant, la coquinerie élégante, ne parvient que peu à me séduire (ce qui n'empêche pas l'érection, évidemment, mais une mécanique bien huilée ne remplacera jamais l'âme). Or (et là nous rejoignons les problématiques verticales), le club n'est pas vraiment un lieu propice à ces échanges préliminaires. Il m'est arrivé de désirer immédiatement une femme ni très jolie ni très bien habillée dans une soirée on ne peut plus verticale, à cause de la finesse et de la promptitude d'une de ses remarques, de penser à elle régulièrement et de ne coucher avec elle qu'en la revoyant par hasard après deux ans (c'était notre deuxième rencontre, elle m'avait d'ailleurs totalement oublié... moi non, et j'ai fait son siège). Il ne m'est jamais arrivé d'éprouver ce genre de coup de foudre en club, en revanche, et j'ai d'ailleurs presque oublié mes amantes d'un soir. Quant aux autres types de trio, vous avez raison, bien entendu. Mon idée, toute personnelle, était juste la suivante : je ne suis (très humblement) pas assez contortionniste ou concentré pour donner simultanément du plaisir à deux femmes, alors qu'une femme peut très facilement donner simultanément du plaisir à deux hommes. Je finirai avec deux remarques : il ne nous reste comme solution que le libertinage vertical de grande ampleur ; et enfin, j'aurais voulu mettre au moins vingt mots en italiques dans ce (trop ? ) long message, mais Georges fait preuve d'une inhabituelle exclusivité dans ce domaine en ne permettant pas aux contributeurs de mettre en forme leur texte ! Libertinement vôtre, et merci pour vos intéressantes réponses.

Ecrit par : François | 15 mars 2007

J'envisage la prochaine fois de me relire avant de poster pour éviter d'écrire contorsionniste avec un T. Cela traduit-il un malaise vis-à-vis de la contorsion ?

Ecrit par : François | 15 mars 2007

Bien bien... merci François de ces précisions bien agréables à lire tant elle dévoilent avec sensibilité l'homme de goût que vous êtes certainement. Ceci dit...

Une première remarque pour dire que nous ne parlons pas seulement de ce qui se passe en club mais aussi de ce que nous avons souvent connu au cours de soirées (ou autres heures de la journée) privées, à deux couples ou à un plus grand nombre... Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que les clubs sont moins bien que les rencontres privées ou l'inverse. L'herbe n'est pas plus verte dans le pré d'à côté... Cela ne dépend que des personnes et de leur façon d'être. Comme nous avons pu le dire ici ou ailleurs, nous avons connu de grandes extases dans toutes sortes d'endroits convenus ou insolites. Et quelques moments de grande solitude aussi...

Pour le reste, pour ce que nous pensons aujourd'hui du Désir des hommes et des femmes qui naviguent entre don-juanisme/messalisnisme et "libertinage moderne" nous ne pouvons que vous inviter à bien lire ce que nous avons écrit sur :

http://debatdebats.bbactif.com/D-EBATS-SEXUELS-f4/Echangisme-et-virilite-t109.htm

en vous incitant à aller jusqu'au bout du débat, aussi fastidieux soit-il, pour bien comprendre notre position.

En vous lisant, nous pouvons imaginer à quel point il serait agréable de passer un moment en compagnie de votre épouse et vous, et vos amis les plus chers, peut-être... finesse, délicatesse, élégance, curiosité sans doute... surtout ce dédain amusé pour les fanfreluches et autre colifichets et ce goût sur pour la lueur pétillante dans l'oeil de la femme réellement désireuse... hummm !

Mais pour le reste, bon sang ! nous n'en dirons pas plus aujourd'hui, par crainte d'être vraiment désagréables, sur ce que nous pensons maintenant de ces situations où les hommes abandonnent leur "rôle", leur "position", pour ne pas dire leur "mission"... Le "Camarade" dont Georges qualifie Pierre nous situe justement dans la Gauche anti-libérale et c'est grande navrance pour nous de voir que ce sont des essayistes de droite libéraux (Zemmour, Schneider*) qui aujourd'hui dénoncent la fin des hommes... alors même que c'est cette idéologie spectaculaire marchande qui a détruit, par toutes sortes de manipulations historiques et culturelles, tout espoir d'une véritable relation de respect entre la Femme et l'Homme...

Le monde est piloté** par des sadiques et tout le monde semble trouver ça cool et sympa.

On en reparlera

au plaisir
LetP

* Michel Schneider à écrit, entre autre, "Big Mother" - c'est un tissus d'âneries, comme tout ce qu'il a écrit. Lisez plutot "le complexe d'Ubu - la névrose libérale" de Jean Claude Liaudet.

**Nous disons "piloté" et non "dirigé" tant il semble que nous allions vers on se sait où à travers on ne sait quoi... youpi !

Ecrit par : LetP | 16 mars 2007

Merci ! J'ai lu votre texte (et je le relirai, c'est dense, plus que fastidieux) ; j'aurai beaucoup de questions et de remarques. Je suis enchanté de constater que votre position ressortit d'une vision du monde, sociologique, psychologique et politique, au-delà des seuls goûts libertins... on sentait bien qu'il y avait autre chose en filigrane derrière vos notes. Je ne sais pas si NOLDA sera le lieu pour développer cela, mais il faudra effectivement qu'on en reparle. Pour avoir été (jusqu'au 17 novembre) militant d'une gauche moins radicale que la vôtre, je n'en suis pas moins farouchement libertaire et j'avoue que l'idée d'une "mission" de l'Homme, cela m'ennuie un peu... les seules missions que j'assume sont celles, en général, que je décide de me donner à l'aune de mon éthique et de mon esthétique. Mais je ne suis pas un garçon très sérieux, paraît-il. Malgré tout (et quitte à ce que vous soyez désagréables), je veux avoir votre fin mot sur le sujet. A très bientôt !

Ecrit par : François | 16 mars 2007

Merci François, nous serons ravis de continuer cette conversation. Ceci dit, le "fin mot" est contenu dans cette phrase déjà citée et qui résume notre triste constat :

Le monde est piloté par des sadiques.

Ce n'est pas une simple boutade. Il faut bien entendu comprendre "sadique*" sur le plan psychologique et non sur le plan "esthétique", celui ci ressortant de celui là mais n'en disant pas assez (ou en dissimulant beaucoup trop)... depuis les années cinquante et soixante, l'enfance et l'adolescence, avec leur fond de "barbarie" et leur lot de frustrations, sont vénérées et prises pour des fins en soi au lieu d'étapes initiales de la vie humaine, de périodes initiatiques à l'âge adulte. Il ne faut pas s'étonner que les femmes et les hommes grandis dans cette culture se comportent aujourd'hui de façon immature et que la violence (physique et/ou psychologique), pour ne pas dire la cruauté, soient les seuls canaux de communication à travers lesquels ils se com-prennent, au désespoir de toute civilisation.

Libertaire dites vous... on met tellement de choses aujourd'hui derrière ce mot que nous aimerions bien savoir ce que vous entendez par là. S'il s'agit d'une "liberté" tatchéro-blairiste** sous vidéo-surveillance et localisation GPS permanente (excellent billet de F.Begbeider dans le Nouvel Obs de cette semaine) nous ne vous suivrons bien évidemment pas.

Comprenez nous bien, ce qui dicte notre philosophie des rapports sensuels entre adultes consentants c'est le sentiment profond que notre liberté commence là ou commence celle de notre prochain-e, et nous ne pouvons qu'être navrés de voir certain-e-s s'enfermer complaisamment dans des comportements de domination/soumission, déguisés en "sentiments complices" ou en "expériences ", véritablement infantiles et prétendument "libertaires".

bien à vous.
LetP

*Au risque de nous tromper, nous considérons le masochisme comme une forme du sadisme : sadisme de soumission / sadisme de de domination.

**Les tatchero-blairiste diront "There Is No Alternative" et tant qu'on voudra bien les croire les sadiques auront partie gagnée.

Ecrit par : LetP | 16 mars 2007

petite rectif en nous relisant :

Nous devrions dire "les femmes et les hommes vieillis dans cette culture" plutôt que "grandis". On confond trop souvent, aujourd'hui, enfance et jeunesse, âge adulte et vieillesse... Or on sait bien, comme disait l'autre, que "quand on est jeune, c'est pour la vie" et que nous sommes trop entourés, malheureusement, de vieux enfants, et pas assez d'adultes jeunes.

...

Ecrit par : LetP | 16 mars 2007

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