02 janvier 2007

Sexus politicus (2)

 

   Qu’apprend-on dans ce chapitre ? Que cet « homme à cheveux blancs » (quel âge a-t-il exactement, les auteurs ne sont pas fichus de nous le dire) « a hanté les coulisses du régime » et que la IVe République a « vacillé » à cause d’une affaire dans laquelle il s’est trouvé impliqué : l’affaire des « ballets roses ». A la réflexion, cette histoire de « Ballets roses » ne m'était pas complètement inconnue. Une ancienne danseuse du Moulin rouge, avec qui j’avais sympathisé dans un square, et qui connaissait à fond Montmartre m’avait parlé d’une histoire louche du même nom. Dans les années 50, Pierre Sorlut était l’homme à tout faire du personnage le plus puissant de l’Etat : André le Troquer qui organise des bacchanales au Palais Bourbon, façon petits soupers libertins de la Régence. Rien de vraiment condamnable dans ces réjouissances collectives (il ne s’agit que de fastueuses partouzes), si ce n’est que les participantes sont... des adolescentes mineures, recrutées - je vous le donne en mille - par Pierre Sorlut. Interrogé aujourd’hui par les auteurs, celui-ci donne une autre version de l'affaire (il se serait agi d'un complot!), et n’hésite pas à blaguer sur le sujet : « Au-dessus de soixante ans, faites l’amour avec trois filles de vingt : le compte y est. » Le Troquer est blanchi; Sorlut écope, lui, de cinq ans de prison ferme ! L’homme ne disparaît pas complètement de la scène politique, au contraire: officieusement au service de la DST, il accomplit des tâches secrètes (des "opérations limite") pour le compte du gouvernement. En 1995, à l’occasion du 50ème anniversaire de la DST, Charles Pasqua, dans la cour du ministère, s’entretient longuement avec lui… En attendant, Sorlut est toujours là, dans son restaurant, qui a pignon sur rue : le guide de l’échangisme décrit son établissement comme « le must des restaurants libertins pour couples » (on sait maintenant combien cette description doit être nuancée...). L’ancien patron de la brigade mondaine, Roger le Taillanter raconte, lui, qu’à l’époque, « beaucoup de gens, et pas des moindres, fréquentaient le restaurant de Sorlut ». Les voisins d’en face assurent que la clientèle était composée d’anciens responsables de la préfecture de police et du contre-espionnage... et même d'un ministre de l’Intérieur… Soudain, je frémis à l’idée que nous aurions pu nous retrouver nez à nez, l’an dernier, avec Charles Pasqua. L’histoire ne s’arrête pas là. L’autre jour, sur le bureau du mari du Graziella, mon œil tombe sur une enveloppe où se trouve inscrit en toutes lettres le nom de Pierre Sorlut. L’époux de ma maîtresse aurait-il des liens avec le maître d’œuvre de l’ancien Président de l’assemblée nationale de la IVe République? Vous le saurez bientôt, car Graziella nous a invités à passer le jour de l’an chez elle. Je ne manquerai pas, au détour d’une conversation sur Sexus politicus (j’ai aperçu - cela me revient maintenant - le livre chez eux sur la table du salon) de poser la question à celui qui a une correspondances avec l'organisateur des "Ballets roses"...

 

Commentaires

Trainant un peu en politique, je voulais lire ce livre... Vous m'en avez découragé... Je crois ne rien perdre...

Ecrit par : C&M | 02 janvier 2007

Non, il y a mieux à faire que de lire ces radotages journalistiques...

Ecrit par : Georges | 02 janvier 2007

Il y a 35 ans,nous avions Béatrice et moi ,la beauté et les désirs que vous décrivez si bien.Nous étions jeunes, épanouis et nous avons formé à Lyon un couple libertin,coquin ,libre .Nous avons gardé cet esprit de liberté et de complicité quand nous sommes allés vivre à Cannes puis en Bretagne.J'aimerai vous faire part de nos aventures,nos rencontres enrichissantes grâce à notre sexualité épanouie.Puis -je le faire ici et comment?
JY
PS: suis débutant sur le net

Ecrit par : Fichoux jy | 19 janvier 2007

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