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15 janvier 2007
Pénétrer le Système
Notre histoire, depuis la création du blog, repose sur ce double paradoxe : ceux qui nous connaissent le mieux nous connaissent le moins ; ceux qui nous connaissent le moins nous connaissent le mieux. Traduction : nos proches, nos amis, nos amants, nos maîtresses, etc., ignorent l’existence du blog (notre vie libertine et extra-conjugale); ils ne nous connaissent que par ce que nous leur donnons à voir et entendre de nous-mêmes : un coup de téléphone, une soirée apéro, une promenade le dimanche au parc des Buttes-Chaumont, une nuit dans un hôtel, une soirée dans un bar, c’est-à-dire pour le dire encore autrement: une voix, un éclat de rire, un acquiescement de la tête, un râle de plaisir, un mot d’amour. Les lecteurs du blog, occasionnels, amis, partisans, sympathisants, militants, fanatiques (!) de NOLDA, qui ne savent rien de notre enfance passée, de notre intimité présente, des lieux que nous hantons, des gens qui nous entourent, de nos petits gestes quotidiens, de l’odeur de ma peau, de la poésie du regard de Madeleine, en bref, qui n’accèdent que par procuration à l’épaisseur irréductible de notre réalité, à la complexité non transmissible de nos vies, ceux-là savent énormément de choses sur nous, depuis le jour où nous leur faisons la chronique matérielle et intellectuelle de notre vie libertine… Il m’arrive souvent d’avoir le vertige à la pensée que quelqu’un aurait accès aux deux pans de notre existence; il m’arrive souvent d’être inquiet à l’idée qu’une personne pourrait connaître à la fois la face cachée et la face exposée. Telle personne, je me dis parfois, qui reconstituerait ce puzzle à deux pièces, disposerait en quelque sorte d’un pouvoir de coercition, de nuisance et de chantage considérable sur nous. Ce sentiment de vertige, je l’ai eu pas plus tard que la semaine dernière lorsque, après avoir lu un commentaire d'une certaine "Léa" sur NOLDA, je découvris dans ma boîte email perso un message de .......... signé "Léa":
Cher Georges,
Je regrette de ne pas pouvoir honorer mon rendez-vous de jeudi mais je finis ma journée vers 19 h finalement (Quel dommage!). Toutefois rappelons-nous pour trouver un autre moment.
D'autant plus que j'ai quelques mots à te confier... Et quelques souhaits à t'exprimer...
Je t'embrasse et plus encore
Léa?
Léa. Ceux qui nous lisent régulièrement se souviennent sans doute de Léa. Léa, « ma vieille maîtresse »; Léa dont j’ai contemplé les cheveux toute une nuit, sans oser me glisser dans son lit; Léa qui m’a embrassé jadis dans ma chambre, tandis que Madeleine était à côté; Léa que je perdis de vue pendant quelques années, que je retrouvai, il y a peu, détruite mais sauvée; Léa, qui m’invita chez elle en novembre, et à qui j’eus l’imprudence de dire que je tenais un blog... Léa qui a pénétré le système. Frisson d’inquiétude (et de plaisir) d’avoir été percé à jour. Vertige, assurément. Si l’on excepte Artémis et une autre personne dont je tairai le nom (qui sont au reste moins des "proches" que des amis de Madeleine), si l’on excepte aussi une poignée de noldistes que nous avons rencontrés ponctuellement (Lucien, Flore, Schawari, MBS, Alexis, Lénamars, Frantz), Léa est la SEULE personne qui sache tout de Georges et Madeleine (encore qu’elle ignore, comme les autres, ce que nous ne racontons pas, ce que j’ai appelé la face immergée de l’iceblog…); Léa, enfin, que je découvre complice, énigmatique à son tour, par l’intérêt qu’elle porte au libertinage... Léa, dont je reparlerai c’est certain! Léa, si tu me lis, pardonne à ton vieil amant de t’avoir caché ce que je ne pouvais alors te montrer sans craindre d’être "jugé". Nous sommes désormais liés.
18:15 Publié dans 1. JOURNAL | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Commentaires
Comme je vous comprends! En ce qui me concerne, il n'y a qu'une seule personne qui connaisse ma face cachée et qui puisse tout révéler à mon épouse.
Ecrit par : Vagant | 15 janvier 2007
C'est bien là que réside tout l'art bloguistique.
Eviter les fuites en blindant les deux accés qui mènent au noyau du système: la face publique et son côté obscur, le réel versus le virtuel.
Maintenant que le ver est dans le fruit, il va falloir passer au second niveau de ce grand jeu de socièté à échelle humaine.
Bonne chance !
Ecrit par : Lucien | 15 janvier 2007
Cher ami,
Avez-vous lu les pages magnifiques d'Oscar Wilde sur la jouissance érotique de l'aveu et du dévoilement (lorsqu'ils sont convenablement mis en scène, s'entend)? Je crois qu'il y aussi quelque chose de la volonté de puissance qui s'exprime dans l'aveu public délibéré. C'est un geste en quelque sorte prométhéen.
Bien à vous
MBS
Ecrit par : MBS | 15 janvier 2007
Bonjour Madeleine et Georges,
êtes vous bien certains que votre enfance soit passée ?
hum ?
bonne nuit
LetP
Ecrit par : LetP | 16 janvier 2007
Non, l'enfance n'est pas passée, elle ne fait que commencer, LetP. Sa rémininiscence passe, peut-être MBS, par la lecture d'Oscar Wilde, cet éternel enfant du Plaisir. Elle passe assurément par le Jeu, Lucien, fût-il dangereux... Elle gît anyway dans le mystère des choses et leur dévoilement, Vagant!
G.
Ecrit par : Georges | 16 janvier 2007
Votre ridicule narcisisme vous perdra....vous me faites rire :)
Ecrit par : akteon | 22 janvier 2007
Camaraderie, pas narcissisme! (et puis nous sommes déjà "perdus"!)
Ecrit par : Georges | 23 janvier 2007