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16 février 2007
Varia libertina (14)
MIRANDA. – J’ai rêvé d’elle la semaine dernière. Nous étions dans une chambre, Madeleine, Miranda et moi. Nous faisions l’amour tous les trois. Le rêve durait, c'était inexprimablement bon, et simple. Les jambes écartées, elle se laissait lécher par Madeleine, tandis que j’embrassais ses seins. Son visage était serein, point de cet enthousiasme forcé qu’elle affiche (trop souvent) pour masquer je ne sais quel malaise. L’amour physique comme je l’aime, en somme, à mille lieues des complications - dans la stricte évidence du plaisir, dans la beauté idéale du partage. On se serait cru dans une scène de John Flaherty Cox. Longtemps après mon réveil, j’ai porté ce rêve avec moi, travaillant à conserver en moi ses images, à inscrire en moi les émotions que j'y avais ressenties. Il y a trois jours, je reçois un message de Miranda, dont je n’avais plus de nouvelles depuis plus de trois semaines. Elle vient d’emménager dans un nouvel appartement. Elle nous invite pour la pendaison de crémaillère. Son texte est semé de points d’exclamations enthousiastes… Je lui réponds ceci : « Je suis très content pour toi, Miranda; j'ai hâte de voir ce petit cocon douillet, hâte de m'y dérouler à l'aise avec toi. (je dis cela parce que j'ai fait un rêve érotique, samedi dernier, dans lequel tu jouais un rôle très agréable: c'était un "trio" comme on appelle cela dans le jargon! peu importe...). » Et j’enchaînai sans transition sur une question administrative: « Pourrais-tu me transmettre l’adresse de M. Parato ? » Elle me répond en faisant un copier-coller du passage sur le rêve érotique, qu'elle fait suivre de ces trois interjections : « Aïe ! Aïe ! Aïe ! ». « Je n’aurais jamais pensé à répondre ça ! », me dit Madeleine à qui je raconte cette histoire. Et elle éclate de rire.
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