29 juin 2007
Une soirée pas comme les autres (1)
Donc, c’était dimanche dernier. Un dimanche soir. Il n’y avait personne dans les rues, évidemment. Personne non plus dans les cafés, ni dans les restaurants. En somme, c’était le contraire d’un vendredi soir, et a fortiori d’un samedi soir. Très différent aussi d’un jour de semaine comme le mercredi ou le jeudi, où l’on trouve tous les snobs qui veulent éviter les cons du vendredi et les abrutis du samedi. Sortir un dimanche soir, c’est ni con, ni snob, c’est tout simplement bizarre. Surtout quand la sortie en question a pour destination un club libertin. On s’attendait à voir très peu de monde. Mais si peu, non. De sorte qu’il y eut surprise quand même, car entre « peu de monde » et « personne » il y a malgré tout une différence. On frappa. On nous ouvrit. « On est les seuls », dis-je, sûr de moi, à Madeleine en ôtant ma veste. « Comment tu peux le savoir ? » « Regarde… Les cintres… tous inoccupés ». Madeleine fit une petite moue. Personnellement je m’en foutais. Au contraire, ça m’amusait d’avoir ce club pour moi tout seul. « Bienvenue au Château des Lys. Je vous suggère de faire une petite visite des lieux, avant de vous mettre à table », nous dit le Majordome. De toute façon, il n’y avait que ça à faire avant l’arrivée improbable d’autres illuminés de notre genre : on s’appliqua donc à faire le tour du propriétaire. La piste de danse fut traversée en trois enjambées.
Deux petites salles au style (vaguement) féodal, séparées par un petit muret, révélèrent une dizaine de petites tables dressées avec amour. Au fond à droite, il y avait un trou. Au fond de ce trou, un escalier. On l’emprunta. « Passe devant », me dit Madeleine, toujours un peu couarde dans ce genre de situation. Je m’apprêtais à poser le pied sur la première marche, quand j’entendis des voix sortir de ce trou. Madeleine me prit par le bras, pour me faire reculer. On montait en effet. Un homme, puis une femme, puis un autre homme, et puis encore une femme défilèrent devant nous. Tous plus disgracieux les uns que les autres. La personne qui se trouvait en deuxième position (une femme, si vous m’avez bien lu), avait un ventre proéminent. Elle nous fit presque peur. L’homme qui se trouvait en tête nous gratifia d'un sourire mielleux appuyé. « N’y réponds pas!, dis-je à Madeleine, Souviens-toi de ce que dit Vagant à ce propos… Ton sourire est pour cet homme un blanc-seing pour tes seins blancs. » Madeleine prit un air sévère. Dès que la voie fut libre, on descendit. En bas, une cave. Avec tous les instruments de torture pour faire mourir l'autre de plaisir : croix de Saint-André, cravaches, fouets. Madeleine, pour s’amuser, s’allongea dans une sorte de hamac en ferraille. « Est-ce que ça t’excite tous ces attirails ? », me demanda-t-elle tandis que je jouais sans conviction avec le fouet. « Pas vraiment… », répondis-je en le reposant sur la table. « Et toi ?... ». Madeleine hésita. « L’idée de me soumettre ne me déplaît pas… Quant à souffrir c’est autre chose… ».
(A suivre)
13:40 Publié dans 1. JOURNAL | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

Commentaires
Or nous eûmes donc pu être quatre, dont deux femmes sans proéminences autres que gracieuses, en tout cas en nombre supérieur à vos fâcheux.
Las... Abonnés que nous sommes aux tentatives asynchrones.
Mais persévérons, persévérons, et nous nous verrons tout court...
Hommages.
V.
Ecrit par : Vintage | 29 juin 2007
Le Nautilus (1 et fin)
J'ai souvenir d'être passé au Nautilus avec mon amante un été en plein mois d'août, nous devions être trois couples et je me suis franchement ennuyé.
End of the story.
Ecrit par : Comme une image | 29 juin 2007
Ca existe encore le Nautilus ?
La seule fois où j'y ai mis les pieds, heureusement que Madame avait sorti les talons de 10, sinon nous n'aurions jamais pu nous rabattre sur les Chandelles voisines...
Ecrit par : Lucien | 29 juin 2007
J'attendais depuis longtemps l'article de NOLDA qui aborderait la délicate question de la soumission...
Ecrit par : Electronic Lover | 01 juillet 2007
S’ennuyer, c’est toujours mieux que pas-niquer.
(OK, elle est mauvaise, mais je l’assume)
Ecrit par : Vagant pour CUI | 01 juillet 2007
@ Vintage: vous connaissez l'adage (sa fin) ... Perseverare diabolicum!
@ Vous êtes taquin, CUI, et c'est comme cela que je vous aime: est-il raisonnable de commencer une nouvelle histoire quand on n'a pas terminé la dernière? Je promets de livrer aujourd'hui ou demain l'épisode 7 et et dernier de la La beauté d'une soudaine densité de la vie. Mais ce n'est pas facile, car j'ai vachement envie de poursuivre Une soirée pas comme les autres... En tous les cas, je ne sais pas si, avec vous, les histoires les plus courtes sont les meilleures. Flaubert parlait d'un roman sur rien: Avec le Nautilus vous teniez votre sujet non?
@ Lucien: "se rabattre sur Les Chandelles", ça c'est chic! (je connais le détail de cette histoire, privilégié que je suis!)
@ ELover: de la part de Madeleine: "Vous allez être déçu!"
@ Après le Passeporc voici le pas-niquer! De mieux en mieux! Cette histoire de passeporc m'a travaillé ce WE, je compte bien lui consacrer un petit développement (qu'est-ce qui m'a gêné dans ce jeu de mot? Je me pose encore la question, et j'ai du mal à y répondre? Je me souviens d'avoir écrit un truc où je disais la pornographie, c'est PORC NO! GRAPHIE OUI! Mais bon...
Ecrit par : Georges à TOUS | 02 juillet 2007
> Madeleine > j'attendrai encore un peu...
Ecrit par : Electronic Lover | 02 juillet 2007
moi j'attends la suite..... (pas sûre que je veuille te suivre sur ce coup là Vintage ;-))
Ecrit par : Sapheere | 02 juillet 2007
de toute façon les bonnes manières nous font un devoir de précéder les personnes du sexe dans les escaliers
Abbé M-B de S
Ecrit par : MBS | 02 juillet 2007
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