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27 août 2007
Au théâtre ce soir! (4)
Esther s’est encastrée dans Lolita, sexe contre sexe. J’observe leur entrelacement, réfléchi dans une glace somptueuse au-dessus d’elle. Les Lesbiennes, premier titre choisi par Baudelaire pour ses Fleurs du mal. Me voici devant le fameux tableau de Courbet. Illusion d’optique. Madeleine tremble de plaisir à côté de moi. Pourvu que cela dure… Et cela dure ! Esther s’est allongée sur un tapis, les jambes écartées : Lolita lui lèche la chatte, et, croyez-moi, elle ne fait pas semblant. La musique s’interrompt brusquement. Le bruit des pales du ventilateur se mêle aux râles de la libanaise (à moins qu’elle ne soit tunisienne). Désormais je suis comme les petits vieux, plus rien ne me distingue d’eux. J’ai abdiqué mon mépris et ma supériorité. Comme eux, j’ai envie des me jeter sur elles et de mettre ma queue dans leur bouche, dans leur con, dans leur cul, dans leur neufs portes ! Madeleine est dans tous ses états.
Esther s’est renversée en arrière : elle est à quatre pattes comme une chienne, et sa petite compagne lui broute le minou avec application. Des petits gémissements percent à travers les notes de musique. « Il n’y en un qui va se taper une crise cardiaque », dis-je à l’oreille de Madeleine en désignant nos compagnons. Lolita a repéré la seule créature féminine de l’assistance. Pendant qu’Esther s’est allongée sur l’un des canapés, et que les six mains des petits vieux se sont collées sur ses hanches (pas question de toucher les seins ni a fortiori le sexe), la naughty Girl a enjambé l’ottomane et s’est calée sur moi. Elle sort sa langue et m’enduit le visage de salive. Mais c’est Madeleine qui l’intéresse. Elle l’embrasse, lui pelote les seins, et finit par lui demander (avec un petit accent) : « Tu veux faire le strip tease avec moi ? » Madeleine dit oui avec le corps mais non avec la bouche. Lolita lui dit : « Dommage… La prochaine fois peut-être ». Combien sont-elles à accepter ce genre de proposition ? Horriblement excité, je fais part à Madeleine de mon étonnement et de ma déception : « Pourquoi n’as-tu pas accepté ? » « De quoi j’aurais l’air à côté de ces professionnelles ? Et puis d’abord je ne veux pas me donner en spectacle devant ces gens-là » Je comprends ses réserves, ô combien !. Le spectacle est terminé. Nous applaudissons, enthousiastes. Les deux filles nous saluent : « Merci, et bon spectacle » Le show continue, il tournera en boucle jusqu’à minuit. Nous décidons de partir maintenant pour rester sur une bonne impression. Nous croisons un asiatique qui s’assoit précipitamment. Il rejoint les petits vieux, qui resteront, indélogeables. Et c’est reparti pour un tour ! Nous nous retrouvons dans la rue. Des passants, l’air ennuyé, nous regardent sortir, indifférents, sans voir notre rouge aux joues.
09:05 Publié dans 2. REFLEXIONS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Quel délicat intermède... Vos dessins sont splendides.
Ecrit par : belami | 28 août 2007
Elle dit Oui avec le corps, Non avec la bouche... très belle observation Georges...
C'est toujours un délice de vous lire, mais peut être encore plus cette fois-ci.
Ecrit par : E L | 28 août 2007
Et dire que je suis passée devant ce théâtre un nombre incalculable de fois sans même y prêter attention...
D'ailleurs aujourd'hui même, j'ai vu un petit asiatique en sortir, le sourire au lèvres, et avec un semblant d'érection...
C'était Ysé en direct d'un coin coquin de la capitale, à vous les studios! ;-)
Ecrit par : Ysé | 01 septembre 2007
