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25 septembre 2007

Petits quiproquos (1)

   Lorsqu’on mène une double vie, on s’expose nécessairement à toutes sortes de quiproquos. Au théâtre (vaudeville), ces quiproquos sont amusants. Dans la vie, ils le sont moins ; car ils débouchent souvent sur des révélations embarrassantes, et se concluent parfois par des ruptures : le mari découvre que sa femme avait un amant à la faveur d’une confusion sur l’identité d’un correspondant au téléphone, etc.... Dans notre cas, les quiproquos conjugaux sont sans conséquences étant donné que nous savons… Mais il reste la possibilité de quiproquos avec ceux qui ne savent pas... qui nous sommes, comment nous vivons : c'est le cercle de nos amis (non libertins), l’entourage professionnel, le clan familial, la tribu des voisins, etc. Ici le danger est omniprésent. Et il arrive qu’on sente le vent du boulet.

   Je voudrais, pour me faire comprendre, vous raconter deux quiproquos survenus coup sur coup, hier et avant-hier, histoire de témoigner des acrobaties auxquels nous sommes parfois obligés de nous livrer pour préserver notre « secret » (Bienheureux lecteur qui sait tout de notre double vie, tu ne connais pas ton privilège !). Avant-hier donc, vers 19 h 00 je prends mon téléphone pour appeler Marie-Hélène, et la prévenir qu’elle peut amener sa fille, comme prévu, à la maison, pour passer la nuit (Marie-Hélène est d’une utilité précieuse pour notre vie libertine, car elle ne refuse jamais de prendre notre progéniture chez elle) Je compose le numéro et là, je commets la faute d’inattention classique. Au lieu de faire celui de Marie-Hélène, je fais celui d’Hélène. « – Allo ? Marie-Hélène – C’est toi Georges ??? Tu ne m’appelles jamais d'habitude pendant le week-end, qu’est-ce qui t’arrives mon chéri ? - … Euh…, rien…, j’avais… envie… envie d’entendre ta voix…– Oh, mon Chéri, tu ne peux pas savoir comme tu me fais plaisir, je t’aime, etc.... ». Etant donné que c’était moi qui l’appelais, je ne pouvais décemment pas raccrocher au nez de ma petite maîtresse en lui disant que j’étais pressé. Aussi me forcé-je à répondre à ses petites chatteries en me tordant les doigts nerveusement et en faisant des allers et retour de panthère en cage, horriblement contrarié à l’idée, que pendant mon petit badinage, Marie-Hélène, qui avait prévu exceptionnellement d’aller au concert ce soir-là, attendait anxieusement mon coup de fil pour sortir. Finalement, je réussis à persuader mon interlocutrice que je prenais des risques inconsidérés à l’appeler ainsi en plein week-end, et qu’il valait mieux que je raccroche au plus vite. – Tu as raison, mon chéri… Mais, au fait, pourquoi, m’as-tu appelé Marie-Hélène tout à l’heure ? – Euh…, je ne sais pas… Marie-Hélène tu ne trouves pas ça plus sexy que Hélène comme prénom, etc. ?… » Immédiatement après avoir recomposé le combiné, j’enchaînai avec la vraie Marie-Hélène, auprès de qui je m’excusai platement de l’appeler si tard. Tout s’arrangea, et quand j’eus repris mes esprits, je souris en imaginant le même quiproquo mais inversé : - Allo, Hélène – Euh… oui… – Je voulais te dire que tu me fais bander à mort et que j’ai envie de te sucer les seins, etc. »

(A suivre demain: le second quiproquo)

 

Commentaires

Ce genre de quiproquo peut aussi, loin d'être finalement gênant, un exellent révélateur...

Qui sait si Marie-Hélène (plus sexy qu'Hélène, non mais n'importe quoi. Il n'y a PAS de prénom plus SEXY qu' Hélène, non mais et puis quoi encore ! Georges, back to reality, please! ;-) ) ne rêve pas en réalité d'entendre ces mots sortant de votre bouche, ne serait-ce pas la raison de sa disponibilité si altruiste envers votre progéniture, un moyen détourné de se rapprocher de vous, de partager quelque chose d'intime avec vous ?

M-H : Ha... Sentir, enfin, Georges me sucer les seins en le faisant bander à mort... Quand, maais quand diable se décidera-t-il a comprendre mon désir navouable et à se jeter sur moi comme un bouc en rut... Arrachant mon chemisier de soie si douce pour mieux pétrir ma pitrine gonflée du désir de vivre (même si je ne marche pas sur la plage - TM P. Coutin).

Tentez le coup, Georges... Un peu d'audace, non ?

V., sans garantie de résultat. :-))

Ecrit par : Vintage | 25 septembre 2007

C'est exactement ce que je disais !
A mon avis c'est le plus grand risque ;-)

Ecrit par : Madeleine | 25 septembre 2007

« (...) je t’aime, etc... »
Georges : goujat !

Ecrit par : Comme une image | 26 septembre 2007

La chute du texte est excellente et franchement très drôle.
L'hypothèse de Vintage me semble tout de même hasardeuse. D'autant qu'Hélène - pardon Marie-Hélène, vous semble être très précieuse sur un plan purement pratique... Si vous la mêliez à vos jeux, qui garderait les enfants ?

Ecrit par : Phil | 27 septembre 2007

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