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27 septembre 2007

Petits quiproquos (2)

   Hier, donc, j’ouvre notre messagerie, je veux dire la messagerie commune réservée à nos relations professionnelles, amicales et familiales, et tombe sur ce petite billet de P***, ami de longue date :

Cher --------,

Vu Madeleine, et le rideau qui se lève sur le rideau. Tu avais bien raison de me dire que c'était beau!

 Amitiés

Décharge électrique à la lecture de ce « vu Madeleine », suivi d’une interrogation abyssale : « P*** serait-il tombé par hasard sur NOLDA ? » Je suis, pendant plusieurs minutes, dans le plus grand désarroi. Jusqu’au moment où, enfin ! je comprends, et éclate d’un rire sonore et solitaire. La Madeleine dont parle P*** n’est pas la Madeleine de Georges, mais la Madeleine de Strauss, l’héroïne de Capriccio, opéra donné ces jours derniers à Garnier dans une mise en scène de Robert Carsen. Mais que signifie « le rideau qui se lève sur le rideau » ? N’est-ce pas quand même une allusion à l’identité secrète de Madeleine, levée à la faveur d’un clic accidentel sur NOLDA. Oui, je l’ai cru dans l’instant, lecteur, et j’avais d’autant plus de raisons de le croire que cet ami aurait certainement formulé les choses de cette manière-là (sibylline, métaphorique, allusive) s’il avait découvert notre double vie. Mais la vérité est plus simple, ou plus complexe, comme on voudra : le lendemain de la représentation, j’avais envoyé à P*** un message-rébus, pour tester ses connaissances en opéra : mon billet était formulé ainsi : « Ah ! cette levée du rideau sur le rideau… quelle merveille ! », et avait pour objet « Prima la parole, dopo… ». S’en était suivi, dans l’heure, un coup de téléphone de P*** intrigué et presque irrité par ce message qui lui "résistait", me priant de lui révéler illico sa signification. Et moi de lui raconter que j’avais assisté la veille, à l’Opéra Garnier, à l’un des tableaux les plus stupéfiants qu’il m’ait jamais été donné de voir à l’opéra, celui d’un rideau – le rideau de l’Opéra Garnier – se levant en musique sur… un autre rideau, réplique exacte du premier… 42f3d04a7387b7ac87a901e5a5410839.jpgOn devine la suite. P***,  sur mon conseil, s’est précipité à Capriccio, et transporté comme moi par cette scène hypnotique, m’en a fait part dès le lendemain. Et voilà comment, pour avoir voulu jouer au plus fin, je me suis retrouvé paralysé d’effroi au moins trois bonnes minutes devant mon ordinateur. Il n’est pas besoin de vous dire que j’ai aussitôt forwarder ce message à Madeleine, la vraie, qui travaillait alors tranquillement à son bureau !...

25 septembre 2007

Petits quiproquos (1)

   Lorsqu’on mène une double vie, on s’expose nécessairement à toutes sortes de quiproquos. Au théâtre (vaudeville), ces quiproquos sont amusants. Dans la vie, ils le sont moins ; car ils débouchent souvent sur des révélations embarrassantes, et se concluent parfois par des ruptures : le mari découvre que sa femme avait un amant à la faveur d’une confusion sur l’identité d’un correspondant au téléphone, etc.... Dans notre cas, les quiproquos conjugaux sont sans conséquences étant donné que nous savons… Mais il reste la possibilité de quiproquos avec ceux qui ne savent pas... qui nous sommes, comment nous vivons : c'est le cercle de nos amis (non libertins), l’entourage professionnel, le clan familial, la tribu des voisins, etc. Ici le danger est omniprésent. Et il arrive qu’on sente le vent du boulet.

   Je voudrais, pour me faire comprendre, vous raconter deux quiproquos survenus coup sur coup, hier et avant-hier, histoire de témoigner des acrobaties auxquels nous sommes parfois obligés de nous livrer pour préserver notre « secret » (Bienheureux lecteur qui sait tout de notre double vie, tu ne connais pas ton privilège !). Avant-hier donc, vers 19 h 00 je prends mon téléphone pour appeler Marie-Hélène, et la prévenir qu’elle peut amener sa fille, comme prévu, à la maison, pour passer la nuit (Marie-Hélène est d’une utilité précieuse pour notre vie libertine, car elle ne refuse jamais de prendre notre progéniture chez elle) Je compose le numéro et là, je commets la faute d’inattention classique. Au lieu de faire celui de Marie-Hélène, je fais celui d’Hélène. « – Allo ? Marie-Hélène – C’est toi Georges ??? Tu ne m’appelles jamais d'habitude pendant le week-end, qu’est-ce qui t’arrives mon chéri ? - … Euh…, rien…, j’avais… envie… envie d’entendre ta voix…– Oh, mon Chéri, tu ne peux pas savoir comme tu me fais plaisir, je t’aime, etc.... ». Etant donné que c’était moi qui l’appelais, je ne pouvais décemment pas raccrocher au nez de ma petite maîtresse en lui disant que j’étais pressé. Aussi me forcé-je à répondre à ses petites chatteries en me tordant les doigts nerveusement et en faisant des allers et retour de panthère en cage, horriblement contrarié à l’idée, que pendant mon petit badinage, Marie-Hélène, qui avait prévu exceptionnellement d’aller au concert ce soir-là, attendait anxieusement mon coup de fil pour sortir. Finalement, je réussis à persuader mon interlocutrice que je prenais des risques inconsidérés à l’appeler ainsi en plein week-end, et qu’il valait mieux que je raccroche au plus vite. – Tu as raison, mon chéri… Mais, au fait, pourquoi, m’as-tu appelé Marie-Hélène tout à l’heure ? – Euh…, je ne sais pas… Marie-Hélène tu ne trouves pas ça plus sexy que Hélène comme prénom, etc. ?… » Immédiatement après avoir recomposé le combiné, j’enchaînai avec la vraie Marie-Hélène, auprès de qui je m’excusai platement de l’appeler si tard. Tout s’arrangea, et quand j’eus repris mes esprits, je souris en imaginant le même quiproquo mais inversé : - Allo, Hélène – Euh… oui… – Je voulais te dire que tu me fais bander à mort et que j’ai envie de te sucer les seins, etc. »

(A suivre demain: le second quiproquo)

 

19 septembre 2007

Le plus beau moment de la soirée...

 

   Dans une soirée libertine, il y a toujours un moment plus beau que les autres (je prends naturellement l’adjectif "beau" dans l’acception érotique qu’il n’a pas). Ce moment est souvent fugitif ; souvent d’ailleurs, on l’attend en vain, et l’on revient chez soi, content mais point heureux. La soirée un peu « spéciale » (voir l’excellent compte rendu qu’en donne le marquis de C***) à laquelle nous étions invités, Madeleine et moi, la semaine dernière, m’a offert cette seconde d’éternité au moment le plus inattendu. Les occasions n’ont pas manqué pourtant où ce petit miracle eût pu se produire. Ainsi j’eusse trouvé normal et même logique qu’il surgît au moment où se dévoilaient les unes après les autres les épaules dénudées des femmes dans leur robe fourreau noire ajourée sur leurs hanches, fendue sur leurs cuisses, décolletée sur leurs seins. Aussi bien aurait-elle pu me surprendre, cette seconde érotique, au moment où circulant dans les couloirs sombres du Château je croisai le regard mutin de la compagne de C***. Rien ne se serait opposé a priori non plus à ce qu’elle survînt à l’heure où je baisai, à table, la poitrine généreuse de ma voisine dont le sourire nègre me ravissait.

   Mais il n’en fut pas ainsi. 

   Le moment le plus beau de la soirée arriva… quand la soirée fut terminée. Je m’explique : ayant quitté la grivoise assemblée peu avant minuit pour prendre le relais de la baby sitter, je m’aperçus, après que Madeleine m’eût confié les clés de l’appartement, et l’avoir assurée qu’elle pouvait rester s’amuser aussi longtemps qu’elle le voulait, je m’aperçus donc, presque arrivé chez nous, qu’elle ne pourrait pas rentrer à la maison sans mon aide, ne disposant pas du passe magnétique du trousseau ouvrant la porte de l’immeuble… Comment allais-je faire pour que Madeleine ne passe pas la nuit dehors, ou qu’elle ne me réveille pas en pleine nuit pour que je lui ouvre la porte ? Je me creusai la tête et optai pour la solution suivante : je glissai un carton entre la porte d’entrée et le battant, et laissai la porte de notre appartement légèrement entrebâillée. Satisfait de mon plan, je laissai un petit message sur le répondeur de Madeleine pour lui expliquer tout cela, puis me mis au lit. On s’en doute, je ne fermai pas l’œil de la nuit. Et pour cause! je guettai les bruits d'entrée qui ruineraient mon système. De fait, vers une heure du matin, quelqu’un ouvrit la porte. Qui claqua . Tout en enfilant ma robe de chambre, je pestai contre ces voisins qui se couchent à pas d’heure ! Je descendis dans le hall : la porte était effectivement verrouillée. J’appuyai sur le bouton d'ouverture, et tirai sur la battant. Et c’est alors que, accroupi, mon petit bout de carton à la main, je vis devant moi une femme, très grande et très belle, que je reconnus immédiatement comme étant ma femme, bien qu’elle eût un regard plutôt bizarre.

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 « C’est toi Madeleine ? » Sans me répondre ni me regarder, elle pénétra dans le hall exactement comme l’eût fait une marquise devant un groom docile, et monta très lentement et – m’a-t-il semblé – un peu laborieusement les escaliers. Je la suivis, intrigué. J’ôtai ma robe de chambre, me glissai sous les couvertures et l’observai amusé ; visiblement elle n’était pas dans son état normal : et soudain, je compris : Madeleine était complètement ivre… Et c’est à cet instant précis que m’envahit, tel l’ombre d’un Palais vénitien sur le Grand Canal, le moment magique : Madeleine, d’un geste à la fois sûr, rapide et fluide, ôta, comme on enlève un simple chandail, sa robe de soirée anthracite, et me découvrit un corps que je crus, tant il me subjugua, voir pour la première fois. S’en suivit une érection soudaine, et impérieuse. Madeleine arracha le drap et se mit sous les couvertures en grommelant. Secrètement j’espérais qu’elle se collerait contre moi, me donnant le signe de l’assaut. Au lieu de cela, elle articula comme elle put : « Je ne me sens pas très bien, je crois que j’ai trop bu ». La mort dans l’âme, je me retournai sur le côté et lui dis d’une voix à peine audible : « Bonne nuit ma chérie… »

 

13 septembre 2007

Il y a un début à tout...

   Visite chez un spécialiste qui remplace mon médecin habituel. « Asseyez-vous, qu’est-ce qui vous arrive ? » Je m’explique. Il regarde les échographies. Il prend des notes. Il parle peu, très bas, il marmonne. Ses lunettes sont graisseuses. Il baisse la tête et ne me regarde jamais en face. Son cabinet est vieillot, poussiéreux, sinistre. Il y a de longs silences pendant lesquels il réfléchit... Il se lève enfin : « Je vais vous ausculter ». Il semble un peu embarrassé. « Baissez votre pantalon. Avec… le slip », ajoute-t-il furtivement et très bas. Je m’exécute, m’allonge sur la table et, sans qu’il me le demande, je présente mon sexe à découvert.  Pendant ce temps-là, il me tourne le dos, tripote des instruments. Je regarde le plafond où pendouillent des plaques de peinture. Il se retourne enfin. Il a mis des gants en plastique. Et alors... brutalement, sans prévenir, il passe sa main sous mes fesses, et avant même que j’ai eu le temps de dire « ouf », il me fourre le doigt dans le cul.

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 Je suis estomaqué. Il va et vient à l'intérieur, appuie à droite et à gauche « Là, ça vous fait mal ? » Cette fois, c’est moi qui suis gêné. Je n’en reviens pas que ce petit papi à moitié assoupi m’ait défoncé la rondelle aussi facilement. « Euh… » que je bredouille alors qu’il a toujours son doigt au fond de moi, « ben… pas trop… enfin si un peu ». Puis, aussi lestement qu’il l’avait introduit, il retire son doigt, enlève ses gants, et me tend un kleenex pour m’essuyer. Et hop, le tour est joué. Je me rhabille, bluffé par la dextérité de ce type.

   A ceux qui me posent la question de savoir si j’ai déjà eu une expérience homosexuelle, je réponds toujours que non, que, de ce côté, j’ignore tout. Désormais, grâce à ce vieux médecin, je peux me vanter de m’être fait doigter par un homme. Il y a un début à tout.

11 septembre 2007

I want to go home!

- Georges, tu devrais peut-être prévenir ta femme que tu restes à dormir ici ? 

– Tu as raison, Dado, je vais lui envoyer un petit SMS pendant qu’il n’est pas trop tard. Je tapote sur le clavier :

Ne m’attends pas, chérie, je reste où je suis (c’est plus prudent, je suis en banlieue). Je rentrerai demain matin. Dis à Cocotte que Papa est rentré tard hier soir, qu’il dort, qu’il ne faut surtout pas entrer dans la chambre. A demain.

La nuit se passe. J’ouvre les yeux. Il fait jour dans la chambre. Dado dort à poing fermé. Sa sœur roupille sur le canapé à côté, entortillée dans une sorte de drap. Je m’extraie de la chrysalide des couvertures. Je mets un point d’honneur à ne pas réveiller ces dames (surtout ne pas faire sonner la boucle en métal de mon ceinturon) ; Dado ouvre un œil, le referme aussitôt. Je retiens mon souffle. Le loquet de la porte fait "clic", puis "clac". La sœur se retourne et grogne vaguement. Dehors il fait beau. Retrouver la gare du RER. Direction « Paris ». J’allume mon portable : pas de message de Madeleine. Pourvu qu’elle lise mon texto avant le réveil de Cocotte. Je regarde l’heure sur la pendule du quai. 7 heures du matin. Je fais le calcul. En comptant large, (5 stations de RER, deux changements, 12 stations de métro), je mettrai une heure au maximum pour rentrer à la maison. Je peste à l’idée de ne pas avoir regardé ma montre plus tôt: même en prenant tout mon temps, je vais me retrouver à la porte de chez moi, sans pouvoir y rentrer, car elles ne quittent la maison qu’à 8h30 pour l’école. Je visualise mentalement la scène si je décide de passer en force : « Mais, Maman m’avait dit que tu dormais dans la chambre ! ». Embarras, confusion, gêne. Brrrr! On ne transige pas avec ces choses-là. Je décide donc, une fois arrivé dans le quartier, d’attendre jusqu’à ce que l'appartement soit libéré.

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En sortant du métro, je regarde ma montre : 8h 05. Vingt-cinq minutes à tuer... Que faire ? Je fais le tour du pâté de maison en attendant l’heure. J’emprunte la rue parallèle à la nôtre. Mauvaise idée : je croise plein de "mamans" qui amènent leur rejeton à l’école… Du coup, je rase les murs comme un fugitif. Je change de trottoir en apercevant la mère de la meilleure copine de ma fille. Nouvelle scène dans ma tête: « Tiens, j’ai vu ton papa ce matin dans la rue. » « Impossible! il est en train de dormir à la maison! ». « Je t’assure que je l’ai vu !  », etc. Au bout de la rue Nerval, surgit d’une porte cochère Irène Jacob. Petit signe de tête, poli. Je décide de prendre une rue adjacente, moins fréquentée, moins dangereuse… Finalement, je trouve refuge dans un rade, qui vient d’ouvrir. Un ivrogne, clop au bec, est accoudé au bar. Je commande un café et feuillette Le Parisien. L’alcoolo essaye d’engager la conversation avec moi. Arrivent les informations à la radio. Toutes les nouvelles commencent par « Sarkozy a fait ceci, Sarkozy a fait cela. » Le type pose sa bière et me dit : « C’est comme en Algérie ici ! Bouteflika a fait ceci, Bouteflika a fait cela. » J’acquiesce poliment, et jette un coup d’œil dans la rue : les poussettes se font plus rares. Le flux enfantin s'est tari. Il est 8h25 à ma montre  : elles sont sûrement en train de sortir maintenant. Je règle mon café. Je vais enfin pouvoir rentrer chez moi!...

 

08 septembre 2007

Lassitude

     A la longue, on se lasse, c’est normal, pas de quoi culpabiliser. Au bout de 10 ans, comment voulez-vous qu’il en soit autrement. On la connaît pas cœur, ou du moins on en a l’impression. On la retrouve sans enthousiasme, presque par obligation, alors qu’on aurait envie d’autre chose.. d’évasion, d’imprévu… On ne voit plus ses bons côtés, sa chaleur, la douceur, le plaisir de revenir vers elle. Mais on hésite à la quitter. Tant de souvenirs nous relient, elle fait partie de nous à présent, la rupture serait trop déchirante… Et puis on aurait toute la famille sur le dos. Les parents ne comprendraient pas, ils prendraient ça pour une trahison, ils l’aiment tellement. Quant aux enfants, n'en parlons pas... ils ont besoin de repères, on ne peut pas les déstabiliser comme ça, faire passer nos caprices avant leur équilibre. Pourtant, on ne peut s’empêcher de jeter un œil sur les sites, et alors là les tentations se multiplient... Elles ont toutes l’air plus belles qu’elle, plus coquettes, ou tout du moins différentes, chacune dans son style. Des envies d’exotisme nous prennent, de nouveaux horizons… Et soudain une idée nous traverse : pourquoi pas l’échangisme ? Après tout, ce serait la moins mauvaise solution. Des milliers de personnes le pratiquent paraît-il, et ça marche, ils sont contents. Tout se passe bien quand c'est fait dans le respect des autres et selon des règles bien définies. Ils donnent leurs témoignages et leurs conseils ici. Finalement, nous n’allons peut-être pas la vendre cette maison de campagne ! (Madeleine, à la manière de Vagant ;-))

04 septembre 2007

Franchement, ça devient grave!

 

   De retour de vacances, nous consultons notre messagerie. Nous sommes tous les deux face à l'ordinateur, et décochons un à un les messages. Nous tombons sur celui-ci :

 

 Madeleine et Georges,

En souvenir d'une superbe soirée passée ensemble il y a quelques mois dans un joli espace du NO COMMENT ... De passage à nouveau dans la capitale, nous serions très ravi de vous revoir . Nous vous proposons de passer une nouvelle soirée ensemble dimanche soir 09 septembre au Château des Lys ...

A très bientôt.

Julie & Antoine.

Madeleine se tourne vers moi, l'air dubitatif.

- Tu te souviens de cette soirée ?

- Non, ça ne me dit rien.

Silence prolongé, interrompu par un éclat de rire.

- Franchement, ça devient grave, si on ne souvient plus des gens avec qui l'on fait l'amour!

- Oui, j'ai un peu honte. Est-ce que nous ne serions pas en train de devenir des « échangistes » comme tout le monde !

- Allons, allons, ne mets pas les choses aux pires! plaisante Madeleine.

-  Je ne vois cependant aucun moyen de me rappeler cette soirée. C'est perdu à jamais. Qu'allons-nous répondre à cette Julie et cet Antoine, qui ont l’air si sympathiques !

- Mais, mon chéri, tu oublies que tu as raconté toutes nos soirées libertines, il te suffit de relire les récits du No Comment, et tu identifieras sans peine ce couple.

- Où avais-je la tête ! Franchement, ça devient grave ! Non seulement j'oublie avec qui nous baisons, mais en plus j'oublie que tout est consigné dans le blog ! Il serait peut-être temps que je fasse un break

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