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29 octobre 2007
Histoire de Phedra (2)
Voici ce que j'ai écrit à Phedra en réponse à son message…
« Je te réponds bien tardivement, ma petite Colombe d’Ebène, et j’espère que tu ne m’en veux pas… C’est que ton message m’a laissé pantois ! Quelle pénétration, quelle perspicacité ! J’en suis tout bouleversé. Comme je suis démasqué, il ne me reste plus qu’à te révéler cette vérité ultime qui n’intervient, en principe, que dans le dernier chapitre d’un roman policier… Voici donc l’emploi du temps, heure par heure, du criminel :
Planning de Georges à la date du 15 octobre 2007.
8h07. Bilqis (Topheril), avec qui j’ai dîné la veille, et qui, contre toute attente a fini dans mon lit, dort encore à poings fermés. Elle est belle quand elle dort. Je la réveille sans le vouloir en bougeant mon bras, où sa tête était appuyée. Elle ouvre ses grands yeux, frémit, se colle contre moi ; nous refaisons l’amour doucement ; elle gémit tout bas : « my God, my god... ». Je lui dis : « Reste ici dormir. Prends ton temps, moi je dois sortir, j’ai un rendez-vous. Claque la porte derrière toi, my love. » Elle me répond à peine, et se rendort…
10h10. Je m’excuse auprès de Grazielle (Bityparaben) de mon retard. Elle s’est maquillée comme jamais. « Cela fait combien de temps maintenant qu’on est ensemble ? », me demande-t-elle tout attendrie. « Je ne sais plus, deux ans, trois ans peut-être… » « J’ai envie de t’embrasser, j’aime toujours autant tes lèvres. » Moi : « Ne te gêne pas, personne ne nous connaît ici (nous sommes dans un café d’un petit musée de la Rive gauche) ». Elle m’offre ses lèvres luisantes... je sens son parfum capiteux se fixer aux miennes. Nous revisitons le passé, nous nous rappelons les bons souvenirs, lorsque nous étions amoureux. Elle me quitte avec une sorte de regard triste : « On se revoit bientôt ?... ». Je lui réponds : « Je te serai fidèle, dans l’infidélité, jusqu’au bout, ma chérie ».
Midi 30. Je suis place d’Italie, je cherche le restaurant où m’a donné rendez-vous Madivha (Phenil Trimethicone). Je le trouve enfin, c’est un resto thaïlandais ; elle n’est pas encore arrivée, je l’attends en feuilletant Le Parfum de Süskind que je viens, je ne sais pas pourquoi, d’acheter dans un Relais H.. Elle survient. Je vois son ombre dans l’embrasure de la porte. Je sors mon appareil-photo et la prends. Elle est splendide ; ses cheveux noirs tombent en cascade sur sa poitrine. Je lui offre la rose mauve que j’avais préparée pour elle. « C’est ma couleur préférée !… ». Pour me remercier, elle m’embrasse dans le cou. Je sens monter en moi une bouffée de désir. Pendant tout le repas nous nous embrassons mentalement. C’est sublime. Nous nous quittons ; j’ose la prendre dans mes bras : son odeur d’Hexil Cinnamal se répand sur mes vêtements. Je suis tout étourdi. Dehors il fait soleil.
15h30. Après avoir longé les quais, je me rends à l’hôtel Balzac, près de la Concorde où Catleya – c’est le surnom que je lui ai donné – (Benzyl Benzoate) m’attend dans une chambre somptueuse. Elle m’a prévenu : « Je ne sais pas si je suis prête… » Je l’avais coupée au téléphone, la veille, en lui disant : « A vrai dire, mon non plus, et puis les hôtels tu sais... » Elle est allongée sur le lit : une fragrance de Salicylate enveloppe l’atmosphère. Elle a mis des dessous rouge sang qui font ressortir ses formes éclatantes. Je suis très excité. Elle aussi. Je la caresse, sa tête descend le long de mon ventre, et avec un naturel confondant, elle prend mon sexe dans sa bouche. Je jouis très vite. Je me sens un peu couillon d’avoir joui si rapidement. Je décide de rendre hommage à son corps. Je glisse ma tête entre ses jambes et la fais jouir à mon tour en faisant rouler son petit bijou indiscret dans ma bouche. « Je n’aime que les huîtres avec perle », lui dis-je (après coup, je trouve cette phrase un peu lourdingue)
18h 34. Revenu à la maison, je reçois un coup de fil d’Alda (Butylphényl). « Elle est prête », elle m’attend aux Marronniers comme prévu. Je mets ma tenue de cuir intégral, et descend la rue Zola, c’est à ce moment que Phedra (musc) m’appelle : « Je suis revenu de Genève exprès pour toi, j’ai annulé ma soirée Pyjama ! » « Sans blague ! On peut se voir alors ? Chez toi ? » « Ok, chez moi, mais tard !... » « C’est-à-dire ? » « Vers 11 h », « ça marche ! Je te rappelle tout à l’heure, dès que j’ai fini mon petit scénario… » Aux Marronniers, Alda avec ses bottes de cuir, attend notre personnage, Cyril (parfum non identifié). Tout se passe comme prévu. Alda lui demande de se maquiller et d’aller au Cox où je l’attends pour vérifier qu’il fait bien ce qu’on lui dit. Au Cox, il n’y a que des Pédés (mélange indistinct de rose, vanille, cèdre, ambre, gardénia, bois de santal et d'amarante, lis, lierre, kumquat, orchidée, violette, tubéreuse... et de SEXE). Dans la foule abondante, je manque Cyril. Frustré je rentre à la maison, et laisse Cyril avec Alda prendre le taxi, et se rendre dans la ville de Choisy, où l’attend la divine Béatrice (Méthoxydibenzoylmétane). On verra bien ce qui se passera !… Je les laisse se débrouiller toutes seules ; après tout, le scénario est écrit, il n’y a plus qu’à le jouer. Phedra, vers 10h00, m’envoie un SMS : « Je suis impatiente ». Mon cœur bondit de joie. Moi aussi, je suis impatient.
Minuit trente. J’aperçois la chevelure de Phedra dans la nuit. « Je suis défoncée, me dit-elle, dé-fon-cée! ». Après pas mal de péripéties, nous réussissons à pénétrer dans sa chambre, où nous nous enfermons à l’abri des accès de colère du beau-père (un mec « à tuer », « un vrai psychopathe », dit-elle écumant de rage). Nous écoutons de la musique Rap , nous parlons de l’Afrique, etc. Puis, Phedra décide de me faire un massage. Rude, mais agréable ! Elle est très excitée, mais dans le sens nerveux du terme. Presque hystérique. Elle reprend une ligne. Je lui vole un ou deux baisers au passage, mais elle se défile sans cesse, comme la petite vipère d'Hoffmann. Vers cinq heures du matin, nous décidons d’un commun accord de nous « reposer ». Elle s’allonge à côté de moi, mais reste à une certaine distance. Je suis déçu : elle ne se blottit pas contre moi comme je l’aurais voulu. Curieusement, elle a gardé mon écharpe blanche, que j’avais aspergée de Hugo Boss (version classique) avant de venir. Finalement, vers six heures, elle décide qu’il faut se lever : sa mère va arriver aux aurores... Nous nous séparons, en pleine nuit, devant la gare d'Auteuil, après une marche frénétique sur le boulevard jonché de feuilles mortes.
10:45 Publié dans 1. JOURNAL | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
Je vous ai donc raté ! Il faut dire que je n’en menais pas large…
Ecrit par : Cyril | 29 octobre 2007
Je ne sais pas comment j'ai fait pour vous rater!... (il faut dire que je n'en menais pas large non plus!!!!)
Ecrit par : Georges à Cyril | 29 octobre 2007
J’étais pourtant juste à gauche en rentrant, le dos bien calé contre un poteau, un demi en main sous la mitraille des regards incandescents. Je les ai si bien esquivés que j’ai dû louper le vôtre.
Ecrit par : Cyril | 29 octobre 2007
Votre emploi du temps m'épate vraiment ! Me livrerez-vous le secret de votre forme? A moins qu'il ne réside justement dans ces plaisirs différents et multiples au cours de la journée! En tout cas un vrai jouisseur de chaque instant, non?
Texte très chouette, rythme incroyable : on s'imagine à vos côtés, en attachée de presse ou assitante, à suivre le moindre de vos gestes!
Ecrit par : Fée d'Hiver | 31 octobre 2007