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17 novembre 2007

Notre 5ème soirée au No Comment (I)

   Nos soirées au « NC » (c’est le code que nous utilisons pour en parler librement en public), se suivent (à une fréquence très espacée – notre dernière apparition là-bas datant de presque un an) et ne se ressemblent pas ! Celle de l'autre soir mérite à plus d’un titre d’être racontée, ne serait-ce que pour montrer, une fois de plus, que la réussite d’une sortie en club tient souvent à un fil… Oui, cette soirée fut, n’ayons pas peur des mots, extraordinaire, bien qu’elle faillît, à un moment donné, tourner à la catastrophe. Les deux premières heures nous apportèrent la joie sans mélange du renouement avec un lieu que nous chérissons depuis l’origine. Oui, nous eûmes un vif plaisir à réemprunter l’escalier monumental qui conduit aux salons, à retrouver le guéridon couvert de sucreries multicolores, à nous blottir dans le canapé dans cette douce anxiété de la « suite », à savourer notre petit verre de cognac (une habitude que nous avons prise en club) ; à réentendre les première notes de certain tube, devenu pour nous familier, et sonnant depuis lors à nos oreilles comme une réminiscence de frissons nouveaux... Oui ce furent des retrouvailles bien douces que ces deux heures passées à se réapproprier les lieux, et qui nous confirmèrent un peu plus dans l’idée que, pour retrouver l’excitation innocente des débuts, pour en retrouver la saveur spéciale, il faut espacer ses sorties.

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Vers minuit et demi, je poussai, seul, la petite porte conduisant aux « chambres de la volupté », pour constater, avec stupéfaction (vu l’heure peu tardive), que les affaires étaient déjà très avancées. Le lit king size était jonché de corps ; quinze ou vingt couples enchâssés se donnaient du plaisir dans une atmosphère silencieuse, presque religieuse, n’eût été l’écho sourd de la musique, qui rappelait le caractère profane du lieu… La brutalité de cette vision orgiaque produisit son effet : je me découvris excité. Comme un enfant devant un étalage de friandises,  je me fis soudain envie de ces chairs à portée de ma main. En club, sans monnaie d’échange, l’homme seul, qu’il soit beau ou laid, n’a aucune chance de parvenir à ses fins. Il est exclu. Aussi n’esquissai-je aucun geste, trop certain du refus qui me serait opposé, même poli. Je me contentai du spectacle des corps intriqués, dont l’enchevêtrement compliqué n’était pas sans évoquer le Jugement dernier de la Chapelle Sixtine, à ceci près qu’aucun Brachettone n’était venu recouvrir d’un voile pudique ce que nul ne saurait voir... Je l’avoue, à cet instant, il ne m’aurait pas déplu de me mêler à cette foule de damnés. Au lieu de cela, je m’assis sagement au bord du gouffre, en attendant Madeleine.

( A suivre)

Commentaires

Assister, au spectacle lubrique de la sensualité, et de la volupté dans toute sa splendeur...

Ecrit par : L'impératrice | 18 novembre 2007

Mais que faisait donc Madeleine?

Ecrit par : françois | 18 novembre 2007

voilà, je vous trouve enfin !

Curieuse de vous lire, je vous avoue !

Ecrit par : longuesjambes | 19 novembre 2007

J’aime beaucoup ce regard. Vous seriez-vous inspiré de ceci : http://www.bnf.fr/pages/cultpubl/exposition_731.htm ?

Ecrit par : Vagant | 21 novembre 2007

Merci!
Non, je ne suis pas inspiré de "ceci", en revanche il est déjà prévu que je m'y rende... Peut-être nous y croiserons-nous...

Ecrit par : Georges à Vagant | 24 novembre 2007

Elle sirotait tranquillement son cogniac... A moins qu'elle n'eût déjà repéré un joli minois qui terminerait dans notre lit. Avec Madeleine, on ne sait jamais...

Ecrit par : Georges à François | 24 novembre 2007

Votre curiosité sera satisfaite, mais j'ai la fâcheuse habitude (on me la reproche assez) d'interrompre mes récits (feuilletons) par des intermèdes...

Ecrit par : Georges à longuesjambes | 24 novembre 2007

J'attends la suite avec impatience !

Ecrit par : Alexis | 26 novembre 2007

Etes-vous certain que l'homme seul soit systématiquement exclu?

Ecrit par : Lilly | 11 décembre 2007

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