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26 novembre 2007

Tous les chemins mènent rue de Ponthieu

   Madeleine m’a quelque fois fait part, sans jamais (hélas) me donner de détails, de certaines coïncidences troublantes dans les rendez-vous que lui fixaient ses amants… Paris est vaste mais il arrive, par une sorte d’ironie vaudevillesque, que deux hommes songent, le même jour, à rencontrer leur maîtresse, dans le même hôtel… Ces choses-là, penserez-vous, n’arrivent que dans Guitry ou Feydeau... Eh bien pas du tout ! Et si l’on rit de ces situations quiproquolines quand on est spectateur, on en frémit quand on est acteur !… Depuis que notre vie a pris, disons, un tour libertin (dont les pages de ce blog tracent la chronique quotidienne), il y a une rue qui revient en permanence dans mon histoire, c’est la rue de Ponthieu. Pas étonnant, me direz-vous, puisque cette rue est celle-là même où le No Comment a élu domicile, et qu’elle est aussi celle où mon coquin de dentiste me raconte ses frasques, et où, souvenez-vous, j’avais envoyé Grazielle et Madeleine pour se faire soigner les dents… Mais la coïncidence ne s’arrête pas là et va bien au-delà! Qu’on en juge par ce qui va suivre.

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Le 2.. octobre dernier, vers midi, je me trouvais chez mon dentiste. Pendant toute la séance, mon téléphone, demeuré dans ma veste, ne cesse de sonner. Mon bourreau, impatienté, interrompt l’intervention, se redresse, et me lance avec un sourire complice : « El faut qué céla soit oune affairre biene ourgennte pour qu’on vo harrcèle à sé point … ». Je hoche la tête, embarrassé. En sortant, je consulte en hâte ma messagerie : Dado m’invite le soir même dans un restaurant du huitième ; mais elle veut une réponse immédiate, parce qu’elle habite en banlieue, et que… etc. Je la rappelle sur-le-champ : « Ok, mais de quel restaurant s’agit-il ? » « Je ne me souviens plus exactement de son nom, tout ce que je sais c’est qu’il se trouve en haut de rue de Ponthieu… » Le soir, nous nous retrouvons dans le dit restaurant. Mon mobile (que j’ai oublié de désactiver) sonne. « Tu permets ?... », dis-je à Dado en sortant précipitamment. Dehors il pleut des cordes. Je m’abrite comme je peux sous le hautvent : c’est Belkis. Elle me demande ce que je fais maintenant… si je suis libre…. Je lui réponds, gêné, que je dîne avec une amie… « Et après, qu’est-ce que tu fais? Cela te dirait de passer prendre un verre chez moi ?...» « Pourquoi pas, mais dis-moi d’abord où tu habites ? » « Rue de Ponthieu ». Je décline l’invitation en priant pour que son appartement ne donne pas sur le restaurant. Avant de raccrocher, je lui demande à quel numéro elle habite ? » « Le 2.., pourquoi ? » « Ah ! ça c’est drôle alors ! » « Qu’est-ce qu’il y a de drôle ? » « C’est que… C’est que… vois-tu, mon dentiste habite exactement dans la même rue que toi, au 3.. » Le lendemain, vers midi, Madhiva me téléphone pour s’enquérir du lieu de rendez-vous que j’ai convenu avec elle. Je lui réponds que je n’ai pas encore décidé, que d’ailleurs je m’en remets (pour une fois) à elle, étant donné qu’elle connaît bien mieux que moi les bars "chics" de la capitale… « Justement, ça tombe bien, me répond-elle enthousiaste, il y a un bar que j’adore qui se trouve rue de Ponthieu… » Je me retiens de lui dire : « Mais qu’est-ce que vous avez toutes avec cette rue de Ponthieu ! » Quelques jours plus tard, vers 11h30 du soir, Madeleine et moi sommes dans la rue de Ponthieu… Nous nous apprêtons à vivre notre cinquième soirée au No Comment. Passant devant le numéro 2…, je jette un petit coup d’oeil discret aux fenêtres de l’appartement de Belkis ; j’aperçois plus loin le restaurant où j’ai dîné avec Dado, et tout au bout, le bar "chic" où j’ai bu un verre avec Madhiva. Personne. Je me dis en souriant : "Il y a doit y avoir un Ponthieu pour les libertins…"

22 novembre 2007

Blog et journal intime + une autre version de "Mon rabibochage avec Grazielle (dialogue n°7)"

   Quelle différence existe-t-il entre un journal intime et un "blog intime" ? La question a été posée. Elle n’est pas simple, pas aussi simple, en tout cas, que Françoise le dit. En principe, les journaux intimes (ou "personnels") sont des écrits à caractère privé non destinés, voire interdits, au public, mais on sait, grâce aux travaux de Philippe Lejeune, qu’en réalité leurs auteurs aspirent (inconsciemment et fortement), en dépit des obstacles matériels (serrure) ou symbolique (« n’ouvrez pas ces carnets ») qu’ils élèvent entre eux et le lecteur, à être lus... un jour. Au reste, on ne compte pas le nombre de journaux intimes publiés (surtout par les hommes, semble-t-il), quelques-uns d’un intérêt documentaire et d’une qualité littéraire exceptionnels. Le blogger, à l’inverse du diariste, rêve d’être lu par le plus grand nombre, et c’est seulement parce qu’il ne dispose pas des moyens éditoriaux adéquats (le livre, la presse, la revue, etc.), qu’il publie ces textes - par défaut donc - sur un blog. Cependant, et en raison même de la faiblesse de son lectorat, sa démarche rejoint latéralement celle du diariste : certain en effet de ne pas être lu par ses proches et amis, protégés de surcroît par l’anonymat d’un pseudo, le blogger se livre avec presque autant d’abandon que le diariste, à cette différence près qu’il sait qu’il sera lu immédiatement (quand bien même cela serait par une poignée de lecteurs), alors que le diariste écrit pour lui-même, remettant à plus tard, se réservant la possibilité de reprendre ultérieurement son texte, de l’améliorer pour lui donner une forme plus littéraire, au moment d’une publication éventuelle. Conséquence de cet écart de temporalité scripturale, le blogger se surveille, se censure, là où le diariste se néglige, se lâche, quitte à se corriger plus tard…

   Pour pratiquer depuis plusieurs mois, parallèlement, l’écriture du blog et l’écriture du journal, je sais d’expérience ce qui sépare l’un et l’autre. On m’a reproché dernièrement à mots couverts, quoique amicaux, avec ki c koi, d’avoir dérapé, d’être sorti du cadre, d’avoir glissé vers le journal intime, au seul prétexte que je donnais les noms de mes maîtresses…  Sans doute ne suis-je jamais allé aussi loin dans l’aveu de mes relations extraconjugales sur NOLDA, mais il ne me semble pas pour autant que cette note (comme celle consacrée à Phedra) appartienne à un autre registre, qu’elle soit "hors sujet". Ce que nous faisons dans NOLDA, je le rappelle pour la énième fois, c’est apporter un témoignage, aussi juste que possible, sur notre vie sentimentale et sexuelle. Or, cette vie est divisée en deux "sphères", communiquant rarement entre elles, qui sont d’un côté nos aventures libertines en couple, de l’autre nos relations parallèles en solo (mes maîtresses, ses amants...). Ce que nous cherchons à dépasser c’est le libertinage sous-contrôle ; ce que nous défendons, au contraire, c’est le libertinage total, seul moyen, pensons-nous, pour l’individu, de s’affranchir de la Possession amoureuse et de l’Exclusivité sexuelle. Entre le blog et le journal, il y a donc bien une différence, mais cette différence gît moins dans le contenu, que dans le point de vue porté sur les choses vécues, ici (avec le blog) maîtrisé, le cas échéant, orienté; là, avec le journal, débridé, brut, sans concesssion, anti-romanesque...

   Pour vous la faire mesurer cette différence, j’ai décidé, exceptionnellement, de publier un extrait de mon Journal racontant un épisode déjà raconté dans le blog. On jugera ce qui sépare la première version de la deuxième. Et on me félicitera sans doute, après l’avoir lue, de ne pas publier cette prose faite pour mourir dans les catacombes de mon ordinateur... en attendant une hypothétique renaissance !

Jeudi 15 novembre

Ce matin, appel de Grazielle. Elle veut me voir « tout de suite ». Je me souviens que c’était son anniversaire la semaine dernière, qu’elle nous y avait invités. Je cherche un fleuriste sur la place de F….. En vain. On me conseille d’aller chez Casto. Là-bas, il n’y a que des fleurs en plastique. Je suis au bord de renoncer, mais la caissière me dit que, près du cimetière, il y a un fleuriste. Je m’y rends. C’est un fleuriste spécialisé dans les fleurs tombales. « Vous vendez des fleurs… normales? ». « Bien sûr ! » « C’est pour un… anniversaire... ». « Je vais vous préparer ça ». Je ressors avec cinq roses blanches. Je me recoiffe dans l’ascenseur. La porte est entre-ouverte. Personne dans le couloir. Elle est dans la chambre, nue, une serviette sur la tête. On dirait une esclave dans un tableau de Ingres. Ses traits son grossiers.

 

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Quelle différence lorsqu’elle est apprêtée ! Elle me met un pot de crème hydratante dans les mains : « Tu peux m’en mettre sur les épaules ? » Je pose les fleurs sur la commode, et plonge la main dans le pot de graisse. « Je suis content de te voir ! » « Moi aussi » Nous échangeons des banalités. Je me force à paraître enjoué. « Merci pour les fleurs », me dit-elle. « Vous avez manqué quelque chose, cet anniversaire, c’était grandiose. Tout le monde a cotisé pour m’acheter un appareil numérique. » Je vais dans la cuisine pour préparer un café, comme j’en ai maintenant l’habitude (elle me dit depuis le début que « personne ne sait mieux doser le café que moi »). Elle m’appelle de nouveau pour lacer son corset, ça me prend un bon quart d’heure. J’essaye de l’amener sur le terrain qui me préoccupe. « Tu sais, depuis que j’ai un téléphone mobile, je suis comme toi... je reçois plein de coup de fil… » « De qui ? » me coupe-t-elle sèchement. « De… différentes personnes, des femmes à qui je donne mon numéro, et puis qui… » « Arrête, ou je t’étrangle. Je préfère qu’on change de conversation. Tu peux m’aider à attraper ce vase là-haut ? » « Bien sûr… » Je grimpe sur la chaise, elle en profite pour me caresser les fesses. « Excuse-moi, je n’ai pas pu m’en empêcher… » « Ne t’excuse pas… » Elle essaye une dizaine de paire de lunettes, toutes plus ridicules les unes que les autres. Elle veut mon avis. « Ecoute, franchement, aucune me plaît, quand tu les portes, t’as l’air d’une people ! Je te préfère sans. » Elle prend quand même la paire Lacoste. Je la prends en photo dans le séjour, avec et sans ses lunettes. Nous sortons enfin. Au restaurant, elle ressasse le passé. Toujours les mêmes histoires. Je sursaute quand elle me parle de Marylin et du texte qu’elle a retrouvé dans son sac. « Quoi, tu as ce texte encore avec toi ! » Elle revient sans cesse sur Madeleine. Elle voudrait que Madeleine l’aime, elle voudrait coucher avec elle, etc, etc. Je lui dis qu’il n’en est pas question, que Madeleine l’aime bien, mais qu’elle n’a aucune envie de coucher avec elle. A mesure qu’elle boit, elle devient de plus en plus sentimentale, elle prend à témoin nos voisins de restaurant : un vieillard, derrière nous, s’intéresse à elle, et lui fait des compliments galants, tandis que sa femme, en face, prend un air sombre. En se levant, elle me répète : « C’est formidable ce que nous vivons ! » Elle n’a toujours pas compris que j’étais passé à autre chose… Malgré tout, elle me touche. Nous marchons dans la rue, des hommes se retournent, nous regardent, semblent envier mon sort...

17 novembre 2007

Notre 5ème soirée au No Comment (I)

   Nos soirées au « NC » (c’est le code que nous utilisons pour en parler librement en public), se suivent (à une fréquence très espacée – notre dernière apparition là-bas datant de presque un an) et ne se ressemblent pas ! Celle de l'autre soir mérite à plus d’un titre d’être racontée, ne serait-ce que pour montrer, une fois de plus, que la réussite d’une sortie en club tient souvent à un fil… Oui, cette soirée fut, n’ayons pas peur des mots, extraordinaire, bien qu’elle faillît, à un moment donné, tourner à la catastrophe. Les deux premières heures nous apportèrent la joie sans mélange du renouement avec un lieu que nous chérissons depuis l’origine. Oui, nous eûmes un vif plaisir à réemprunter l’escalier monumental qui conduit aux salons, à retrouver le guéridon couvert de sucreries multicolores, à nous blottir dans le canapé dans cette douce anxiété de la « suite », à savourer notre petit verre de cognac (une habitude que nous avons prise en club) ; à réentendre les première notes de certain tube, devenu pour nous familier, et sonnant depuis lors à nos oreilles comme une réminiscence de frissons nouveaux... Oui ce furent des retrouvailles bien douces que ces deux heures passées à se réapproprier les lieux, et qui nous confirmèrent un peu plus dans l’idée que, pour retrouver l’excitation innocente des débuts, pour en retrouver la saveur spéciale, il faut espacer ses sorties.

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Vers minuit et demi, je poussai, seul, la petite porte conduisant aux « chambres de la volupté », pour constater, avec stupéfaction (vu l’heure peu tardive), que les affaires étaient déjà très avancées. Le lit king size était jonché de corps ; quinze ou vingt couples enchâssés se donnaient du plaisir dans une atmosphère silencieuse, presque religieuse, n’eût été l’écho sourd de la musique, qui rappelait le caractère profane du lieu… La brutalité de cette vision orgiaque produisit son effet : je me découvris excité. Comme un enfant devant un étalage de friandises,  je me fis soudain envie de ces chairs à portée de ma main. En club, sans monnaie d’échange, l’homme seul, qu’il soit beau ou laid, n’a aucune chance de parvenir à ses fins. Il est exclu. Aussi n’esquissai-je aucun geste, trop certain du refus qui me serait opposé, même poli. Je me contentai du spectacle des corps intriqués, dont l’enchevêtrement compliqué n’était pas sans évoquer le Jugement dernier de la Chapelle Sixtine, à ceci près qu’aucun Brachettone n’était venu recouvrir d’un voile pudique ce que nul ne saurait voir... Je l’avoue, à cet instant, il ne m’aurait pas déplu de me mêler à cette foule de damnés. Au lieu de cela, je m’assis sagement au bord du gouffre, en attendant Madeleine.

( A suivre)

14 novembre 2007

ki c koi

E*** est (et demeurait jusqu’à ces derniers mois), la seule à tout savoir.

Katleya en sait désormais autant que E***…

Grazielle ignore mes fredaines et l’existence de Nolda, en revanche elle connaît Madeleine (point commun avec E*** et Catleya), et mon goût pour le libertinage.

Natacha est au courant de mon mariage et de mes penchants volages (avec E***), mais ignore tout le reste.

A Belkis et Madhiva j’ai dit que nous étions un « couple libre », sans aller plus loin.

Vulcaine me soupçonne d’être un « mari volage »... Du libertin et de "l’écrivain", elle n’a pas idée.

Phedra est « convaincue » que je suis un inconstant et un débauché. Je lui ai avoué que j’étais « poète » à mes heures. En revanche elle me croit divorcé, bien que je lui aie dit que je fusse marié ! 

Dado ne veut rien savoir.

11 novembre 2007

Mon rabibochage avec Grazielle (dialogue n° 7)

   Grazielle. C’était son anniversaire la semaine dernière. Madeleine et moi étions invités. Heureusement, ce jour-là, on ne pouvait pas… Grazielle n’a toujours pas compris, semble-t-il, que les choses ont changé, qu’on ne pourra plus jamais aller, en couple, chez eux, comme jadis... Je lui dis que vais passer dans la matinée en coup de vent pour le lui souhaiter. « Passe ! », me lance-t-elle. J’achète un bouquet de roses blanches, et réserve deux couverts dans un restaurant du quartier. Quand j’arrive, la porte est ouverte. J’entends du fond de l’appartement : « Entre ! » Elle surgit dans le couloir, intégralement nue. « Tu tombes bien ! Viens me mettre de la crème dans le dos ». Je ne suis pas ici depuis deux minutes que je suis en train de lui masser les épaules !... « Je vais faire un café, avant que ça ne dégénère », lui dis-je en éclatant de rire. Elle prend mes roses, les embrasse, et les mets dans un vase. « Comme je suis contente de te voir ! » Je lui demande de s’habiller pour aller déjeuner dehors. Pendant qu’elle se maquille, se pomponne, etc., je bois mon café dans la cuisine… dans cette cuisine, où Marylin et elle m’avaient allumé… Elle me rappelle dans la chambre. « J’ai encore besoin de toi ! J’ai mis un corset, je voudrais que tu m’aides à le lacer… » Je m’exécute, impassible. Elle est presque prête. Elle se parfume, enfile sa petite veste de fourrure. « Attends ! s’écrie-t-elle soudain comme si elle avait oublié quelque chose de très important, mes lunettes de soleil ! » Elle ouvre un tiroir, dans lequel sont entassées pêle-mêle, une douzaine de paires.

- Je mets lesquelles ? Les Gucci, ou les Dior ? 

- Mais tu en as combien comme ça ???

- Une vingtaine…

- Mets celle-ci, mais crois-moi ce n’est vraiment pas nécessaire, le temps est couvert... 

Elle se décide pour les Lacoste. Juste avant de sortir, elle me demande de la prendre en photo dans le séjour… Dans le restaurant, nous bavardons du bon vieux temps, de ce temps où nous étions amants, quand Jacques ne savait pas encore … etc.  

- Ce jour-là, en lui révélant notre liaison, tu as fait une sacrée connerie ma chérie.

- (avec un air sombre) Ne parlons plus de cela… (retrouvant subitement sa gaieté) Tu sais ce que j’ai retrouvé hier dans mon sac ?...

- Non.

- Le texte que tu avais écrit sur nous… 

- Quel texte ???  

- Eh bien ce petit texte sur Marylin toi et moi, quand…  Tu ne te souviens pas ?… Mais si !... On était dans la cuisine, et après on avait failli…

- Ah , oui !… Je ne me souvenais pas de t’avoir donné ce texte… Et tu l’as gardé ?... C’est incroyable que tu me parles de cela maintenant…

- Oui, mon chéri, c’est incroyable. Mais c’est tout ce que l’on vit ensemble depuis toutes ces années qui est  incroyable, non ? Et d’ailleurs, tu veux que je te dises, toi qui écris si bien, tu sais ce que tu devrais faire ?

- Non.

- Tu devrais écrire notre histoire ! Tu devrais faire un ROMAN de ce que nous avons vécu tous les deux. 

- …

- Tu ne dis rien… Tu ne penses pas que ce serait une bonne idée, mon chéri ?... A quoi penses-tu ?... Je te vois sourire ?

- A rien. Je pense que tu as raison: que la vie est un roman

(Suite)

08 novembre 2007

Varia libertina (18)

Croisé ce matin, dans un couloir du métro, à la station Madeleine, une femme avec laquelle j’ai fait l’amour il y a dix-sept ans (j’ai calculé).

Elle ne m’a pas reconnu.

Quelques minutes plus tard, fixé intensément une jeune black jusqu’à la station Pyramide. Lui ai fait un clin d’œil, auquel elle a répondu par un sourire.

Sur l’avenue de France, échangé regards avec une femme très élégante, qui portait un petit sac vert Ladurée. J’ai fixé le sac, puis son visage, puis de nouveau le sac... Comprenant la signification de mon petit manège, elle a fini par sourire. Lui ai adressé un baiser avec la main, au moment où elle montait dans le bus.

Au retour, pris cette photo d’une publicité pour des lunettes, qui rappelle que, décidément, le libertinage est partout

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07 novembre 2007

Morceaux retrouvés.... dans mon ordinateur

   En mettant de l’ordre dans mon PC, je retrouve, dimanche dernier, deux fichiers portant des titres anodins. Je les ouvre, par curiosité, et y découvre, non sans étonnement, deux textes relatant des aventures assez anciennes, mettant en scène Grazielle. Il s’agit de scènes érotiques, dont l’intensité fut visiblement telle à ce moment-là que je les fixai le lendemain par écrit, à une époque, je le précise bien, où NOLDA n’existait pas encore, où je n’avais pas le réflexe d’écrire ce qui nous arrivait... Notre blog ayant vocation à témoigner de nos expériences érotiques plurielles (il rassemble 387 pièces à conviction à ce jour), ces deux morceaux y ont, je crois, leur place. On me pardonnera d’avance leur naïveté, leur médiocrité (littéraire), et leur crudité (amoindrie par quelques caviardages nécessaires) :  la première note raconte une expérience de trio avortée, la seconde une expérience de trio réussie.

   C’est par une belle après-midi de printemps. Elles sont toutes deux dans la cuisine : L’une, Marilyn, se tient immobile, assise, lascive… ; l’autre, Grazielle, s’affaire en tous sens. Posté dans l’entrée, je contemple cette scène. Après les présentations, quelques verres de rhum sont servis. La conversation, chaotique, s’engage, mais elle n’a aucune importance. Nous nous frôlons sans cesse. Electricité dans l'air. Les fesses de l’une s’appuient sur mes reins tandis que les seins de l’autre effleurent mon torse. Il me vient soudain l’idée saugrenue, impérieuse, de me mettre nu devant elles. Nos yeux se croisent, avides, transperçant nos vêtements. Il me semble que nous sommes déjà nus, que nous faisons l’amour mentalement. Cédant à la facilité (car je n’ai pas eu le courage de mettre mon projet de déshabillage à exécution) je propose à Grazielle, qui l’accepte, de lui « faire un massage ». Marilyn nous suit, indécise. Nous sommes maintenant dans la chambre tous les trois, un peu chancelants, ivre de rhum et d’amour. Je retrousse le pull de Marilyn et pose mes mains sur ses seins. Elle frissonne de plaisir, tout en se dérobant. Puis les choses s’emballent : Grazielle, d’un geste brusque, renverse Marylin sur le lit. Il faut en finir ! Elle résiste, se débat. Une course poursuite dans l’appartement commence. Nous nous télescopons dans le couloir. Rires. Enlacée à mon corps, Grazielle attire Marylin à elle. Dans le même temps, j’ôte d’un coup mon pull et leur offre mon torse, nu. Il y a alors un moment de grâce : tandis que l’une me caresse le ventre, l’autre glisse sa langue dans ma bouche…

   Nous sommes dans un petit studio en travaux. Grazielle et moi avons bu du champagne. A sa demande je l’ai prise sur un petit tabouret de bar. Elle s’est rhabillée pour aller chercher « quelqu’un ». J’attends, impatient de savoir qui va entrer ici... J’ai une petite idée, mais ne préfère pas y penser, tant cela me paraît trop beau... La porte s’ouvre, une voix inconnue résonne dans le vestibule. Surgit une femme grande, aux fesses saillantes, avec une bouche considérable : c’est une africaine d’une trentaine d’années. Elle me salue, s’assoit sur un fauteuil. Grazielle se précipite vers moi, me débraguette, m’entraîne vers sa copine, sors ma queue, et dit en éclatant de rire : « Regarde comme elle belle et grosse ! » Elle, sans une seconde d’hésitation, la prend dans sa main, et la met dans sa bouche. Pendant que sa copine s’active (comment s’appelle-t-elle au fait ? Ah, oui, Gladys), Grazielle m’embrasse avec fougue, tout excitée, l’œil malicieux. Gladys me suce comme jamais je crois on ne m’a sucé, moi qui craignais de ne pas bander, je durcis très vite, ma queue est raide comme une barre d’acier. Une espèce de frénésie s’empare de nous. Je caresse les seins de la grande black à travers son corsage, tandis que Grazielle commence à me déshabiller. J’ai hâte que Gladys soit nue aussi, hâte bizarrement d’en finir (c’est je crois ce qui se produit toujours quand on fait quelque chose d’excitant ou d’interdit pour la première fois). Ses seins sont plus petits que ceux de Grazielle. Nous évoluons vers le lit, sans nous cesser de nous embrasser et de nous caresser. Mes deux partenaires échangent des baisers tout en me branlant. Je me place derrière Grazielle qui s’est mise à quatre pattes. Pendant ce temps, Gladyss, affamée, me lèche les couilles de sa langue chaude. La suite est plus confuse : ce ne sont que caresses désordonnées, enlacements compliqués, excitation ponctuée de cris et de soupirs. Je me mets sur le dos pour accueillir Grazielle tandis que sa copine n’arrête pas de s’exclamer en voyant ma queue entrer et sortir dans sa chatte : « comme c’est beau ! Mon dieu, comme c’est beau ! ».

01 novembre 2007

Histoire de Phedra (3)

   Comme quelques-uns d’entre vous (mais combien franchement ?), Phedra, convaincue depuis le fameux test des odeurs, que j’étais un libertin cynique, un méchant Lovelace accumulant sans honneur ni distinction conquête sur conquête, a pris mon message au pied de la lettre, sans en soupçonner le caractère mystificateur. Sa réponse, où perçait une colère froide, me félicitait laconiquement de mes exploits, en me donnant congé.  Rideau. Comme à la belle Phedra, à qui j’ai voulu (cela était d’un goût discutable je l’avoue, mais elle m’en avait tellement fait voir cette fameuse nuit…) jouer un bon tour, je me dois, auprès de vous lecteur étourdi, de rétablir la vérité, au risque de passer, sinon, pour un Don Juan sans conscience, une Ruine de l'âme. Ce me sera l’occasion de faire une mise au point sur mes activités érotiques (je devrais dire « nos » activités, car il y a des analogies entre ce que Madeleine vit et ce que je vis), pour dissiper quelques malentendus sur le "personnage" de Georges. S’agissant pour commencer du planning adressé à Phedra, il va de soi qu’il est totalement fantaisiste. Certes, il m’arrive de donner deux rendez-vous dans une même journée, mais cela demeure exceptionnel – j’ai expliqué sinon, ailleurs, que la Journée des trois Femmes (voir Kundera) relevait du Miracle. Il m’aurait été, de toute façon, impossible matériellement (logistiquement) d’organiser une telle succession de rendez-vous ; surtout il me serait impossible moralement de l’envisager. Ce planning est donc fantasmatique... (Certains d’entre vous, peut-être, seront déçus (mais combien franchement?) de constater que je ne suis pas le Surmâle de l’amour qu’ils ont imaginé, mais tant pis, je préfère détruire ce mythe, et m’exposer tel que je suis, c’est-à-dire homme aimant plusieurs femmes, et se donnant les moyens de les aimer toutes, honorablement). Quelle était donc mon intention lorsque j’envoyai ce planning à Phedra : lui montrer par l’absurde qu’elle avait raison au-delà de tout ce qu’elle pouvait imaginer (d’où les allusions aux produits chimiques). En gros, je lui envoyais des signes contradictoires. Tu es convaincue que je suis un libertin volage, eh bien! je t’en donne confirmation au-delà de toute espérance ! C’est ce que tu voulais, non? Te voilà donc comblée : je suis ce monstre que tu voulais que je fusse. A toi, cependant, si tu es perspicace, comme tu l’as été (Ô combien!) olfactivement, de démêler, dans cette combinaison compliquée de mots, (qui vaut bien celle d'un parfum) le vrai du faux. Car dans ce planning, reconnaissons-le, tout n’est pas imaginaire, il y a une part de vérité... Ce que j’ai fait (je le dis pour vous lecteur, Phedra, elle, cherche encore…), c’est regrouper dans une seule journée, compresser, des petits instants amoureux vécus les semaines passées. Autrement dit, ce que je cherchais à dire à Phedra, et qu'elle a, je crois, fini par comprendre, c’est que je suis un Séducteur, mais pas un Coureur ; un Libertin, pas un Débauché. J’appelle coureur, l’homme qui court de femme en femme pour les baiser, qui passe de l’une à l’autre, sans distinction, pour tirer son coup. Or, je tiens à le dire solennellement, rien n’est plus éloigné de moi que cet état d’esprit, qui trahit, soit dit en passant, un grand mépris des femmes. Au reste, puisque l’on parle de « baise », je veux dire aussi qu’elle n’est en rien une priorité chez moi, et encore moins une obsession ; bien sûr, si une femme s’offre à moi intégralement, je ne la refuserai pas – surtout si elle m’attire, mais avec les femmes ce n’est pas cela qui guide mon comportement. Je passe beaucoup plus de temps à leur parler, à me promener avec elles, à les caresser rêveusement, qu’à les harceler pour qu’elle m’ouvre leur corps. Je regrette à ce propos, une fois de plus, que dans le monde libertin, la baise occupe une place si importante. Avec Sade, je tiens que les « jouissances de tête » valent bien les jouissance de sexe. Ce qui intéresse Georges et son épouse Madeleine, je le répète, c’est la séduction, ou ce qu’on appelle encore (mais le terme a été si galvaudé), le libertinage, c’est-à-dire une certaine scénographie de la volupté.

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