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17 mai 2008
Paraboles de Vulcaine (3)
Comme elle n’avait pas trouvé de coupes, elle avait pris la bouteille et l’avait vidée tout entière dans un saladier. Ravie de sa trouvaille, Vulcaine regardait les bulles qui bondissaient comme des folles à la surface… « Dommage, lui fis-je observer, qu’il soit physiquement impossible de boire dans le même verre… » Vulcaine sursauta, comme si cette réflexion l’atteignait personnellement. « Comment ça, physiquement impossible ? Comment ça physiquement impossible ? » Et d’un geste brusque, elle prit la jatte de verre à pleine main et l’approcha de mes lèvres : « Bois ! » - « Mais puisque je te dis… » - « BOIS ! » répéta-t-elle sur un ton qui ne souffrait aucune contestation. Tout en continuant de marquer ma désapprobation par un hochement de tête désabusé mais vaincu, j’appliquai ma lèvre supérieure sur le rebord du récipient, tandis que Vulcaine posait la sienne sur le bord opposé. Au moment de boire, comme j’opposais une résistance, elle tira si fort le saladier à elle, que celui-ci, déséquilibré, se renversa : une vague de vin déferla sur moi et se répandit sur mon torse nu : « « Tu vois ! éclatai-je triomphal quoique irrité, je te l’avais bien dit ! ».
Au lieu de riposter, Vulcaine resta muette plusieurs secondes. Je compris alors qu’elle suivait des yeux les petits ruisselets de champagne qui dévalaient ma poitrine, filaient tranquillement vers l’abdomen pour disparaître dans le bas-ventre. Toute occupée à la vision de cette cascade inopinée, elle ne m’écoutait plus... Soudain, elle posa ses deux mains sur moi, me renversa en arrière et me plaqua contre le lit. Alors, elle se pencha lentement – presque cérémonieusement – sur mon corps, et se mit à le lécher avec application. Sa langue s’enfonça d’abord dans mon cou, où le fleuve Champagne avait pris sa source ; dégringola ensuite dans la petite dépression située entre les deux collines (plutôt que monts) de ma poitrine, grimpa jusqu’au sommet de l’une d’entre d’elles, longea mes côtes par le flanc droit, puis gagna le nombril où un puits naturel s’était formé. Après y avoir lapé, jusqu’à épuisement, le divin breuvage, sa langue continua de sillonner gaiement à travers les plis et replis de mon ventre. Allait-elle s’aventurer plus bas, où l’attendait un dangereux récif ? A ma déception, la langue interrompit là son périple. Vulcaine se redressa, la bouche toute humectée de vin, les seins vernis d’alcool. Je retenais mon souffle. Je sentais mon sexe palpiter comme un insensé, quelque part au-dessous de moi. Irait-elle recueillir, sur sa langue, les dernières gouttes de champagne qui s’y étaient perdues (ou retrouvées) ? Contre toute attente, Vulcaine s’empara du saladier de champagne, et le renversa sur sa tête. Cheveux, joues, épaules, seins, reins, cuisses, tout fut baptisé ! Ce n’était plus Vulcaine battant le fer de la Passion, mais Vénus sortie des eaux de la Création. J’étais totalement abasourdi. Enfin, éclatant d’un rire sonore, elle ouvrit tout grand ses bras puissants, bomba sa poitrine conquérante, et me lança : « Eh bien !... Qu’est-ce que tu attends pour me boire ?
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