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09 juin 2008
Clélia, ou l'extension du domaine de l'Amour (2)
Comme ils se trouvaient devant le numéro 38 de la rue de Ponthieu, la porte blindée s’ouvrit devant eux, comme la herse du château de la Bête devant la Belle. Le trio s’avança, incrédule, dans l’entrée. Certes, ils étaient « entrés », mais seraient-ils admis ? La gérante des lieux, absorbée dans une opération de calcul derrière son comptoir, n’avait pas levé les yeux. Ils retenaient leur souffle. Enfin, s’avisant de leur présence, elle les lorgna par-dessus ses lunettes, et leur demanda : « Vos prénoms, s’il vous plaît ? » D’une voix mal assurée, Georges répondit : « Georges, Madeleine et… Clélia. ». La dame inscrivit leurs trois noms sur le carton. « Bonne soirée ! » leur dit-elle enfin tout simplement. Madeleine poussa un soupir de soulagement. Georges s’engagea dans l’escalier tournant. Clélia jetait des regards étonnés de tous côtés. Malgré l’heure tardive, la piste était déserte, seules les banquettes du salon central étaient occupées. Madeleine les entraîna à droite sur la petite terrasse surhaussée où se trouve la copie du fameux tableau des Gentilshommes du Duc d’Orléans dont l’original se trouve au Musée Nissim de Camondo.
Clélia s’assit au milieu du petit canapé ; Georges et Madeleine se placèrent de chaque côté de la jeune femme. Ses hochements de tête nerveux, aux questions qu’ils lui faisaient, trahissaient une extrême fébrilité. Madeleine passa son bras derrière le dos de la jeune femme ; Georges remarqua que ses doigts pianotaient sur la crête du dossier du canapé, à quelques millimètres du cou de Clélia. Il comprit par ce geste équivoque mais timide ce que Madeleine attendait de lui. Or, bien qu’il fût assuré du succès de sa démarche, Georges hésitait à l’entreprendre, la trouvant encore prématurée. Il calcula qu’ils n’étaient avec Clélia que depuis trois heures. Son désir lui dictait d’agir ; les convenances lui imposaient d’attendre (il redoutait un refus poli, quelque chose comme : « je ne suis pas encore prête, etc. »). Cependant, plus il retardait le moment décisif, plus il sentait sa volonté s’engourdir. Il aurait donné cher alors pour que Madeleine, habitée (il le savait) par la même envie irrépressible de la baiser, prît les choses en main. Il lui jeta un petit regard oblique où se marquait une espèce de détresse. Il comprit, à l’expression d’impuissance de son visage, qu’il ne pouvait compter que sur lui-même. Georges pesta intérieurement contre cet usage qui veut que l’homme prenne forcément l’initiative de la première caresse. Il était au bord de renoncer quand lui revint un vers d’un poète du XVIe siècle que Madeleine lui avait lu la naguère : « Qui désire vraiment, autrement n’agit » Cette maxime le fouetta : il prit sans réfléchir le visage de Clélia dans le creux de sa main droite, le fit pivoter doucement, et le conduisit vers le sien. La jeune femme, surprise de son geste, résista, mais quand elle eut croisé le regard fiévreux de Georges, elle baissa les paupières et s’abandonna. Ses lèvres s’entrouvrirent. Georges savoura plusieurs minutes le plaisir de cette bouche qui s’offrait à lui. Quand il rouvrit les yeux, il vit que la main de Madeleine caressait le genou droit de Clélia, et que cette main commençait à remonter sa robe. Loin de leur opposer résistance, Clélia favorisait leur avancée. Elle avait écarté les jambes, et ouvert tout grand ses bras à nos caresses. Georges glissa sa main sous la robe de Clélia. Y rencontra une peau brûlante ; Madeleine plongea la sienne dans son corsage. Y trouva de petits seins saillants ; maintenant les deux jeunes femmes s’embrassaient avec ivresse. A mesure qu’ils se découvraient (et s’enivraient de leurs découvertes), leurs gestes devenaient plus audacieux. Or, bien qu’ils fussent dans un lieu destiné à cet effet, ils n’étaient pas loin de dépasser les bornes de la pudeur. Georges en prit soudain conscience, lorsque, s’étant dégagé des bras de Clélia, il s’aperçut que ses deux seins étaient à découvert... Il se leva, demanda la main de la jeune femme en désordre, et lui dit : « Et si nous allions nous aimer ailleurs ?.... ».
(A suivre)
09:15 Publié dans 1. JOURNAL | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Commentaires
Hmmm... Ce moment si agréable où tout bascule, s'emballe pour ne s'arrêter que bien plus tard... Encore !
Ecrit par : Emeline | 09 juin 2008
je dirais même plus:
encore... encore !
(attention aux bornes de la pudeur au No Comment dont la direction tient à ce que les débordements restent soft en dehors des coins calins, ce n'est pas le moment de tout faire capoter)
Ecrit par : David & Vanessa | 09 juin 2008
Il me semble que vous êtes tous deux "habitués" du no comment, et pourtant vous vous dites soulagés d'être admis dans ce club. J'ai lu d'autres témoignages sur ce filtrage, où on est accepté un jour, refusé le lendemain. Y-a-t-il une explication à ces volte-face de la direction?
Ecrit par : françoise | 10 juin 2008
Nous n'avons jamais eu ce sentiment au No Comment, la direction ayant toujours été charmante, mais en l'occurence c'était parce que nous contrevenions à la règle du couple (rien n'est stipulé à propos des trios).
Ecrit par : Madeleine | 12 juin 2008
Sans être des 'habitués' du No Comment, nous avons eu l'occasion d'y passer plusieurs soirée et n'avons pas ressenti non plus ce côté 'aléatoire' de l'acceptation au club...
S'agissant d'un trio FFH il aurait été étonnant que l'on vous refuse l'entrée :-)
Ecrit par : David & Vaness | 13 juin 2008
