24 septembre 2009

A l'aveugle (1)

Ce sera entre chien ou loup. Ou peut-être plus tard. Tu devineras la lune derrière les nuages roses, si tu regardes le ciel. Mais non, tu regarderas plutôt le cadran de ta montre. Anxieusement. Bientôt neuf heures. Il m’a demandé de me trouver à l’angle de la rue des Martyrs (pourvu que cela n’en soit pas un !) et de la rue de Clauzel. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais le voici !... Je crois qu’il vient. Habillé tout de noir, est-ce bien lui ? Oui, je le reconnais à ses cheveux bouclés, qui m’ont tellement plu le premier jour… Il me regarde d’un œil amusé. Il me dit à l’oreille, en m’enlaçant : - « Tu as pensé aux lunettes noires ? » - « Elles sont dans mon sac. » Je les sors, et lui montre comme une élève montre son cahier au professeur. – « Bien. Maintenant, retourne-toi, je vais te mettre quelque chose sur les yeux. C’est bien que tu aies mis ton chapeau, comme cela personne ne te remarquera… » Il ajuste un masque, un loup je suppose, mais sans les ouvertures (!). Délicatement. Puis place les lunettes noires par-dessus. Désormais je n’y vois plus rien, et je tremble. Heureusement il me prend par le bras. Je vacille un peu. – « Fais attention, suis-moi doucement, et surtout ne dis plus rien. Si tu parles le Charme disparaîtra d’un coup. Si la panique s’empare de toi, et que tu veux arrêter le jeu alors, prononce le nom de code qui signifiera que tu veux tout interrompre, et je me plierai à tes ordres. Ce nom de code est AMOUR. En attendant c’est moi qui donne les ordres ! Nous allons marcher un peu et entrer quelque part. Accroche-toi bien à mon bras, et concentre-toi sur tout ce qui se passe autour de toi, en toi aussi. Et bien sûr, ne tente pas de tricher en regardant par-dessous, ou sur le côté. Il faut jouer le jeu. C’est la règle. C’est notre contrat. Nous faisons quelques pas. La rumeur des voitures et des gens pénètre tes oreilles. Ton cœur bat très fort. Nous sommes silencieux. Mais soudain il reprend la parole. – « Je n’ai pas vérifié mais, je n’en doute pas, tu es bien nue sous ta robe, n’est-ce pas ». – Oui, dis-je timidement. » - « Alors continuons, ce n’est plus très loin. Nous sommes presque arrivés. Mais surtout. Concentre-toi, CONCENTRE-TOI !... »

Commentaires

Si je puis me permettre, il me semble qu'il y a un petit mélange entre les « je » et les « tu » dans ce récit, le tout mélangé avec les dialogues, ce qui laisse une impression confuse. Mais je me suis CONCENTRÉ ;-) et la trame narrative ne m'a pas échappée.

J'attends donc patiemment la suite.

Ecrit par : Comme une image | 29 septembre 2009

très bon.

Ecrit par : Mc David | 08 octobre 2009

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