<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>Nos Liaisons dangereuses</title> <description>Journal et réflexions d'un couple libertin</description> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/</link> <lastBuildDate>Wed, 23 Jul 2008 11:45:47 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/07/15/postlude-a-l-apres-midi-d-un-faune.html</guid> <title>Postlude à l'après-midi d'un Faune</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/07/15/postlude-a-l-apres-midi-d-un-faune.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Tue, 15 Jul 2008 23:05:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Trois heures du matin. Réveil en sueur. Madeleine est à mes côtés, profondément endormie. Le drap a glissé jusqu’à ses chevilles. Ses fesses rondes et puissantes émergent dans la pénombre. Mon excitation est si forte qu’elle me fait souffrir. Ma queue palpite sourdement. Je sais que je ne retrouverai pas le sommeil avant l’aube. Je me lève et fais quelques pas dans la chambre. Mais sur le lit le corps offert de Madeleine continue de me narguer&amp;nbsp;; je suis comme un lion dans sa cage. Je décide alors de m’aventurer au dehors. Dans le couloir, pas un bruit. Tout dort. La queue toujours dressée, je descends l’escalier et me promène tranquillement dans le salon. Je suis vaguement conscient du risque que je prends à déambuler comme un faune en rut dans la maison familiale, mais c’est plus fort que moi. Je tiens ma queue dans la main droite, la caresse doucement, les yeux fermés.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/00/7185a063ce695d2dfce7e67a0498d665.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-223325&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/00/7185a063ce695d2dfce7e67a0498d665.jpg&quot; alt=&quot;7185a063ce695d2dfce7e67a0498d665.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-223325&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Une nouvelle idée me vient, plus forte que celle de profaner ces lieux figés dans l’ennui. Je veux maintenant sortir de cette maison et me branler sous la lune&amp;nbsp;; je veux voir ma semence jaillir dans la nuit. Je me lève pour mettre mon projet à exécution, mais à cet instant une ombre surgit dans le couloir. - «&amp;nbsp;Ah, toi aussi tu as une insomnie&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» C’est ma belle mère, en petite nuisette&amp;nbsp;; elle se dirige à petits pas rapides vers le canapé où je suis assis la main sur la queue. Je n’ai que le temps de lui dire, avant qu’elle n’allume l’halogène. «&amp;nbsp;N’allume pas&amp;nbsp;! Je suis tout nu&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Aussitôt, elle fait demi-tour et disparaît dans la cuisine. Mon sexe a fondu d’un coup. La fête païenne est finie. Je remonte l’escalier, et me glisse tout penaud sous les draps…&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/23/ma-lettre-a-sophie-calle-par-madeleine.html</guid> <title>Ma lettre à Sophie Calle (par Madeleine)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/23/ma-lettre-a-sophie-calle-par-madeleine.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>2. REFLEXIONS</category>   <pubDate>Mon, 23 Jun 2008 19:40:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Chère Sophie Calle,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/04/dephasages-culturels.html&quot;&gt;Après avoir vu l’exposition&lt;/a&gt; dans laquelle vous avez, avec un brio incontestable, réussi à transformer en œuvre d’art (ou en &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.bnf.fr/PAGES/cultpubl/exposition_825.htm&quot;&gt;expérience artistique&lt;/a&gt;) une lettre de rupture qui vous a été réellement adressée, j’ai eu envie de prendre à mon tour la plume pour interpréter ce texte ou plutôt, pour donner mon humble avis.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est vrai, c’est une lettre de rupture, c’est sans appel, c’est dur à encaisser (j’imagine). Je comprends que vous ayez voulu surmonter votre chagrin, votre dépit, votre colère, votre honte peut-être aussi, en convoquant, comme le dit Christine Angot, des &quot;bataillons de femmes&quot; pour vous venger en disséquant cet homme à travers ses pauvres et faibles mots.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il y avait de quoi dire, et elles ne s’en sont pas privées, solidarité féminine oblige&amp;nbsp;: la lâcheté, l’incohérence, le caractère manipulateur ont été épinglés facilement&amp;nbsp;; que ce soit au regard de la philosophie morale ou de la graphologie, il ne faisait aucun doute qu’il était coupable.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Moi aussi, je l’avoue, en lisant sa lettre je l’ai trouvée alambiquée, et un peu fourbe, cette façon de reporter sur vous la faute.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais en somme, de quoi s’agit-il&amp;nbsp;? D’un homme qui avoue qu’il ne peut vous être fidèle. Ce que je trouve lâche ici, c’est surtout la nécessité qu’il éprouve de vous en informer. Je sais que beaucoup mettront cela au contraire sur le compte d’une honnêteté très louable, mais moi j’y vois surtout un manque de courage. Passons. Le problème n’est-il pas dans ces conditions que vous avez posées, 1) d’être la seule et l’unique 2) de cesser tout contact le jour où vous ne le seriez plus&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Visiblement, ce n’était pas le genre d’homme à qui on pouvait arracher une telle promesse et surtout dont on pouvait réellement espérer qu’elle soit respectée.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est donc un peu vous qui avez condamné d’avance cette relation, en décrétant ces règles draconiennes. Pourquoi avoir eu peur ainsi des Autres, pourquoi ne pas avoir eu suffisamment confiance en vous pour ne pas craindre de les voir accaparer une attention qui devait naturellement vous revenir&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Un mot cependant me met sur la piste… il est question dans la lettre de votre refus de devenir la «&amp;nbsp;quatrième&amp;nbsp;». Vu sous cet angle, c’est certain, la perspective n’était pas très encourageante… cela me fait penser au &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.telerama.fr/cinema/quand-sophie-calle-fait-son-cinema,29923.php&quot;&gt;court-métrage&lt;/a&gt; projeté à l’exposition de Laetitia Masson, où Aurore Clément joue votre rôle et vous jouez le rôle de la confidente. L’histoire est un peu différente, il s’agit d’une femme qui découvre une liste, la liste de toutes les femmes que son amant a «&amp;nbsp;eues&amp;nbsp;». Plus grave, elle découvre que son nom est en avant-dernière position. Je mentirais en disant que je n’ai pas moi-même en aversion l’idée de faire partie d’une de ces listes, d’un tableau de chasse qu’un séducteur n’aurait de cesse de compléter, d’être noyée parmi tant d’autres souvenirs féminins. Cela m’a même plutôt fait fuir les «&amp;nbsp;tombeurs&amp;nbsp;» pour leur préférer les hommes moins ou in-expérimentés, avec lesquels au moins je ne courrais pas ce genre de risque.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais à moins d'utiliser ce subterfuge,&amp;nbsp;de toute façon assez inefficace, comment éviter de n’être qu’ «&amp;nbsp;une parmi tant d’autres&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Pas en imposant à nos hommes une chasteté et une fidélité impossibles (de toute façon vous ne pourrez pas contrôler leurs désirs, leurs rêves, leurs fantasmes, cela revient au même). D’une certaine manière je dirai que c’est à eux de nous faire sentir, quel que soit le nombre de leurs maîtresses passées ou simultanées, que nous sommes &lt;em&gt;uniques&lt;/em&gt;. Si votre amant n’était pas capable de faire cela, de vous rassurer sur ce point, alors il n’y a pas de regrets à avoir.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce que je dis est valable aussi pour nous (les femmes), quand nous nous piquons d’avoir plusieurs relations en même temps. Pour moi la moindre des politesses est déjà de garder la discrétion la plus grande par rapport à cela, d’éviter toute comparaison (cela va sans dire mais.. il vaut mieux le dire parfois&amp;nbsp;!) et de ne donner aucun motif de jalousie à l’un comme à l’autre. Qu’ils sachent (en théorie) qu’ils ne sont pas les seuls, fort bien, mais qu’ils n’en aient jamais aucune preuve tangible, aucune image précise, sinon c’est de la cruauté, à mon sens.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Ensuite, il nous incombe de leur faire comprendre ce qu’ils nous apportent de spécial, ce qu’on trouve en eux et dans personne d’autre.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; A cette condition seulement les règles que vous avez imposées pouvaient être oubliées et vous auriez encore un amant, infidèle certes, mais ayant peut-être encore assez d’attraits pour vous le faire oublier...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/02/f42a4cee37ab7092f1c2066566b62653.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-212091&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/02/f42a4cee37ab7092f1c2066566b62653.jpg&quot; alt=&quot;f42a4cee37ab7092f1c2066566b62653.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-212091&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/20/le-retour-d-eternity.html</guid> <title>Le retour d'Eternity!</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/20/le-retour-d-eternity.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Fri, 20 Jun 2008 10:30:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;em&gt;Elle est retrouvée!&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;em&gt;Quoi?&amp;nbsp;L'éternité...&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-family: Garamond&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: black; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;C’était, il y a longtemps, bien longtemps. Le blog en était encore à ses balbutiements. Ce qui m’occupait alors, c’était une jeune personne, nommée Eternity, que j’avais rencontrée dans un train. Il y avait eu coup de foudre. Très vite, trop vite sans doute, je lui avais parlé de moi, de Madeleine, de &lt;em&gt;nous&lt;/em&gt;, de notre conception du couple. Elle y avait adhéré avec enthousiasme. Paru y&amp;nbsp;adhérer. Mon idée fixe, ma monomanie du moment, était d’&lt;em&gt;offrir&lt;/em&gt; cette femme à Madeleine. C’est ce que j’avais appelé alors un peu maladroitement le «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2006/02/22/mercredi-22-fevrier.html&quot;&gt;cadeau de Madeleine&lt;/a&gt;&amp;nbsp;». Puis les choses avaient mal tourné. Soudain, alors qu’Eternity avait eu l’air &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2006/02/25/une-conversation-avec-eternity-extrait.html&quot;&gt;d’accepter l’idée de nous rencontrer&lt;/a&gt;, elle s’était murée dans le silence, ou plutôt dans le sommeil... Elle ne répondait plus, faisait la morte. J’avais décidé alors de lui envoyer &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2006/04/04/eternity-suite-et-fin.html&quot;&gt;un ultimatum&lt;/a&gt;, auquel elle n’avait pas daigné répondre. Cette histoire m’avait atteint. Parfois quand il m’arrivait de tomber par hasard sur &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2006/03/03/une-photo-d-eternity.html&quot;&gt;la photo qu’elle m’avait donnée&lt;/a&gt; d’elle allongée au bord de l’eau, j’avais des battements de cœur, des retours de nostalgie… Son image me poursuivait malgré moi, et avec elle, le rappel douloureux de mon échec. Pourquoi diable n’avais-je pas réussi à la séduire, à la convertir... Quelle erreur avais-je commise&amp;nbsp;? J’étais resté sur ce constat d’échec d’une occasion inespérée d’amour à trois, gâchée par ma faute… Du coup je n’avais pas hésité à ranger Eternity dans la &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2007/12/21/histoire-de-mes-f.html&quot;&gt;liste de mes fiascos&lt;/a&gt;. Cependant, j’avais fait mon deuil d’elle, deuil facilité par le fait qu’elle vivait à New-York, et que je n’avais donc plus aucune chance de la rencontrer. Mais le hasard, hier soir, en a décidé autrement. A la terrasse d’un café banal de Poissy,&amp;nbsp;une femme&amp;nbsp;est là assise, la tête haute, impassible. C’est Eternity&amp;nbsp;! Je m’assois. Elle me sourit. Je suis ému. Son visage a changé. Sans même que je lui demande&amp;nbsp;: elle m’explique tout. Elle a rompu parce qu’elle ne voulait pas «&amp;nbsp;briser le bonheur&amp;nbsp;» que je lui avait dépeint comme «&amp;nbsp;idéal&amp;nbsp;» avec Madeleine. Je suis soulagé de l’entendre formuler ce que je soupçonnais depuis longtemps, mais en même temps, cette histoire me semble si lointaine, que son explication me laisse vaguement indifférent… Il y a eu, depuis, tant de chemin parcouru&amp;nbsp;! Je ne trouve à lui dire que cette phrase&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu n’as pas été seulement une femme marquante pour moi, tu as été une femme &lt;em&gt;décisive&lt;/em&gt;. Après toi, plus rien n’a été pareil.&amp;nbsp;» C’est à son tour de me demander des explications. Mais je suis pressé, et la laisse avec ce mystère.&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/16/la-princesse-de-lome-rabibochage-n-10.html</guid> <title>La Princesse de Lomé (Rabibochage n° 10)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/16/la-princesse-de-lome-rabibochage-n-10.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Mon, 16 Jun 2008 09:20:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Allo, &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2007/07/06/ma-rupture-avec-grazielle.html&quot;&gt;Grazielle&lt;/a&gt;, je suis en bas... Je peux passer&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Bien sûr mon chéri, monte! Je t’attends…&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- J’arrive.&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Euh…. Attends une minute, Thaïs rentre à l’instant…&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Eh bien, tant pis, ce sera &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;pour une autre fois…&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Non ! Viens quand même&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;(&lt;em&gt;Grazielle est dans la cuisine en train de faire la vaisselle. Thaïs s’est enfermée dans sa chambre&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Quoi de neuf&amp;nbsp;? Cela fait au moins trois semaines qu’on ne s’est pas vu&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Normal, j’étais à Lomé.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Qu’est-ce que tu faisais à Lomé&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- J’étais invitée par le président.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Rien que ça&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Il m’a reçu comme une princesse. J’étais dans un palace avec du champagne à volonté. J’avais un chauffeur pour moi toute seule.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;(&lt;em&gt;Thaïs entre, nous nous saluons, elle retourne dans sa chambre&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- T’as vu les lolos qu’elle a ma fille&amp;nbsp;! Presque aussi gros que les miens&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- …&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Tu m’aimes toujours mon chéri&amp;nbsp;? (&lt;em&gt;Elle agite sa grosse poitrine sous mes yeux&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;- Mais bien sûr, Grazielle&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Là-bas, sans blague, j’ai vécu comme une reine.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Dis donc, ça doit pas être facile de se remettre à la vie normale après tout ça&amp;nbsp;! S’occuper des enfants, travailler, faire le ménage… A ce propos, je te vois astiquer ta gazinière depuis dix minutes, tu aurais largement les moyens de te payer une femme de ménage&amp;nbsp;? Une princesse ne frotte pas le carreau, que je sache&amp;nbsp;? Pourquoi tu fais le ménage toi-même&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Je ne sais pas… ça me détend&amp;nbsp;!... Sans rire, le président, les ministres, tout le monde était en admiration devant moi. J’étais &lt;em&gt;trop belle&lt;/em&gt;&amp;nbsp;!...&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Je n’en doute pas, Grazielle&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Et puis, là-bas, j’ai fait de ces fiestas&amp;nbsp;!...&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Tu as été sage au moins&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– On a bien essayé de me refiler une petite enveloppe mais j’ai résisté...&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Une petite enveloppe&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Ben oui, c’est comme ça que ça marche là-bas. Quand tu veux une fille, tu déposes une petite enveloppe sur la table avec quelques milliers d’euros. Si tu la prends, tu passes à la casserole. Au fait, quand est-ce que tu m’achètes une bague&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Mais tu en as plein les doigts&amp;nbsp;! Où la mettrais-tu&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– (&lt;em&gt;désignant son index&lt;/em&gt;) Entre celle-ci et celle-là.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Mmm…&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;-&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Par contre, je te le dis d’avance, pas d’argent&amp;nbsp;! De l’or, hein&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– J’essayerai de m’en souvenir, Grazielle.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Je n’ai jamais autant dansé de ma vie. Des nuits entières. Au point qu’un soir j’ai eu pitié du chauffeur. Je l’ai appelé (il attendait dans sa Mercedes tout seul) et je lui ai dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mamadou, vous pouvez y aller, je me débrouillerai toute seule.&amp;nbsp;» Tu sais ce qu’il m’a répondu Mamadou.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Non&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– «&amp;nbsp;Mais Madame Grazielle, c’est impossible, si je rentre chez moi, je perds mon boulot&amp;nbsp;». Tu te rends comptes&amp;nbsp;! Tiens, je vais te faire écouter sur quoi je dansais à Lomé. (&lt;em&gt;Elle met un CD, tourne le bouton du volume, et se met à danser un coupé-décalé dans la cuisine. Prise par la musique, elle n’entend pas Thaïs qui&amp;nbsp;a surgi&amp;nbsp;dans l’entrée.&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Maman&amp;nbsp;! Tu peux baisser, s’il te plaît !&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;(&lt;em&gt;Grazielle continue de danser, de bouger ses fesses au rythme du tam-tam&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Maman&amp;nbsp;! Tu peux baisser le volume s’il te plaît, j’arrive pas à travailler. MAMAN&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;(&lt;em&gt;Finalement, voyant que sa mère ne réagit pas, Thaïs va baisser la musique elle-même puis repart sans un mot dans sa chambre. Grazielle reste&amp;nbsp;plusieurs&amp;nbsp;secondes, pliée en deux, en équilibre sur un pied, tourne la tête vers moi, l'oeil fiévreux&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;– Tu es toujours aussi fou de moi&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;–&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; …&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/02/528f9467b4154bf449b25f5d273f17b1.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-208241&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/02/528f9467b4154bf449b25f5d273f17b1.jpg&quot; alt=&quot;528f9467b4154bf449b25f5d273f17b1.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-208241&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/09/clelia-ou-l-extension-du-domaine-de-l-amour-2.html</guid> <title>Clélia, ou l'extension du domaine de l'Amour (2)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/09/clelia-ou-l-extension-du-domaine-de-l-amour-2.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Mon,  9 Jun 2008 09:15:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comme ils se trouvaient devant le numéro 38 de la &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2007/11/26/tous-les-chemins-menent-a-la-rue-de-ponthieu.html&quot;&gt;rue de Ponthieu&lt;/a&gt;, la porte blindée s’ouvrit devant eux, comme la herse du château de la Bête devant la Belle. Le trio s’avança, incrédule, dans l’entrée. Certes, ils étaient «&amp;nbsp;entrés&amp;nbsp;», mais seraient-ils &lt;em&gt;admis&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? La gérante des lieux, absorbée dans une opération de calcul derrière son comptoir, n’avait pas levé les yeux. Ils retenaient leur souffle. Enfin, s’avisant de leur présence, elle les lorgna par-dessus ses lunettes, et leur demanda&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vos prénoms, s’il vous plaît&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» D’une voix mal assurée, Georges répondit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Georges, Madeleine et… Clélia.&amp;nbsp;». La dame inscrivit leurs trois noms sur le carton. «&amp;nbsp;Bonne soirée&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» leur dit-elle enfin tout simplement. Madeleine poussa un soupir de soulagement. Georges s’engagea dans l’escalier tournant. Clélia jetait des regards étonnés de tous côtés. Malgré l’heure tardive, la piste était déserte, seules les banquettes du salon central étaient occupées. Madeleine les entraîna à droite sur la petite terrasse surhaussée où se trouve la copie du fameux tableau des &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lesartsdecoratifs.fr/fr/04museecamondo/03visite/01collections/salon_bleu_oeuvre1.html&quot;&gt;Gentilshommes du Duc d’Orléans&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; dont l’original se trouve au &lt;a href=&quot;http://www.lesartsdecoratifs.fr/fr/04museecamondo/03visite/index.html&quot;&gt;Musée Nissim de Camondo&lt;/a&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/fe2f553fb9ee470eaba417225be23377.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-204152&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/fe2f553fb9ee470eaba417225be23377.jpg&quot; alt=&quot;fe2f553fb9ee470eaba417225be23377.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-204152&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Clélia s’assit au milieu du petit canapé&amp;nbsp;; Georges et Madeleine se placèrent de chaque côté de la jeune femme. Ses hochements de tête nerveux, aux questions qu’ils lui faisaient, trahissaient une extrême fébrilité. Madeleine passa son bras derrière le dos de la jeune femme&amp;nbsp;; Georges remarqua que ses doigts pianotaient sur la crête du dossier du canapé, à quelques millimètres du cou de Clélia. Il comprit par ce geste équivoque mais timide ce que Madeleine attendait de lui. Or, bien qu’il fût assuré du succès de sa démarche, Georges hésitait à l’entreprendre, la trouvant encore prématurée. Il calcula qu’ils n’étaient avec Clélia que depuis trois heures. Son désir lui dictait d’agir&amp;nbsp;; les convenances lui imposaient d’attendre (il redoutait un refus poli, quelque chose comme&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;je ne suis pas encore prête, etc.&amp;nbsp;»). Cependant, plus il retardait le moment décisif, plus il sentait sa volonté s’engourdir. Il aurait donné cher alors pour que Madeleine, habitée (il le savait) par la même envie irrépressible de la baiser, prît les choses en main. Il lui jeta un petit regard oblique où se marquait une espèce de détresse. Il comprit, à l’expression d’impuissance de son visage, qu’il ne pouvait compter que sur lui-même. Georges pesta intérieurement contre cet usage qui veut que l’homme prenne forcément l’initiative de la première caresse. Il était au bord de renoncer quand lui revint un vers d’un poète du XVIe siècle que Madeleine lui avait lu la naguère&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Qui désire vraiment, autrement n’agit&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» Cette maxime le fouetta&amp;nbsp;: il prit sans réfléchir le visage de Clélia dans le creux de sa main droite, le fit pivoter doucement, et le conduisit vers le sien. La jeune femme, surprise de son geste, résista, mais quand elle eut croisé le regard fiévreux de Georges, elle baissa les paupières et s’abandonna. Ses lèvres s’entrouvrirent. Georges savoura plusieurs minutes le plaisir de cette bouche qui s’offrait à lui. Quand il rouvrit les yeux, il vit que la main de Madeleine caressait le genou droit de Clélia, et que cette main commençait à remonter sa robe. Loin de leur opposer résistance, Clélia favorisait leur avancée. Elle avait écarté les jambes, et ouvert tout grand ses bras à nos caresses. Georges glissa sa main sous la robe de Clélia. Y rencontra une peau brûlante&amp;nbsp;;&amp;nbsp;Madeleine plongea la sienne dans son corsage. Y trouva de petits seins saillants&amp;nbsp;; maintenant les deux jeunes femmes s’embrassaient avec ivresse. A mesure qu’ils se découvraient (et s’enivraient de leurs découvertes), leurs gestes devenaient plus audacieux. Or, bien qu’ils fussent dans un &lt;a href=&quot;http://www.nocommentclub.com/accueil.php&quot;&gt;lieu destiné à cet effet&lt;/a&gt;, ils n’étaient pas loin de dépasser les bornes de la pudeur. Georges en prit soudain conscience, lorsque, s’étant dégagé des bras de Clélia, il s’aperçut que ses deux seins étaient à découvert... Il se leva, demanda la main de la jeune femme en désordre, et lui dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Et si nous allions nous aimer ailleurs&amp;nbsp;?....&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;(A suivre)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/04/dephasages-culturels.html</guid> <title>Déphasage culturel</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/04/dephasages-culturels.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>2. REFLEXIONS</category>   <pubDate>Wed,  4 Jun 2008 22:10:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il fut un temps où les oeuvres d’art ayant pour thème l’Amour recevaient notre adhésion spontanée, et parfois enthousiaste&amp;nbsp;: nous partagions sincèrement la douleur de la femme trompée&amp;nbsp;; nous compatissions avec l’homme dupé. C’était simple. Il nous arrivait même, comme les autres, de rire masochistement des mésaventures du cocu. Tout était normal en somme. Et puis progressivement les choses ont changé&amp;nbsp;: nous nous sommes mis à ne plus comprendre pourquoi les gens se déchiraient pour ces raisons-là. Dans tel opéra, l’héroïne se lamentait sur les inconstances de son amant. Pourquoi&amp;nbsp;? Dans tel roman, un homme traitait sa femme de putain, parce qu’elle avait couché avec un mec. Quelle idée? Dans tel film, un couple se sépare puis se réconcilie, après que l’un a promis à l’autre un amour éternel et fidèle… So what&amp;nbsp;? Tout d’un coup, ces histoires qui nous avaient émus, ces histoires qui avaient déclenché des discussions sans fin sur l’infidélité, ces histoires «&amp;nbsp;universelles&amp;nbsp;» fondatrices de notre culture se révélaient dérisoires, absurdes, presque comiques. Une épouse reproche à son mari de la «&amp;nbsp;tromper&amp;nbsp;»… oui&amp;nbsp;! et en quoi, s’il vous plaît, cette conduite est-elle anormale, immorale, ou scandaleuse&amp;nbsp;? En fait, cela fait trois ans que nous ne marchons plus dans les intrigues fondées sur la félonie amoureuse, l’expropriation sexuelle et la dépossession sentimentale – lesquelles intrigues, rappelons-le, forment le substrat d’une grande partie des productions culturelles passées et présentes.&amp;nbsp;Lorsqu’on a dépassé le stade primitif de la Jalousie, quand on a tourné le dos au schéma de l’amour exclusif pour goûter aux joies du polyamour, les affres de l’amant trahi paraissent bien risibles, les pleurs de la maîtresse déçue bien puérils. De notre déphasage croissant avec le discours dominant des artistes sur l’amour (censés pourtant nous offrir ce qu’il y a de plus sophistiqué, ou de plus avancé, en la matière), nous avons fait l’épreuve encore samedi dernier après avoir vu l’exposition de Sophie Calle à Richelieu (&quot;&lt;a href=&quot;http://www.bnf.fr/PAGES/cultpubl/exposition_825.htm&quot;&gt;Prends soin de toi&lt;/a&gt;&quot;), et le soir même &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.evene.fr/culture/agenda/les-belles-soeurs-19113.php&quot;&gt;Les Belles sœurs&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; au théâtre Saint-Georges. Nous donnons ces deux exemples pour montrer que, à quelque pôle de l’art qu’on se situe (avant-garde ou arrière-garde), le discours reste le même, les croyances identiques.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/02/51471a5053dc0a52a60dcbfb8408a048.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-201546&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/02/51471a5053dc0a52a60dcbfb8408a048.jpg&quot; alt=&quot;51471a5053dc0a52a60dcbfb8408a048.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-201546&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Commençons par &lt;i&gt;Les Belles sœurs&lt;/i&gt;. Cette comédie réunit dans une maison de campagne trois frères et leurs épouses. C’est une réunion de famille ordinaire. Sauf qu’il y a une invitée surprise&amp;nbsp;: une femme très belle, très sexy, très «&amp;nbsp;impressionnante&amp;nbsp;», dont il s’avère au cours du repas qu’elle a été la maîtresse des trois frères (successivement ou simultanément, on l’ignore…). Les belles-soeurs sont furieuses. L’une gifle son mari, les deux autres retournent «&amp;nbsp;chez leur mère&amp;nbsp;». La salle pleure de rire. Nous aussi, avouons-le, et d’assez bon coeur. Mais sur le chemin du retour, dans la rue froide, nous reprenons nos esprits, et nous faisons la réflexion que le ressort exclusif de cette pièce repose sur une fidélité de principe entre époux. Ôtez ce principe, remplacez-le par une philosophie du partage et la pièce s’écroule. La jeune femme déboule dans la réunion de famille, on devine qu’elle a couché avec les trois hommes&amp;nbsp;: on l’admire au lieu de l’honnir. Au lieu de réprimander les maris comme des gosses, on leur demande ce qu’ils ont ressenti. On enquête sur les charmes et les secrets de l’Autre. On s’approche d’elle comme d’une déesse dont on veut recueillir les oracles. On la caresse, on la dispute aux maris, qui sourient tendrement de cette concurrence inopinée. Avec Sophie Calle, on pouvait espérer une sortie de l’impasse. Las&amp;nbsp;! L’exposition qu’elle a conçue (magistrale par ailleurs au plan du dispositif) autour de la lettre de rupture reçue de l’un de ses amants (lettre qu’elle demande à une cinquantaine de femmes – juriste, philologue, psychanalyste, écrivain, musicienne – de commenter) débouche sur les mêmes régressions. Son auteur (un libertin invétéré, qui a juré un peu légèrement fidélité à Sophie Calle) est jugé coupable de (haute) trahison. On ne lui pardonne pas d’avoir cassé le contrat d’exclusivité amoureuse qu’il avait signé avec l’artiste. Toutes les femmes lui tombent dessus à bras raccourcis et griffus, et ne trouvent pas de mots assez durs pour condamner sa duplicité. Le problème c’est que, dans cette histoire, personne se demande pourquoi Sophie Calle a exigé de cet homme ce que manifestement il n’était pas capable, et surtout n’avait pas envie (en raison de sa manière de vivre) de lui donner, à savoir l’assurance qu’il l’aimerait elle seule, et qu’il renoncerait à toutes les autres. Pourquoi, se demande-t-on après parcouru pendant trois heures les allées de cette immense exposition, avoir déployé tant d’énergie à se venger de la félonie d’un quarantenaire volage&amp;nbsp;? (Christine Ango est la seule à faire remarquer, avec un peu d’ironie, que Sophie Calle n’aurait pas dû convoquer un escadron de femmes pour régler ses comptes personnels avec ce coquin de séducteur…). Est-ce qu’il n’aurait pas été plus simple, plus habile et moins puéril, d’accepter les conditions de cet homme, plutôt que de lui en imposer d’exorbitantes. Sophie Calle dit qu’elle n’a pas supporté d’être la «&amp;nbsp;quatrième&amp;nbsp;»... Je conviens qu’il n’est jamais très agréable d’être la énième sur la liste, mais qui empêche la victime de constituer la sienne&amp;nbsp;? Et d’ailleurs&amp;nbsp;: pourquoi raisonner en terme de «&amp;nbsp;liste&amp;nbsp;», comme s’il s’y avait un classement, une hiérarchie, des maîtresses et des sous-maîtresses, et des sous-sous-maîtresses&amp;nbsp;? N’est-il pas concevable qu’une femme soit la quatrième, et occupe malgré tout une place importante dans le cœur d’un homme? Sophie Calle, aveuglée par son amour-passion est incapable de voir tout cela, cette grande artiste se révèle inapte à penser qu’une femme (ou un homme) puisse être unique sans pour autant être l’Unique. On nous objectera, que si cette évolution est souhaitable au plan des moeurs, elle ne l’est peut-être pas au plan artistique (l’art se nourrissant de la mise en péril provisoire de notre modèle amoureux – provisoire car tout rentre dans l’ordre à la fin –). Cela reste à prouver… Le dix-huitième nous avons montré le chemin, nous l’avons perdu depuis, je ne désespère pas qu’on le retrouve un jour...&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/30/la-rencontre.html</guid> <title>La Rencontre</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/30/la-rencontre.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Fri, 30 May 2008 12:05:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; D’abord il avait fallu convaincre Courbet (un type pas facile) de peindre des dizaines de tableaux pour faire une exposition. Ensuite il avait fallu persuader un ministre de faire passer un métro sous la capitale. Enfin il avait fallu exiger d’Alessandro Baricco qu’il finît au plus vite (car le temps pressait) son petit roman. Eux n’avaient pas idée des efforts déployés. Naïvement, ils avaient mis cela sur le compte du Hasard. Le Hasard&amp;nbsp;! alors qu’on avait retourné ciel et terre, qu’on avait harcelé jour et nuit deux artistes, fait travailler sans relâche des milliers d’ouvriers (dont certains étaient morts), pour obtenir ce miracle&amp;nbsp;: leur Rencontre. Le jour dit, elle était sortie de la rétrospective Courbet vers 18h00, ravie, heureuse, vaguement excitée aussi… Parfait&amp;nbsp;! C’était exactement l’état dans lequel on voulait la mettre. Lui avait passé l’après-midi à lire &lt;i&gt;Soie&lt;/i&gt; dans le jardin de la Vallée Suisse (jardin qu’on avait fait construire tout exprès pour qu’il fût à proximité d’elle, quand elle sortirait). En refermant la dernière page du livre, il s’était senti tout mélancolique, comme désireux d’autre chose... Il avait contourné, songeur, le Grand Palais par la gauche, et s’était engouffré dans la bouche de métro de la station Champs-Elysées-Clémenceau. Il était alors très exactement 18h15. Ce qu’il ignorait c’est qu’à cette seconde (les horaires de fermeture du jardin et du musée ayant été ajustés à cet effet), elle prenait le même chemin. Il n’avait pas été facile de contrôler leur progression à l’un et l’autre afin qu’ils parvinssent sur le quai simultanément, mais on y était parvenu en plaçant des gens en travers de leur chemin, pour ralentir leur marche, si nécessaire.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/3637262fe0c16d09966f0c7fd8911561.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-198738&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/3637262fe0c16d09966f0c7fd8911561.jpg&quot; alt=&quot;3637262fe0c16d09966f0c7fd8911561.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-198738&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Agglutinés sur le quai, les voyageurs avaient du mal à dissimuler leur fébrilité. Est-ce qu’un incident technique de dernière minute n’allait pas tout compromettre&amp;nbsp;? Avec ces métros on n’est sûr de rien. Heureusement, et bien qu’on n’eût procédé à aucune répétition, tout fonctionna à merveille. Les portes s’ouvrirent. Les passagers firent semblant de se bousculer en entrant, artifice grâce auquel le jeune homme et la jeune femme se retrouvèrent face à face. Il y avait cependant encore un risque... C’était qu’il ne levât pas les yeux et se replongeât dans son roman. Aussi avait-on bien insisté auprès de Baricco pour qu’il racontât une histoire certes passionnante, mais pas au point que son lecteur ne pût s’en déprendre… Il fallait qu’après sa lecture, celui-ci conservât le goût de la vie réelle. Pour elle, connaissant sa curiosité naturelle des êtres et des choses, on n’avait aucune crainte, on savait qu’elle le regarderait. De fait, il se mit à feuilleter son livre, mais, à la faveur d’une petite bousculade provoquée intentionnellement par un passager, il releva la tête, et c’est alors qu’il &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; vit. Ses yeux étaient très grands. Au bout de quelques secondes, elle les baissa théâtralement. A la station Miromesnil, il eut un violent battement de cœur. Il sortit alors son stylo et griffonna quelque chose. Elle se demandait bien ce qu’il fabriquait. L’aurait-il &lt;i&gt;reconnue&lt;/i&gt;&amp;nbsp;? Elle hésitait à lui envoyer des signes encourageants. Lui se creusait la tête pour savoir comment il l’aborderait. C’est alors qu’il se rappela qu’il avait un livre entre les mains. Son visage s’éclaira. Sa décision était prise. Comme elle descendait à la station Clichy, il la suivit. Loin d’entraver sa poursuite, les voyageurs s’écartèrent pour lui frayer un chemin. Il accéléra le pas&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Excusez-moi, lui dit-il quand il fut parvenu à sa hauteur, je voudrais vous offrir ceci.&amp;nbsp;» Elle s’arrêta, examina le livre, puis, le lui remettant entre les mains, dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je l’ai lu, j’adore&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Il eut du mal à cacher sa déception. «&amp;nbsp;Alors, prenez au moins le marque-page&amp;nbsp;», reprit-il avec une gaieté forcée. Elle prit la carte, lui sourit, et disparut. Il remarqua le regard moqueur d’un homme qui observait la scène. Il attendit pendant une semaine. Pas de nouvelles. Il l’oublia. Il était apparemment &lt;em&gt;écrit&lt;/em&gt; qu’il ne la reverrait plus. Mais un jour (il s’était passé plus de six mois), il reçut un SMS. «&amp;nbsp;Bonjour. Je vous invite ce soir à une Rencontre autour de la sortie de mon livre&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/21/clelia-ou-l-extension-du-domaine-de-l-amour.html</guid> <title>Clélia, ou l'extension du domaine de l'amour</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/21/clelia-ou-l-extension-du-domaine-de-l-amour.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Wed, 21 May 2008 21:35:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comment s’étaient-ils rencontrés&amp;nbsp;? Par &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/01/30/hasards-objectifs.html&quot;&gt;le plus &lt;i&gt;objectif&lt;/i&gt; des hasards&lt;/a&gt;. Où&amp;nbsp;? Dans un restaurant de l’avenue Georges V. Elle attendait quelqu’un qui n’était pas venu. En paraissait fort contrariée... Leurs tables étaient voisines. Elle avait posé une question sur la carte. Entre eux et elle, une petite conversation s’était engagée sur les spécialités du restaurant (Eux, c’était nous, Georges et Madeleine&amp;nbsp;; la spécialité, c’était &lt;i&gt;Le Tigre qui pleure&amp;nbsp;&lt;/i&gt;; elle, c’était Clélia). Comme ce prénom était romanesque&amp;nbsp;! Oui sans doute, mais, leur avait-elle expliqué, «&amp;nbsp;Clélia&amp;nbsp;» c’était d’abord le prénom de sa grand-mère, dont elle honorait la mémoire en portant le sautoir d’escarboucles. Pendant qu’elle leur montrait le bijou, Georges avait noté le regard insistant de Madeleine sur la gorge de Clélia… «…&amp;nbsp;honorait la mémoire&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» reprit-il, intrigué. «&amp;nbsp;Ma grand-mère, dit-elle en s’animant, a eu une vie très rangée, très &lt;i&gt;comme il faut&lt;/i&gt;, mais un jour, elle m’a confié qu’elle était dévorée de désirs inavouables, qu’elle se consumait de l’intérieur, qu’elle aurait voulu faire des choses insensées... Cette confidence m’a bouleversée, et après sa disparition, je me suis promis de donner une consistance matérielle à sa vie rêvée. En fait, j’ai décidé de vivre tout ce que ma grand-mère s’était interdit de vivre, c’est-à-dire, dit-elle très vite comme si elle s’était soudain aperçue de l’audace excessive de ses paroles, de &lt;em&gt;réaliser ses fantasmes&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Madeleine soupira. Son gilet avait glissé de ses épaules, dévoilant un très audacieux corset rose. Comparée à la toilette de Clélia, qui portait une robe écrue de style Récamier, celle de Madeleine aurait pu passer pour provocante.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/01/1d3c143685cb79fe0936513671e8849c.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-193959&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/01/1d3c143685cb79fe0936513671e8849c.jpg&quot; alt=&quot;1d3c143685cb79fe0936513671e8849c.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-193959&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Voyant que le couple et la jeune femme avaient noué connaissance, un serveur proposa de rapprocher leurs tables. Celles-ci étaient maintenant collées l’une contre l’autre. Georges, depuis un quart d’heure, avait une envie folle de poser sa main sur les genoux de Clélia, dont il contemplait les boucles sur le front, et les beaux yeux clairs quand elle se tournait vers lui. Madeleine l’y invitait par des jeux de regards. On leur apporta le dessert. Sans se consulter, ils poussèrent leurs trois assiettes au centre de la table, et le partagèrent. Ils n’avaient pas beaucoup bu, mais ils étaient très gais. Presque tous les clients étaient partis. Georges, malgré sa bonne humeur, devenait soucieux. Que se passerait-il quand on apporterait l’addition&amp;nbsp;? Se séparerait-on en se souhaitant une bonne nuit. Poursuivrait-on ensemble la soirée, et si oui, où&amp;nbsp;? Il hésitait à proposer quelque chose. A une question qu’il osa finalement poser sur son expérience du libertinage, Clélia répondit cependant de manière encourageante, disant qu’elle y faisait «&amp;nbsp;ses premiers pas&amp;nbsp;». Elle finit même par leur avouer cette chose incroyable (incroyable même aux yeux de Madeleine), qu’un soir, «&amp;nbsp;sans savoir pourquoi, vraisemblablement par curiosité, elle avait eu l’idée d’aller tout seule dans un &lt;i&gt;club&lt;/i&gt;…&amp;nbsp;» Madeleine se redressa, comme électrisée. Georges, concentré, l’écoutait. «&amp;nbsp;Et alors&amp;nbsp;?...&amp;nbsp;», reprit Madeleine, incapable de dissimuler son impatience. Clélia parut deviner ce qu’on attendait d’elle, balbutia… C’est à ce moment que Georges lui prit doucement le bras et lui dit&amp;nbsp;: « Vous plairait-il de prendre un dernier verre avec nous &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2007/11/26/tous-les-chemins-menent-a-la-rue-de-ponthieu.html&quot;&gt;rue de Ponthieu&lt;/a&gt;&amp;nbsp;?...&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;(&lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/06/09/clelia-ou-l-extension-du-domaine-de-l-amour-2.html&quot;&gt;La suite&lt;/a&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/17/paraboles-de-vulcaine-3.html</guid> <title>Paraboles de Vulcaine (3)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/17/paraboles-de-vulcaine-3.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Sat, 17 May 2008 19:25:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comme elle n’avait pas trouvé de coupes, elle avait pris la bouteille et l’avait vidée tout entière dans un saladier. Ravie de sa trouvaille, Vulcaine regardait les bulles qui bondissaient comme des folles à la surface… «&amp;nbsp;Dommage, lui fis-je observer, qu’il soit physiquement impossible de boire dans le même verre…&amp;nbsp;» Vulcaine sursauta, comme si cette réflexion l’atteignait personnellement. «&amp;nbsp;Comment ça, physiquement impossible&amp;nbsp;? Comment ça &lt;i&gt;physiquement&lt;/i&gt; impossible&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Et d’un geste brusque, elle prit la jatte de verre à pleine main et l’approcha de mes lèvres&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Bois&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» - «&amp;nbsp;Mais puisque je te dis…&amp;nbsp;» - «&amp;nbsp;BOIS&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» répéta-t-elle sur un ton qui ne souffrait aucune contestation. Tout en continuant de marquer ma désapprobation par un hochement de tête désabusé mais vaincu, j’appliquai ma lèvre supérieure sur le rebord du récipient, tandis que Vulcaine posait la sienne sur le bord opposé. Au moment de boire, comme j’opposais une résistance, elle tira si fort le saladier à elle, que celui-ci, déséquilibré, se renversa&amp;nbsp;: une vague de vin déferla sur moi et se répandit sur mon torse nu&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Tu vois&amp;nbsp;! éclatai-je triomphal quoique irrité, je te l’avais bien dit&amp;nbsp;!&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/01/4f3016b199492c15c8239d636aed01b8.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-191140&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/01/4f3016b199492c15c8239d636aed01b8.jpg&quot; alt=&quot;4f3016b199492c15c8239d636aed01b8.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-191140&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au lieu de riposter, Vulcaine resta muette plusieurs secondes. Je compris alors qu’elle suivait des yeux les petits ruisselets de champagne qui dévalaient ma poitrine, filaient tranquillement vers l’abdomen pour disparaître dans le bas-ventre. Toute occupée à la vision de cette cascade inopinée, elle ne m’écoutait plus... Soudain, elle posa ses deux mains sur moi, me renversa en arrière et me plaqua contre le lit. Alors, elle se pencha lentement – presque cérémonieusement – sur mon corps, et se mit à le lécher avec application. Sa langue s’enfonça d’abord dans mon cou, où le fleuve Champagne avait pris sa source&amp;nbsp;; dégringola ensuite dans la petite dépression située entre les deux collines (plutôt que monts) de ma poitrine, grimpa jusqu’au sommet de l’une d’entre d’elles, longea mes côtes par le flanc droit, puis gagna le nombril où un puits naturel s’était formé. Après y avoir lapé, jusqu’à épuisement, le divin breuvage, sa langue continua de sillonner gaiement à travers les plis et replis de mon ventre. Allait-elle s’aventurer plus bas, où l’attendait un dangereux récif&amp;nbsp;? A ma déception, la langue interrompit là son périple. Vulcaine se redressa, la bouche toute humectée de vin, les seins &lt;em&gt;vernis&lt;/em&gt; d’alcool. Je retenais mon souffle. Je sentais mon sexe palpiter comme un insensé, quelque part au-dessous de moi. Irait-elle recueillir,&amp;nbsp;sur sa langue, les dernières gouttes de champagne qui s’y étaient perdues (ou retrouvées)&amp;nbsp;? Contre toute attente, Vulcaine s’empara du saladier de champagne, et le renversa sur sa tête. Cheveux, joues, épaules, seins, reins, cuisses, tout fut baptisé&amp;nbsp;! Ce n’était plus Vulcaine battant le fer de la Passion, mais Vénus sortie des eaux de la Création. J’étais totalement abasourdi. Enfin, éclatant d’un rire sonore, elle ouvrit tout grand ses bras puissants, bomba sa poitrine conquérante, et me lança&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Eh bien&amp;nbsp;!... Qu’est-ce que tu attends pour me &lt;i&gt;boire&amp;nbsp;&lt;/i&gt;?&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/09/directement-par-le-sexe.html</guid> <title>Directement par le sexe</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/09/directement-par-le-sexe.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>2. REFLEXIONS</category>   <pubDate>Fri,  9 May 2008 22:10:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 12.6pt 0pt 0cm; tab-stops: 0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 12.6pt 0pt 0cm; tab-stops: 0cm&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://video.zefanclub.com/video/iLyROoaftnTJ.html&quot;&gt;Le film m’avait marqué&lt;/a&gt; quand je l’avais vu la première fois (c’était il y a presque vingt ans). Je l’ai revu hier soir et il m’a fait un effet plus fort encore (sans doute parce que, entre temps, certaines choses se sont produites, dont ce blog témoigne, qui m’ont permis de mieux le comprendre). Je dis «&amp;nbsp;le film&amp;nbsp;», mais je devrais dire &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; films, car Jean Eustache a tourné deux versions de cette histoire (peut-être ai-je une légère préférence pour la première). Mais de quelle histoire s’agit-il&amp;nbsp;? D’une «&amp;nbsp;sale histoire&amp;nbsp;», comme l’indique son titre. Sale parce qu’elle se passe dans un lieu «&amp;nbsp;sale&amp;nbsp;» (dans les toilettes d’un café)&amp;nbsp;; sale, surtout, parce qu’elle révèle une facette peu reluisante des hommes. De cette histoire nous ne verrons aucune image, seulement le visage de celui qui le raconte. Nous sommes dans un intérieur bourgeois, le narrateur est assis, cigarette dans une main, verre de whisky dans l’autre, devant un petit parterre de femmes impassibles. Le maître de maison les a prévenues&amp;nbsp;: l’homme qui est ici va leur raconter une histoire «&amp;nbsp;déplaisante&amp;nbsp;». Le récit dure vingt minutes, le temps pour le héros (qu’interprète dans la première version Jean-Noël Pick, celui-là même à qui est arrivée cette aventure, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;et Michaël Lonsdale, dans la seconde, qui reprend mot pour mot son texte) de déployer les différents épisodes de son histoire&amp;nbsp;:&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/623792f37d0025fb2886218cebb8f488.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-186960&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/623792f37d0025fb2886218cebb8f488.jpg&quot; alt=&quot;623792f37d0025fb2886218cebb8f488.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-186960&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;à l’époque, cet homme d’une trentaine d’années avait l’habitude d’aller dans un café pour passer ses coups de fil au sous-sol, où se trouvent les toilettes. Il s’aperçoit bientôt que les garçons ricanent, chaque fois qu’il descend&amp;nbsp;; un jour il entend même l’un d’eux dire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il est pourtant jeune celui-là…&amp;nbsp;». Très vite, il découvre la raison de leur ironie. Juste en bas de la porte des toilettes, il y a un trou, presque invisible. Quiconque se met à quatre pattes «&amp;nbsp;dans la position de la prière musulmane&amp;nbsp;» la joue collée au sol, dispose d’un angle de vue absolument imprenable sur le sexe de celle qui est assise là. Le héros est bouleversé par sa découverte. Pour la première fois de sa vie, il a l’opportunité de voir les femmes «&amp;nbsp;directement par le sexe&amp;nbsp;». Cette expression, je m’en souviens, m’avait choquée à l’époque… C’était en effet le temps où, comme nombre de mes semblables, il ne me serait pas venu à l’esprit qu’on pût voir, et &lt;em&gt;a fortiori&lt;/em&gt; toucher, le sexe d’une femme, sans avoir accompli le «&amp;nbsp;parcours du combattant&amp;nbsp;», sans être passé par toutes les étapes obligées de la parade sociale amoureuse&amp;nbsp;: invitation au restaurant, déclaration d’amour, caresses préliminaires, etc. Le héros s’était lui aussi toujours plié, docilement, à cet ordre-là, jusqu’au jour où un trou lui avait permis de «&amp;nbsp;brûler les étapes&amp;nbsp;» et de pénétrer, sans transition, comme Alice au pays des Merveilles, dans l’espace le plus intime des femmes, dans ce domaine interdit, dans cette forteresse imprenable, qu’elles ne livrent à leur soupirant qu’en récompense de ses efforts (tradition chevaleresque)… Au début, notre conteur n’en revient pas. Puis, une espèce de fièvre s’empare de lui. Et de raconter devant nos bourgeoises médusées (l’une d’entre elle réprime avec peine son dégoût), qu’il prend un plaisir toujours plus vif à ces séances de contemplation.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/02/462c411b937de43bd0a411da5b9a2525.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-186979&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/02/462c411b937de43bd0a411da5b9a2525.jpg&quot; alt=&quot;462c411b937de43bd0a411da5b9a2525.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-186979&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Sa passion devient telle qu’il y passe tout son temps. Il ne quitte plus le café. Dès qu’il voit une femme descendre aux toilettes, il se précipite pour regarder sa chatte par la porte biseautée. La plupart du temps, il n’a qu’une idée vague de son apparence physique. Or c’est là que survient l’autre découverte fondamentale, qui va transformer son aventure érotique en méditation philosophique&amp;nbsp;: le personnage se rend compte qu’on lui a «&amp;nbsp;menti&amp;nbsp;», qu’il n’y a pas de correspondance terme à terme entre la beauté des femmes et la beauté de leur sexe&amp;nbsp;! Le hasard lui en apporte la preuve dans l’épisode extraordinaire du top model, point d’orgue de son récit. Un jour, une femme magnifique s’assoit en face de lui. Le héros tente d’attirer son attention. Elle le regarde à peine. Il se jure alors de la &lt;i&gt;voir&lt;/i&gt;. Dès qu’elle prend la direction des toilettes, il dévale les escaliers et se met à quatre pattes, et alors, là, surprise, il découvre qu’elle a un sexe «&amp;nbsp;horrible&amp;nbsp;», un sexe qui le «&amp;nbsp;dégoûte&amp;nbsp;»... Quand elle sort, il lui fait comprendre par un jeu de regard subtil qu’il l’a vue. Elle est prise de panique, on l’a percée à jour. Elle s’enfuit en courant, on ne la reverra plus dans le café... Les femmes qui écoutent son histoire se demandent quel enseignement en tirer. Je me le demandais aussi il y a vingt ans. S’agissait-il d’un plaidoyer pour le voyeurisme&amp;nbsp;? Nous indiquait-on la vanité de tous les codes de la séduction entre les hommes et les femmes&amp;nbsp;? Nous invitait-on à n’avoir de relation avec les femmes que pornographique, à nous émanciper des contraintes sentimentales et des carcans romantiques&amp;nbsp;? Sans doute entrait-il un peu de tout cela dans l’intention d’Eustache à une époque où les libertés sexuelles étaient fortement réprimées&amp;nbsp;: il était urgent, alors, de rappeler l’existence du sexe, hors de tout cadre pornographique. Mais il ne s’agissait pas que d’une provocation. Ce que dit Eustache à travers cette fable (en quoi elle nous parle encore aujourd’hui), c’est sa hantise de toute forme de &lt;em&gt;domestication&lt;/em&gt; de l’organe sexuel, qu’elle passe par les voies de la commercialisation (pratique pornographique) ou par celles, plus retorses, plus hypocrites, de la séduction (parade sociale). Car le sexe, nous rappelle le réalisateur de &lt;i&gt;La Maman et la Putain&lt;/i&gt;, doit demeurer, pour conserver toute sa puissance de sidération, inapprivoisable. Faut-il, dès lors, si l’on suit son raisonnement, renoncer à séduire&amp;nbsp;? Non car, selon nous, il y a séduction et séduction. La première, socialement codifiée, orientée exclusivement vers la consommation sexuelle – souvent pauvre car tout entière absorbée par son but – enlève au sexe sa sauvagerie primitive. La seconde, la séduction en soi, la séduction à l’issue toujours incertaine, la séduction considérée &lt;i&gt;comme l’un des beaux-arts&lt;/i&gt;, le laisse au contraire intact. Et c’est ainsi qu’on peut se retrouver, comme nous, à pratiquer, sans avoir le sentiment de se contredire, le sexe brut &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; la séduction douce.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/01/legende-de-belkis-6.html</guid> <title>Légende de Belkis (6)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/05/01/legende-de-belkis-6.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Thu,  1 May 2008 17:05:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Elle ouvre les yeux. Je m’empresse de dire quelque chose pour la maintenir en éveil&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Je… j’ai été chercher des croissants&lt;/em&gt;…&amp;nbsp;». Belkis me regarde sans comprendre, prononce un mot inaudible, et replonge. Le silence, implacable, reprend possession des lieux. L’appartement est vide. Ou presque&amp;nbsp;: juste un matelas posé à même le sol. Deux heures maintenant que je la regarde dormir... Son petit bichon maltais dort, comme elle, à poing fermé. Il s’est installé aux pieds de sa maîtresse dans les replis des draps. Je songe à &lt;i&gt;L’Olympia&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de Manet&amp;nbsp;: à la mer de satin blanc, à l’océan de chair immaculée, au visage affable de la servante, et au petit chat noir qui s’étire à droite.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/01/b80954c5ba4393e20b11416e9c2c7bca.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-182492&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/01/b80954c5ba4393e20b11416e9c2c7bca.jpg&quot; alt=&quot;b80954c5ba4393e20b11416e9c2c7bca.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-182492&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;A la surface du lit que la blancheur défend, surnage, dans une solitude sublime, le long bras noir de Belkis. Un froissement interrompt ma songerie. Sans prévenir, Belkis s’est levée, a enfilé son peignoir de satin. La voilà qui s’avance vers moi, d’un pas indécis. «&amp;nbsp;Qu’est-ce que je peux faire…&amp;nbsp;? dit-elle. Qu’est-ce que je peux faire… pour me réveiller&amp;nbsp;?... Prendre un bain&amp;nbsp;?... Fumer une cigarette&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Je ne sais pas quoi lui répondre&amp;nbsp;: moi, quand je suis réveillé, je suis réveillé. Elle extraie&amp;nbsp;laborieusement une cigarette de son paquet, s’y reprend à trois fois pour l’allumer. La fumée file, bleue, vers le plafond. Nous restons muets plusieurs minutes. Il est presque onze heures du matin. Pas un bruit ne filtre du dehors. Le soleil fait une entrée timide par les baies vitrées. Pour dire quelque chose, je lance une conversation sur Kafka. Je lui fais observer qu’il est jaloux de moi. Belkis le gronde gentiment comme s’il s’agissait d’une grande personne. Le chien me regarde, vaguement hostile, avec ses petits yeux brillants, puis retourne se coucher au pied du lit. Tout redevient silencieux. «&amp;nbsp;Qu’est-ce que je peux faire pour me réveiller&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», reprend Belkis en bâillant. Elle déchire un croissant entre ses doigts. Elle réfléchit, les yeux plissés, l’air sincèrement contrarié. Je me surprends moi-même, par mimétisme, à réfléchir très sérieusement à ce problème. Oui, au fait, comment s’y prendre&amp;nbsp;? Au bout d’un certain temps, ne trouvant pas de solution, Belkis décide de se remettre au lit. Je l’imite mécaniquement et m’allonge à côté d’elle. Nous voici joue contre joue. Nos deux corps, blanc et noir, disposés en «&amp;nbsp;V&amp;nbsp;». Un souffle régulier m’annonce son prochain départ. Je ne serai pas du voyage, je le sais d’avance, mais je veux aussi ma part d’abandon, je veux, comme elle, profiter de ce temps dérobé à l’existence sérieuse. Alors je ferme les yeux et me laisse glisser dans le néant. J’entends, amortis,&amp;nbsp;les bruits&amp;nbsp; de la ville qui s’agite&amp;nbsp;: l’accélération brusque d’un conducteur de scooter fonçant vers sa mission, le bâillement tragique et prolongé d’une benne à ordure, les cris d’un bébé protestataire pressé de vivre. Peu à peu, la sensation de la chaleur de la joue de Belkis se communique à la mienne, se diffuse en moi, et me plonge dans une torpeur délicieuse. Tout se dissout, s’ordonne et se fond dans un calme harmonieux et définitif. Et je m’endors en cherchant vainement quel problème je cherchais à résoudre avec une si grande obstination.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/25/principe-d-incertitude-par-madeleine.html</guid> <title>Principe d'incertitude (par Madeleine)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/25/principe-d-incertitude-par-madeleine.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>2. REFLEXIONS</category>   <pubDate>Fri, 25 Apr 2008 10:00:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les femmes sont pleines de contradictions, c’est bien connu (n’est-ce pas cher Vagant&amp;nbsp;?), mais c’est bien le moindre de leurs défauts…&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ma vie amoureuse est le reflet de ces contradictions. Alors que je suis capable de me donner en club à un homme que j’ai à peine regardé, j’impose de longs parcours de séduction à d’autres. J’ai découvert il y a de cela quelques années que j’aimais les femmes, mais je n’ai jamais franchi la porte d’un bar lesbien. Il me reste, Dieu merci, quelques fantasmes à réaliser, dont certains sont au programme de soirées auxquelles il me serait extrêmement facile de me rendre, et je ne le fais pas. Timidité ou simple esprit de contradiction&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas profiter à fond de tous les plaisirs que la vie peut nous offrir et cela, sans se casser la tête ? C’est une question autour de laquelle je tourne depuis longtemps...&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Récemment, je me suis trouvée de nouveau face à ces contradictions et j’ai voulu tenter de comprendre ce qu’elles recouvraient. J’adore l’opéra, je trouve que c’est un endroit magique&amp;nbsp;: le cadre somptueux est l’écrin des sons enchanteurs qui me transportent (pas toujours, mais souvent), et dans l’ensemble c’est pour moi un lieu éminemment érotique. Les petites loges rouges, en particulier, me semblent une invitation au crime, avec leur «&amp;nbsp;antichambre&amp;nbsp;» dans laquelle on a pris soin de déposer une banquette.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/01/c3076a262a00a84694dccaff848d9c9c.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-179277&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/00/01/c3076a262a00a84694dccaff848d9c9c.jpg&quot; alt=&quot;c3076a262a00a84694dccaff848d9c9c.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-179277&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Aussi, quand j’ai appris qu’une petite poignée de libertins s’y réunissait parfois, j’ai trouvé l’idée formidable. Réserver une loge entière, il fallait oser, mais après tout pourquoi pas&amp;nbsp;! et il y a sans doute d’innombrables précédents dans l’Histoire… Comme vous le voyez, je n’ai pas crié au scandale ni prétendu qu’on assassinait Mozart. La musique (sauf celle de Wagner) n’impose pas forcément un silence religieux et on doit pouvoir la goûter dans toutes les … situations. Par chance, peu de temps plus tard, l’organisateur de ces parties fines m’a conviée à une nouvelle édition. Le hasard seul a fait que je n’ai pu m’y rendre, mais je le déplorai sincèrement. Et puis, dernièrement, j’ai lu &lt;a href=&quot;http://cui.burp.fr/tag/opera/&quot;&gt;le récit qu’a fait CUI&lt;/a&gt;, également invité de cette soirée, ainsi que ces autres notes consacrées aux précédentes&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;. Je veux tout de suite le rassurer&amp;nbsp;: ce n’est pas sa prose qui m’a dégoûtée, ni le réalisme des scènes qu’il décrit (je ne suis pas née de la dernière pluie, il en faut un peu plus pour me choquer&amp;nbsp;!). J’ai encore un peu de mal à me l’expliquer moi-même, mais je crois que c’est le déroulement des soirées, le mécanisme apparemment bien huilé et surtout, l’absence totale d’incertitude. Les personnes réunies savent qu’elles viennent pour cela, qu’elles ont juste le temps de la représentation, qu’il ne faut pas traîner. Sans doute leur désir est-il déjà stimulé avant leur arrivée par l’idée de la transgression – faire l’amour dans un endroit qui n’est pas prévu pour cela, au risque de se faire surprendre, je comprends que ça soit en soi suffisant pour éveiller ou réveiller la libido.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce n’est pas que je sois blasée, ni qu’il m’en faille toujours plus, en l’occurrence, il m’en faudrait plutôt moins… ce que je trouverais excitant, troublant même, ce serait de me retrouver par hasard, seule avec Georges et un autre couple inconnu, que nous trouverions séduisants. &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2006/08/12/temptation-i.html&quot;&gt;Ce genre de hasards arrive parfois&lt;/a&gt;. Bien sûr, il est peu probable que la «&amp;nbsp;backroom&amp;nbsp;», comme l’appelle CUI, soit mise à contribution dans un tel cas de figure, mais des caresses par inadvertance, des sourires dans l’obscurité, une invitation à partager une coupe de champagne à l’entracte, un deuxième acte lourd de sous-entendus (plus facile si c’est Rossini ou les Noces que sur du Berg) me semblent de l’ordre du possible. Ou alors, nous aurions invité &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/nos_voisins/&quot;&gt;nos voisins&lt;/a&gt; (prétendant avoir des billets en trop, suite à l’annulation d’un couple d’amis), ou encore &lt;a href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2006/06/11/artemis-ou-le-reve-realise-i.html&quot;&gt;une jeune amie&lt;/a&gt; qui ne sait pas encore qu’elle est libertine… Enfin, ce que j’aimerais, c’est que dans ce cadre sublime, la scène qui se déroulerait dans la loge ne soit pas jouée d’avance, qu’elle soit l’objet d’un enjeu qui nous fasse un peu frémir…&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’absence d’incertitude est pour moi le plus sûr des tue-l’amour. Le hasard, parfois un peu provoqué certes (cela me fait penser qu’il y a une histoire que G. n’a jamais racontée, et qu’il faudra qu’il le fasse un jour…), peut seul engendrer le désir. Ce n’est pas propre à ce genre de soirée, par ailleurs fort bien pensée et, j’en suis sûre, menée de main de maître… On peut dire qu’il en va de même en club libertin&amp;nbsp;: tout le monde sait fort bien pourquoi il est là et ce que les autres viennent y chercher. C’est sans doute pourquoi je suis de moins en moins tentée par ces lieux de perdition. Il faudrait pouvoir s’y rendre comme le faisait, pendant un temps, mon amie L.&amp;nbsp;: pour prendre un verre avant de rentrer se coucher – et pourquoi pas, exceptionnellement, rester.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/19/fragments-de-madhiva.html</guid> <title>Fragments de Madhiva (1)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/19/fragments-de-madhiva.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Sat, 19 Apr 2008 10:35:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; font-family: Garamond&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il y a des gens qui se souviennent du jour où François Mitterrand a été élu, d’autres du jour où ils ont vu les pyramides d’Egypte pour la première fois, d’autres encore du jour où ils ont arrêté de fumer... Moi, je me souviens du jour, et même de l’heure exacte (22h15), où j’ai posé ma main sur celle de Madhiva&amp;nbsp;: c’était le 13 novembre dernier, au Théâtre Antoine (2&amp;nbsp;ème rang de corbeille) pendant la représentation de &lt;i&gt;Victor ou les Enfants au pouvoir&lt;/i&gt; de Roger Vitrac. Au&amp;nbsp;moment où mon index, escorté bientôt de ses frères, s’est posé sur ses phalanges, mon cœur a fait saut.&amp;nbsp;Un saut vertigineux. (Il est vrai que j’attendais ce moment depuis si longtemps&amp;nbsp;!) De la première seconde où je les vis, les mains de Madhiva me saisirent&amp;nbsp;: cela se passait le 30 juillet 2007 (je l’ai noté dans mon petit carnet), sur la ligne 4 du métro. Je me trouvais en face d’elle. Depuis quatre stations, mes yeux assistaient, médusés, au spectacle de ses deux mains exécutant d’acrobatiques et aléatoires figures, s’ouvrant et se refermant comme des anémones de mer ballottées par les courants… (Ce jour-là, Madhiva, comme elle me le révélerait plus tard, expliquait quelque chose de «&amp;nbsp;délicat&amp;nbsp;» à sa sœur et, semble-t-il, ses dix doigts n’étaient pas de trop pour se faire comprendre de celle qui, impassible, comme moi, l’écoutait). C’est la droite, si je me souviens bien, qui, à Réaumur Sébastopol, prit la carte que je lui tendis et la glissa, à la manière d’un agent secret, dans son sac. Est-ce la même main qui, deux mois plus tard, composa le numéro inscrit en hâte au verso de ladite carte&amp;nbsp;? Je l’ignore, toujours est-il que Madhiva accepta mon invitation à déjeuner. Au repos, sur la table d’acajou où elle les avait disposées en étoiles, les mains de Madhiva m’apparurent d’une beauté presque effrayante. Tout en lui parlant, je songeais en les regardant, aux vers de Breton&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Ma femme aux poignets d’allumettes,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Ma femme aux doigts de hasard et d’as de cœur&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;em&gt;Aux doigts de foins coupés.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Etait-il possible que des mains pareilles pussent se livrer à des taches infâmes ou triviales&amp;nbsp;? Non, bien sûr, ces mains-là étaient faites pour autre chose, de plus noble ou de plus doux… Afin de détourner le cours de ma rêverie, qui commençait à devenir dangereuse, je lui posai la question convenue de son origine&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mauritanie&amp;nbsp;», répondit-elle. «&amp;nbsp;Mauritanie,&amp;nbsp;pensai-je en&amp;nbsp;moi-même, l’anagramme de main&amp;nbsp;». Tout me ramenait à Elles. Je décidai, à cette seconde, de m’en emparer, définitivement. «&amp;nbsp;Puis-je la prendre en photo&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Mais prendre quoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» fit-elle étonnée. «&amp;nbsp;Mais votre main&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Madhiva parut troublée. C’était la première fois qu’on lui faisait&amp;nbsp;une telle&amp;nbsp;demande. Elle hésita, comme si elle avait compris d'instinct qu’en donnant ce fragment d’elle-même, elle se donnait tout entière. Enfin, après un moment d’hésitation, elle l’avança tout doucement vers moi, et me laissa la &lt;em&gt;prendre&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/00/787bbbadbd9040bf8ba77984d7db76c3.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/00/787bbbadbd9040bf8ba77984d7db76c3.jpg&quot; alt=&quot;787bbbadbd9040bf8ba77984d7db76c3.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-178146&quot; name=&quot;media-178146&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/42c9372c3cd7f788fb0f5bf741e17bb7.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/12/paraboles-de-vulcaine-2.html</guid> <title>Paraboles de Vulcaine (2)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/12/paraboles-de-vulcaine-2.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Sat, 12 Apr 2008 17:50:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Qu’est-ce que je vous sers comme dessert&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». Vulcaine fronce les sourcils, lâche ma main, exécute un quart de tour sur sa chaise. Je comprends à la pâleur&amp;nbsp;du serveur qu’il vient de rencontrer&amp;nbsp;son regard noir : «&amp;nbsp;Qu’est-ce… que je vous sers… comme dessert&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» répète-t-il d’une voix à peine audible. Son sourire reste&amp;nbsp;scotché sur le visage. Il attend la réponse, comme le condamné attend le verdict&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Un&amp;nbsp;COLONEL&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», dit Vulcaine d’une voix tonnante, puis, se tournant vers moi, avec un petite sourire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Un colonel &lt;em&gt;pour deux&lt;/em&gt;…&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Bien, Madame…&amp;nbsp;», dit prestement le serveur en s’esquivant. «&amp;nbsp;De quoi me parlais-tu, Chéri&amp;nbsp;? dit-elle en reprenant sa position première, Ah&amp;nbsp;! oui…, ça me revient&amp;nbsp;! Tu me parlais du &lt;em&gt;libertinage&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» Oui, c’est vrai, ce soir-là, pour la première fois je parlais à Vulcaine du libertinage. Je lui disais que je voulais «&amp;nbsp;l’initier au libertinage&amp;nbsp;». Vulcaine, d’abord, n’avait pas très bien compris le mot et me l’avait fait répéter. «&amp;nbsp;Liber quoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Mais quand je lui avais expliqué qu’en gros ça consistait à inventer des combinaisons&amp;nbsp;originales pour faire l’amour, elle avait tendu l’oreille, et avait même paru intéressée. Naturellement, elle avait voulu que je lui donnasse des exemples, histoire de s’assurer que ce n’était pas malsain, que ce n’était pas un «&amp;nbsp;truc de pervers&amp;nbsp;» (elle a une façon de prononcer ce mot - Perrr-verrr -&amp;nbsp;qui vous passe définitivement l’envie de l’être&amp;nbsp;&amp;nbsp;!). Donc, je lui avais raconté, en marchant sur des œufs&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; (car rien ne me&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;disait, connaissant son tempérament, qu’elle ne m’enverrait pas l’assiette à la figure), quelques petits jeux bien innocents auxquels Madeleine et moi nous étions livrés dernièrement. Pendant quelques secondes, Vulcaine resta muette, indécise, songeuse. Puis, enfin, elle avait déclaré en détachant ses syllabes&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Franchement, je suis cho-quée…&amp;nbsp;» Puis, elle avait ajouté&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mais, surtout, je suis EX-CI-TEE&amp;nbsp;!...&amp;nbsp;». Ce disant, elle avait&amp;nbsp;ôté un bouton de son corsage de sorte que sa formidable poitrine se trouvait maintenant (alors qu’elle ne l’était qu’à moitié) au trois-quarts visible. Je jetai un œil&amp;nbsp;furtif aux alentours. Un vieux au crâne dégarni parut se douter qu’il se passait quelque chose de pas net dans notre coin&amp;nbsp;: il nous fixait avec un air réprobateur. D’une voix plus faible, je demandai à Vulcaine&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mais toi, ma chérie, il ne t’est jamais arrivé de faire l’amour… un peu… différemment…&amp;nbsp;» Vulcaine prit un air sérieux, s’empara de son verre, le vida d’un trait, le reposa sur la table, et dit&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Si,&amp;nbsp;ça m’est arrivé&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/5667145790b768b6dadfee6de17ca6cd.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-172220&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/01/00/5667145790b768b6dadfee6de17ca6cd.jpg&quot; alt=&quot;5667145790b768b6dadfee6de17ca6cd.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-172220&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;«&amp;nbsp;Raconte&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Elle éclata d’un petit rire aigu, presque enfantin, qui tranchait sur sa mâle beauté&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tu vas me prendre pour une Perrr-verrrse&amp;nbsp;! Mais tant pis&amp;nbsp;! Tu te souviens d’Augustine&amp;nbsp;? ». «&amp;nbsp;Ta copine Augustine&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Oui, c’est ça, Augustine. Eh bien, une fois que j’étais chez elle et où elle m’avait invité à dormir, elle m’a dit&amp;nbsp;: - J’aime pas dormir toute seul, est-ce que tu voudrais pas dormir avec moi&amp;nbsp;? Je lui ai répondu&amp;nbsp;: - Pas de problème&amp;nbsp;! Je me suis déshabillée. En sortant de la douche, elle m’a regardée, et m’a dit&amp;nbsp;: - Mais t’as de sacrées belles fesses, toi&amp;nbsp;!&amp;nbsp;– Te gêne pas, &lt;em&gt;touche&lt;/em&gt;&amp;nbsp;! que je lui ai dit. J’ai pris sa main, et je l’ai posée carrément sur mon cul. Elle l’a enlevée aussitôt comme si c’était un radiateur trop chaud, puis elle a éclaté de rire, ensuite elle a couru se cacher sous les couvertures. Je l’ai rejointe aussitôt. Instinctivement, je me suis plaquée contre elle, puis j’ai mis mes deux mains sur ses petits seins.&amp;nbsp;Là Augustine s’est remise à rire plus fort. Mais moi j’étais très &lt;em&gt;sérieuse&lt;/em&gt;. J’avais l’impression... d’être un mec…&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Et alors, qu’est-ce que t’as fait&amp;nbsp;? Tu lui as léché sa petite chatte&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Vulcaine s’arrêta net, me considéra avec stupeur, inclina la tête sur le côté, puis lâcha d’une voix puissante&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mais t’es vraiment un Perrr-verrr, toi&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» «&amp;nbsp;Tu ne vas pas me dire, lui dis-je sans me démonter (mais en vérité&amp;nbsp;je n’en menais pas large), que tu n’as pas eu envie de faire jouir cette petite…&amp;nbsp;» Vulcaine se mura dans le silence. Cette fois j’avais passé les bornes. Le serveur s’approcha et déposa le colonel sur la table. Vulcaine ne disait toujours rien, ses sourcils volontaires étaient plus froncés que jamais. Soudain, elle se saisit de la cuillère, la plongea dans la coupe, et dit : «&amp;nbsp;T’as raison, j’aurais dû la BAISER&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; </description>  </item>  <item> <guid isPermaLink="true">http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/06/legende-de-belkis-5.html</guid> <title>Légende de Belkis (5)</title> <link>http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2008/04/06/legende-de-belkis-5.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Valmont)</author>   <category>1. JOURNAL</category>   <pubDate>Sun,  6 Apr 2008 22:00:00 +0200</pubDate> <description> &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Est-ce que tu ne fumes pas &lt;em&gt;un peu trop&lt;/em&gt;&amp;nbsp;?...&amp;nbsp;», dis-je timidement en la voyant ouvrir un nouveau paquet. «&amp;nbsp;Je fume trop. C’est indiscutable. Mais Je n’ai pas le choix. Je &lt;i&gt;fume trop&lt;/i&gt; depuis… (elle réfléchit quelques secondes) 435 jours.&amp;nbsp;» Le fil de plastique siffle autour du paquet qu’elle délie. Son visage est à peine visible dans la pénombre. «&amp;nbsp;435 jours&amp;nbsp;?…&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Oui, cela fait exactement 435 jours que j’ai commencé à fumer&amp;nbsp;». Crissement sec du briquet&amp;nbsp;; son visage s’éclaire d’une lueur mordorée, puis s’efface, repris aussitôt par l’obscurité. «&amp;nbsp;En général, les gens se souviennent plutôt du jour où ils ont arrêté de fumer…&amp;nbsp;», fis-je remarquer. «&amp;nbsp;435 jours, me coupe-t-elle, il y a exactement 435 jours qu’elle est morte.&amp;nbsp;Ca ne s’oublie pas facilement ces choses-là…&amp;nbsp;» Belkis s’est retournée. Sa lourde chevelure se répand en méandres nombreux sur ses épaules nues. A intervalle régulier, je vois poindre l’éclat incandescent de sa cigarette dans le noir. Je m’attends d’un instant à l’autre à ce qu’elle reprenne la parole, m’explique le rapport entre cette morte et le tabac. Mais rien ne vient. Je l’entends au contraire rouvrir le paquet, y puiser une nouvelle cigarette.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/00/48b4031836cffd1143112bdc60de8fe0.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-168698&quot; src=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/media/02/00/48b4031836cffd1143112bdc60de8fe0.jpg&quot; alt=&quot;48b4031836cffd1143112bdc60de8fe0.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-168698&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Soudain, elle éclate d’un rire si fort que je sursaute&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ce que tu étais drôle tout à l’heure, dans la salle de bain&amp;nbsp;!... Tu étais comme une fille&amp;nbsp;! Et tu tournais la tête à droite, et tu tournais la tête à gauche, une vraie nana&amp;nbsp;! Ce que c’était drôle, vraiment&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Je me redresse, abasourdi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Mais…, balbutié-je, comment le sais-tu&amp;nbsp;?...&amp;nbsp;». Belkis éclate de rire plus fort&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Parce que… cette glace, devant laquelle tu te pomponnais, est une glace sans tain. D’ici tu peux voir, sans être vu, quiconque se trouve dans la salle de bain…&amp;nbsp;»&amp;nbsp;Elle s’interrompit un instant, songeuse, et reprit d’une voix étrange, mal assurée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Eva aimait regarder les hommes qu’elle invitait ici...&amp;nbsp;» Je crus&amp;nbsp;deviner l’association d’idée qui s’était faite dans son esprit «&amp;nbsp;Eva, c’est… la… morte dont tu parlais tout à l’heure&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», aventuré-je… «&amp;nbsp;Nous étions comme deux sœurs, commença-t-elle. Nous étions si inséparables qu’il n’y avait, alors, presque plus de place pour les hommes. Je ne me suis jamais remis de sa disparition. C’était il y a 435 jours exactement. Nous logions dans une villa à Monte-Carlo. On avait passé la nuit à boire du champagne, à faire les folles… A l’aube, je devais remonter à Paris pour un défilé. Juste avant de partir, comme si elle avait senti quelque chose, elle m’a dit&amp;nbsp;: - Surtout prends soin de toi… J’ai pris l’avion. En arrivant à Paris, un inspecteur de police m’a appelée pour me dire qu’Eva était morte. J’ai demandé&amp;nbsp;: - De Quoi&amp;nbsp;? - On ne sait pas. Mais si vous voulez la voir, dépêchez-vous parce qu’on va emporter le corps. Sans réfléchir, j’ai pris ma bagnole, et j’ai traversé la France. J’ai pleuré pendant tout le trajet. Je n’étais plus qu’à vingt kilomètres de Monte-Carlo, quand il y a eu un accident sur l’autoroute. Je suis restée plusieurs heures, bloquée, sans rien pouvoir faire. Je m’étais mise en tête de la revoir avant sa mise en bière. Or, plus le temps passait, plus mes chances diminuaient de la revoir. Je devenais folle. Enfin, on a dégagé la route. Quand je suis arrivée à Monte-Carlo, il était trop tard. J’ai vu le cercueil fermé sortir de la maison, et des gars l’engouffrer dans un véhicule spécial. On allait transférer la boîte en Afrique, dans le village de sa famille. Je suis allée là-bas, pour les obsèques, mais, lâcha-t-elle d’une voix étranglée, ce qui m’a tuée, c’est que je n’ai jamais pu revoir son corps…&amp;nbsp;» Le son sec du briquet déchira l’atmosphère. Belkis se retourna vers moi, et me dit en aspirant très fort sur sa cigarette&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Eva fumait beaucoup. Je ne fumerai jamais assez &lt;i&gt;pour elle&lt;/i&gt;…&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </description>  </item>  </channel> </rss> 